‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 149 sur 171 · TEMPÉRATURE DE LA MER · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE DE LA MER

OÙ s*éteignent toutes les variations périodiques, et qui s* élève en s'approchant des pôles. Mais il faut obsei*ver que l'accroissement de température avec la profondeur dans les hautes latitudes, n'a pas toujours lieu, comme on Ta cru d'abord. M. C. Martins a montré qu'il ne se présente que pendant Thiver, lorsque l'air est au-dessous de 0°, et que la mer est refroidie à la surface par les glaces flottantes, refroidies elles-môroes par le rayonnement et le contact de l'aire En effet, des observations avaient été faites, pendant les mois d'avril et de mai, au sortir de l'hiver. En observant pendant Tété, M. Martins a reconnu un abaissement de température à mesure qu'on descend dans la mer. MM. Bravais, Parry et Scoresby, ont aussi constaté ce résultat pendant la même saison.

1182. Causes qni aiodlflciit la températare des mers. — Si réchauffement des mers ne dépendait que de l'action du soleil, leur température serait beaucoup plus haute à l'équateur; et dans les mers polaires on ne la trouverait pas notablement plus élevée au fond qu'à la surface. Mais cette température est influencée par d'autres causes qui sont principalement les courants, les hauts-fonds et le voisinage de certaines côtes.

Coarants aiarins. — Les courants de la mer ont été étudiés principalement par Duperrey, Rennel, et l'Américain Maury, qui en a dressé la carte, de manière a tracer des itinéraires qui ont diminué la durée de certains trajets presque de moitié. Nous citerons le courant équalorial E (fig. 84.3, p. 603), attribué à l'action des vents alizés, qui traversent l'Atlantique de l'est à Touest. !l semble partir du cap de. Bonne-Espérance, d'où il va en s'élargissant jusqu'au cap St-Roch; sa température lefait reconnaître facilement; d'après deHumboldt, elle estde 22°,5, tandis qu'en dehors on ne trouve que 17°, 5. Il est limité d'une manière assez tranchée pour que le major Sabine, en le quittant, ait pu voir la température de la mer baisser de 6°, 4 pendant deux heures de marche. Refoulé par le cap Saint-Roch, ce courant se partage en deux branches : la plus importante, célèbre sous le nom de Gulf-Stream, ou courant du golfe G {fig. 843), se dirige vers le nord avec une vitesse de 7 kilomètres environ par heure, s'enfonce dans le golfe du Mexique, traverse le canal de Bahama, oA sa température est de 27°, longe le banc de Terre-Neuve, et, arrivé h la latitude de 49°, il tourne brusquement à l'est en se dirigeant vers l'Angleterre et la Norwège, où il apporte des débris de plantes empruntées aux rives américaines. Il descend ensuite le long de la côte occidentale de l'Europe et de l'Afrique pour revenir dans le grand courant des tropiques , parcourant ainsi un immense circuit, en trois ans et demi environ. — La branche, qui du cap Saint-Roch se dirige vers le sud, forme un courant d'eau chaude bien moins abondant que le courant du nord, le point de division se trouvant à 5 ou 6° au sud de l'équateur. M. Babinet trouve dans cette circonstance, qui se reproduit

> Annalet de chimie et de physique, 3<^ série, t. XXIV, p. 220.

dans le Grand-Océan, Texplication de ce fait que Thémisphére austral est pfais froid que Thémisphère boréal (iii2).

Un autre courant, dirigé aussi de Test à Touest, régne dans le GraDd-OcéaB. Refoulé par les îles de l'Océanie et les côtes occidentales de l'Inde, il se dirige en grande partie vers le nord en longeant la Chine et le Japon. L'autre partie suit les côtes orientales de l'Australie, puis revient vers l'est, et remonte le long de la côte occidentale de rAmériquc. Les eaux de la partie supérieure de la mer des Indes, ne changeant pas de place parce qu'elles n'ont pas d'issue, s'échauffent considérablement ; ce qui explique les étés excessifs qui rendait le climat des Indes si meurtrier pour les Européens.

De Humboldt a reconnu, en 1802, un courant d'eau froide C (fig. 843) qui, partant des mers australes, longe les côtes du Chili et du Pérou, dont il refroidit le climat. Le thermomètre n'y marque que i5'',6 en certaines saisons, tandis qu'il monte à 27° ou 28° dans les eaux voisines en repos.

Indépendamment des courants généraux que nous venons de citer, il en existe beaucoup d'autres moins étendus. On admet aussi l'existence de contrecourants régnant au fond des mers profondes, et ramenant vers Téquateur les eaux refroidies des régions polaires. Ces courants ont pour effet de mêler les eaux des différentes mers, et de concourir ainsi à régulariser la distributii» de la chaleur sur le globe. On ignore jusqu'à quelle profondeur se font sentir les courants superficiels ; toutefois, elle peut être considérable, car il existe, sur la côte méridionale de l'Afrique, un courant qui se réfléchit sur le banc de Lagullas, à une profondeur de 110 à 130 mètres. .

Hauts-fonds. — J. Williams et Franklin ont reconnu que l'eau est plus froide au-dessus des hauts-fonds qu'en pleine mer. H. Davy explique ainsi c^ phénomène : pendant la nuit, les molécules d'eau refroidies par rayonnement descendent au fond; et dans les endroits peu profonds, elles s'accumuifol assez près de la surface pour exercer une influence sensible sur sa température. De Humboldt pense que ce phénomène provient de ce que les couches infé Heures et plus froides, en obéissant au mouvement général des mers, remontent les pentes et arrivent sur les hauts-fonds, dont elles abaissent ainsi k température. M. Saigey complète ainsi cette explication : les couches d'eau, inégalement échauffées, sont superposées sans être parallèles ; elles se déplacent progressivement, en s'amincissant quand elles arrivent sur un relief, de manière qu'au-dessus, la température décroît plus rapidement quand on descend, que dans les endroits profonds où les couches ont plus d'épaisseur. Cela ne peut s'appliquer aux mers polaires, dans lesquelles la température peut augmenter avec la profondeur, ce qui porte à adopter de préférence l'explication de Davy. Quoi qu'il en soit, le phénomène dont il s'agit permet de substituer le tliermoniètre à la sonde, pour reconnaître la présence des hauts-fonds dans les endroits où il n'y a pas de courants prononcés.

influeuce des cftces. — La température de la mer est modifiée par ie voisinage des terres. L'eau semble un peu chaude le long des côtes de Norvège.

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