‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 19 sur 171 · SS · texte numérisé non relu

SS

4î,fi

ÛO.fi

kf

7*; ri

fï

fl

lï

fiiS,:i

us, 3

57, fi

G:tj

iî,û

1,iî

»iO,9

fil, 4

o.fl

fO

iï

tï

fl

ïi

ti

ti

jf6

tà

1ÛU

fl

ftj

ino

iï

fl

fij

Iï

tt

lï

iï

Les résultats contenus dans ce tableau ont été corrigés de la perte due aux réflexions qui ont lieu sur les deux faces des lames; tous n*ontpas été obtenus directement par l'expérience, l'épaisseur n'ayant pas toujours été exactement celle qui est indiquée ; mais en comparant des résultats donnés pour des épaisseurs peu différentes, on a calculé, par interpolation, ceux qui correspondent à l'épaisseur indiquée.

734. Themochrôse. — Pour expliquer les propriétés qui précédent, il est nécessaire d'admettre, comme l'avait déjà fait Delaroche (if32), qu'il y a différentes espèces de rayons de chaleur ; car les rayons lancés par différentes sources ne jouissent pas des mêmes propriétés par rapport à la transmission à travers une même lame diathermane, et cela aussi bien pour la chaleur obscure que pour celle qui est accompagnée de lumière; de même que les rayons lumineux de différentes couleurs passent en proportions différentes à travers une lame de verre bleu ou rouge.

Il y a des substances qui laissent passer en plus grande proportion les rayons venant des sources les plus faibles. Tel est le sel gemme recouvert de noir de fumée, ou plutôt une couche de noir de fumée, car le sel gemme ne fait que soutenir cette couche, à travers laquelle la transmission suit les lois ordinaires des transmissions (726) ; seulement les sources les plus chaudes sont celles dont les rayons sont le plus absorbés. On peut donc dire que, en général, les rayons émanant des sources les plus intenses éprouvent, en passant à travers les lames, moins de perle que ceux qui émanent des sources les plus faibles, mais on voit que le contraire peut avoir lieu.

11 résulte aussi d'expériences de MM. de la Provostaye et Desains ', que des sources à la môme température peuvent émettre des rayons inégalement absorbés. Ayant recouvert la moitié d'une des faces d'un vase cubique, d'une couche de cinabre, et l'autre moitié de noir de fumée, ils le remplirent d'huile à 473°. Le rapport des rayonnements directs des deux surfaces fut égala 0,83 ; et quand les rayons eurent traversé une lame très mince de verre, le rapport ne fut plus que 0,67, les rayons parlant du cinabre étant absorbés en plus grande proportion. L'or et l'oxyde de cuivre, à la température du rouge naissant, émettent aussi des rayons de nature très différente ; ceux de l'oxyde contiennent des éléments lumineux plus nombreux, car leur éclat est décuple.

Le mot tliermochrôse sert à désigner cette qualité particulière aux rayons, qui les rend plus ou moins transmissibles à travers une même substance diathermane. Un faisceau ou flux de chaleur doit être considéré comme formé d'un mélange de rayons de différentes espèces, et sa composition dépend de la nature de la source d'où il émane. Chaque substance diathermane intercepte de préférence certains de ces rayons, de sorte que la perle dépend de la eomposition du faisceau, c'est-à-dire de la nature de la source; et les différentes

■bstances interceptent en proportion difTérente les rayons d'une même source,

> CompUs-rendut des séances de l'Académie des sciences de Paris, t. XXXIV, p. 951.

DE LA TUERMOCHRÔSE. 61

suivant la manière dont elles sont Ihermochroïques ; de même que des lames de Terre coloré interceptent plus ou moins les rayons d*une même couleur, suivant qu'elles possèdent une nuance ou une autre.

Le sel i^enme est athermochroTqne. — Le sel gemme pur présente une particularité remarquable : il n'absorbe aucune portion de la chaleur incidente, quelle que soit son épaisseur, et quelle que soit Vorigine de celte chaleur. Quand il n'est pas tout à fait limpide, il absorbe un peu de chaleur, et la même proportion pour les différentes sources. Il se comporte donc pour la chaleur comme les substances transparentes et incolores par rapport à la lumière ; il est athermochroïque (732), tandis que le cristal de roche, l'alun, le spath d'Islande... sont thermochroïques, et comparables aux verres colorés, relativement à la lumière ; ils ne laissent pas passer en même proportion les rayons ealorifîques de différente thermochrôse.

Cette théorie, développée par Melloni avec une rare habileté, explique pourquoi la chaleur qui a traversé une première lame diathermane éprouve moins de perte, proportionnellement, en en traversant une seconde de môme substance (726). En effet, le faisceau qui se présente à la seconde lame a été dépouillé dans son passage à travers la première, de la plus grande partie des rayons que cette substance peut intercepter. Il en est de même de la lumière qui a traversé un verre coloré ; elle traverse très facilement ensuite une lame de la même couleur ; mais si la seconde lame était d'une couleur différente, la lainière éprouverait une perte proportionnellement beaucoup plus grande, étant composée de rayons d'une nuance que la seconde lame a la propriété d'absorber.

736. TraBsmlssIou ii tpavem plnsleom lames dlffTéreDtes. — Cette dernière conséquence a aussi lieu pour la chaleur. Melloni a constaté que les rayons qui ont traversé une certaine plaque, éprouvent, en en traversant une seconde, des pertes qui varient avec la nature de celle-ci. Si la seconde lame restant la même, on change celle que traverse d'abord la chaleur, la perte à travers la seconde lame varie encore. Ces résultats se voient dans le tableau suivant, dans lequel sont indiqués les nombres de rayons, sur 100 de chaleur incidente, qui sont transmis à travers des lames de 2'""', 6 d'épaisseur, après que ces rayons ont traversé d'autres substances dont les noms sont inscrits en tête des colonnes.

Les résultats inscrits dans ce tableau restent les mêmes si l'on met les deux plaques traversées par les rayons à la place Tune de l'autre, en ne changeant pas la position de la source. Si l'on avait plus de deux plaques, l'ordre dans lequel on les placerait n'aurait pas non plus d'influence'. Il faut conclure de là, que chaque rayon d'une certaine espèce se comporte de la même manière dans toutes les lames qu'il traverse, sauf les pertes éprouvées dans son intensité.

1 Annales de chimie et de physique, ?• série, t. LV, p. 337.

SUBSTANCES

placées immédiatement

avant la pile.

Page 1