‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 3)Chapitre 49 sur 171 · CONDUCTIBILITÉ · texte numérisé non relu

CONDUCTIBILITÉ

passer un courant de gaz hydrogène. A ces expériences, nous pouvons ajouter la suivante due à MM. Favre et Silbermann, sur laquelle nous aurons à menir ainsi que sur celle qui précède. On comprime un gaz en enfonçant brusquement un piston dans un corps de pompe ; ce gaz s* échauffe, et si, quand la duleor est dissipée, on retire brusquement le piston, la température du gaz s'abaisse du même nombre de degrés. Cependant l'abaissement est toujours un pearniH» pi:ononcé que réchaufTemcnt, parce que les parois du corps de pompe cèdeai de la chaleur au gaz qui se refroidit, et que l'étendue, abandonnée au coBbcl du gaz, par le piston qui se retire, va en augmentant. Or, la différence, qui est très petite pour les autres gaz, est très prononcée pour l'hydrogène. Par exemple, dans une expérience réchauffement étant de ^''J, le refroidissement ne fut que de 5°.

M. Magnus vient de constater la conductibilité du gaz hydrogène, parune méthode directe ^ il échauffe Au moyen d'un vase plein d'eau bouillante placé» haut d'un tube vertical, un thermomètre placé au bas ; ce tube étant successivement vide et rempli de divers gaz. Il a reconnu que la température finale à thermomètre est plus haute dans l'hydrogène que dans le vide, et d'autant plus que le gaz est plus comprimé. Ce gaz ajoute donc l'effet de sa conductibilité à celui du rayonnement. Avec les autres gaz, la température finale est plus basse que dans le vide, ce qui montre que leur conductibilité ne compense pas tt qui manque à leur diathcrmanéité. Quand les mouvements des gaz sont gênés par des substances filamenteuses, l'hydrogène manifeste encore sa conductibilité notable.

Il résulte de toutes les expériences qui précèdent, que l'hydrogène est, poar les gaz, ce qu'est le mercure pour les liquides. La conductibilité exceptiottnelle de ce gîiz se conçoit, du reste, quand on observe qu'il se comporte dans les actions chimiques d'une manière analogue aux métaux, qui sont les meilleurs conducteurs de la chaleur; si bien que beaucoup de chimistes considèreot l'hydrogène comme un métal gazeux. La grande conductibilité relative de ce gaz vient, à son tour, à l'appui de la manière de voir des chimistes.

8^4. Applications. — Les vêtements que l'on appelle chauds ne font qu'empêcher la chaleur du corps de se dissiper au-dehors ; ils doivent cettf propriété à leur structure spongieuse, et à l'air qui remplit les interstices qui existent entre leurs filaments. Si on les condensait par compression, tout en leur donnant la même épaisseur, on leur ferait perdre de leur efficacité. Les fourrures sont plus chaudes quand le poil est tourné en dedans, parce qnf l'air ne peut s'y renouveler, et y forme une couche stagnante d'épaisseur considérable qui arrête la chaleur. Un tissu dense, et appliqué sur la peau de manière à en écarter la couche d'air, loin deconscnxr la chaleur, peut favoriser sa déperdition. C'est ainsi que certains gants collants refroidissent lesmaio>* Quand on veut empêcher un corps de se refroidir, il faut aussi l'enveloppa*"

» Annales de chimie et de physique, 3« nrie, t. LXI, p. 380.

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