S 6. — VIBRATIONS DES SOLIDES A TROIS DIMENSIONS COMPARABLES
6S8. Les corps solides, dont aucune des trois dimensions n*est petite par rapport aux autres, ne peuvent être, en général, mis en vibration que par des chocs, ou par communication des vibrations longitudinales imprimées à une tige fixée normalement à une de leurs faces. Ces vibrations se font généralement par compression et expansion ; elles doivent donc se rattacher anx vibrations longitudinales. Il doit arriver aussi que les ondes réfléchies à la surface même des corps, s'entrecroisent dans son intérieur en formant des surfaces nodales, comme dans les masses d'air de forme quelconque (583). Il peut aussi se produire différents harmoniques, auxquels correspondent des systèmes nodaux différents. Ces harmoniques peuvent coexister, mais les sons engendrés sont de si courte durée qu'il est difficile de les distinguer, dans la plupart des cas.
Loi. — Les nombres de vibrations du son fondamental des masses de même substance et de formes semblables sont en raison inverse des dimensions homologues. Nous avons déjà vu cette loi ressortir de la combinaison de deux autres lois, dans les verges élastiques (6^0) et dans les plaques vibrantes (628). Ainsi, deux sphères de même substance, suspendues par des fils, et dont les diamètres sont doubles l'un de l'autre, donnent l'octave quand on les frappe avec un marteau. Deux cubes, deux cylindres semblables, etc., peuvent servir de môme à constater cette loi, que les masses gazeuses nous ont aussi présentée (585), et qui, ayant lieu très probablement aussi pour les liquides, doit être considérée comme l'expression la plus générale des lois du mouveineni vibratoire.
87. —APPLICATIONS DES VIBRATIONS A L'ÉTUDE DE L'ÉLASTICITÉ DES SOLIDES.
6S4. Les vibrations des corps solides dépendent de leur élasticité. On devra donc reconnaître les modifications que pourra éprouver cette élasticité, parles changements dans les sons engendrés par ces corps. Par exemple, Savart a pu reconnaître que du soufre coulé en forme de plaque, change de structure pendant longtemps; carie son que peut produire la plaque, monte pendant plusieurs mois. Des verges, sur les faces desquelles Savart avait dessiné des lignes nodales, en présentaient d'autres disposées autrement, quelques semaines, quelques mois, quelques années après; ce qui atteste un changement de structure. L'influence de l'écrouissage et du recuit, peut aussi se reconnaître par le !me moyen. Savart a vu des bandes qui présentaient des lignes nodales posées en accolades {fig. 494) ne plus présenter qu'un système de lignes