‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 107 sur 189 · PASSIVITÉ DU FER · texte numérisé non relu

PASSIVITÉ DU FER

m placée dans le liquide entre les deux pointes empoche les anneaux de déformer. Nobili est parvenu à donner aux couleurs déposées sur les Mpies, des dispositions formant des dessins variés ; mais il n*a pas publié le ojen qu'il employait. 11 est probable qu'il opérait en faisant mouvoir une I plasieurs pointes présentées à une petite distance de la plaque , et en spioyant des mélanges de différentes dissolutions. Divers physiciens, MM. E. îcquerel, Beetz, Du Bois-Rcymond... ont aussi étudié les apparences éleclrojmiques.

iSCi. Passivité du fer, ete. — Certains métaux oxydables, princi panent le fer, acquièrent dans diverses circonstances, particulièrement quand I les plonge comme électrodes positifs dans de Teau acidulée par les acides ijgénés, la propriété de n'être plus attaqués par ces mêmes acides, entre lires par l'acide azotique, même concentré. Ce phénomène singulier a été ibjet des travaux de plusieurs physiciens, particulièrement de M. Schœnbein, li a donné le nom de fer passif ^u fer rendu ainsi inaltérable comme le platine. Md les principaux résultats qu'il a constatés > : après avoir reconnu l'influence on électrode positif oxydable, sur Télectrolyse de l'eau par un seul couple (1551), vit qu'un fil de fer pris pour électrode positif ne donnait aucun résultat quand 1 fermait le circuit en le plongeant dans l'eau acidulée du voltamètre ; car 1 ne voyait aucun dégagement d'hydrogène au p6le négatif formé d'un fil î platine. On peut rendre ce fer actif, et voir l'hydrogène se dégager , lis seulement pendant quelques secondes : !<> en mettant les électrodes en «tact dans le liquide , puis les séparant ; i^ en rompant le circuit en un Mot quelconque, pour le fermer ensuite ; 3<> en touchant le fer dans le liquide ve un métal oxydable, zinc, étain, cuivre et même l'argent ; 4» en réunissant I deux électrodes par un fil métallique capable de détourner une grande partie i courant, et en enlevant ensuite ce fil ; 5<> en agitant vivement l'électrode \ fer dans le liquide.

M. Schœnbein a aussi obtenu des résultats curieux en faisant communiquer I électrodes à l'extérieur, d'une manière permanente, par un fil métallique, land ce fil est en cuivre, de 1 millimètre de diamètre environ, et de 8 centiêtres de longueur, il n'y a aucune décomposition. A partir de la longueur î 16 à iT""", la décomposition a lieu d'une manière continue, et est d'autant us active que la longueur est plus grande, pourvu qu'elle ne dépasse pas mètres. Si l'on augmente la longueur, de quelques décimètres, il n'y a pas de figagement de gaz au moment où Ton établit la communication entre les élecrodes, mais ce dégagement a lieu quelques secondes après, plus vivement Kavec des fils plus courts ; au bout de quelques secondes, il cesse, pour se ■«produire de nouveau, et l'on observe ainsi des alternatives nombreuses wqu'à ce que le fer ait repris complètement son état passif. Si le fil de dérivation a plus de 15 mètres, il n'exerce aucune influence. Ces résultats dépentet évidemment de la quantité plus ou moins grande d'électricité détournée

' Arcfcicei de VékclriciU, de M. de La Rive, t. II, p. 267, et III, p. 81.

dans ce fil ; car, si I*on opère avec des fils de divers métaux, les longaean nécessaires pour obtenir un môme résultat, doivent être en rapport avec h conductibilité et la section des fils, de telle manière que la résistance aa passage de l'électricité soit la môme dans tous.

Les eiïets qui précèdent se produisent encore quand on mêle à Teau os acide oxygéné autre que l'acide sulfurique, mais ils n*ont plus lien avec les liydracides ou les fluorures, chlorures, bromures et iodures.

M. Schœnbein rend encore le fer passif en le faisant servir d'électrode positif pour décomposer l'acétate de plomb au moyen de plusieurs couples. Ai bout de 30 secondes, le fer se recouvre d'une couche mince de peroxyde de plomb. On le lave à l'eau, et on peut l'employer aux expériences que dois venons de rapporter; il donne les mômes résultats, seulement il ne reprend pas momentanément son activité par les moyens que nous avons énumérés; et môme des fils de fer ordinaires servant d'électrode positif conjointement avec lui, perdent leur propriété de devenir momentanément actifs.

On peut encore rendre le fer passif sans l'intervention directe de l'électricité. Bergmann et Kirwann ont reconnu que le fer plongé dans un sel d*ai^ent doid il précipite le métal, perd aussitôt la propriété de le précipiter. M. Bracoonoti reconnu que le fer devient passif par son immersion dans l'acide nitrique coacentré. Ilerschell a étudié ce phénomène, et a constaté qu'un léger frottement ne détruit pas la passivité, mais qu'un frottement assez fort peut Tenlever. M. Martens, qui a trouvé de son côté les résultats observés par M. SchœnbeiB, a reconnu, de plus, que le fer devient passif quand on le plonge dans l'alcool absolu, l'acide acétique, les solutions alcalines ^ et M. Reuben Philips, dans les acides chromique, iodique, cbloriquc et dans l'eau oxygénée. Quand eotB on chauffe au rouge une lame de fer bien décapée, elle prend une teinte bleue et devient passive.

Causes de la passivité du fer. — On explique l'état passif du fer, par la formation à la surface de ce métal d'une légère couche, ordinairement d'w oxyde. Inattaquable par les acides. Cette explication, due à M. Faraday, reai bien compte de l'ensemble des résultats obtenus par M. Schœnbein. Dav l'électrolyse de l'eau acidulée, la pellicule inattaquable se forme aux dépens de l'oxygène d'une petite quantité de liquide décomposée au premier instant. S l'on touche dans le liquide le fer passif avec un métal oxydable, on forme m couple qui décompose l'eau, et l'hydrogène qui se dégage à la surface du fer détruit la couche d'oxyde. L'électrode négatif en platine produit le même cW qu'un métal oxydable, parce qu'il a été recouvert d'une pellicule d'hydrogène, dans la décomposition qui s'est faite au premier instant. Si l'on réunit te élpctrodes par un fil de cuivre, ce fil détourne le courant, et forme avec leséfeetrodes un couple donnant un nouveau courant qui passe à travers le liquide rt détruit la pellicule qui recouvre le fer. Celui-ci est donc attaqué pendant quel-

t Anhiirs de VéleclriciU, de M. A. de La Rive, lll, 574.

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