‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 42 sur 189 · PASSAGE DE L*ÉLECTRICITÉ A TRAVERS LES GAZ · texte numérisé non relu

PASSAGE DE L*ÉLECTRICITÉ A TRAVERS LES GAZ

La bonle de l'aiguille est repoussée ; aussitôt on décharge le fil ff, et on le retire le plus possible ; la boule mobile revient alors sur la boule 6, et partage nec elle son électricité. Voici les lois trouvées par M. Matteucci.

1o U agitation de l'air diminue la perte d'électricité. Pour établir ce résultat ioatlendu, la boule h était retirée de la balance et laissée à Tair libre pendant 10 minutes, soit k Télat de repos, soit à Tétat d'oscillation au bout d'un fil de soie, soit exposée au courant d'air d'un soufUet. On la reportait ensuite dans la balance pour constater la perte. Par exemple, la torsion primitive étant de \%** et l'écart de 20**, il fallut, pour conserver cet écart, réduire la torsion à i05'', quand la boule h avait séjourné pendant iO minutes dans l'air en repos, et iliô"" quand cet air était agité.

Ce résultat est dû à ce que les molécules de l'air, même le plus sec, enlèvent 4e rélectricité aux corps, en s'électrisant à leurs dépens, et sont alors repouslèes, puis remplacées par d'autres. Or, il faut à ces molécules un certain temps , fonr rerx>uvrer de l'électricité, à cause de leur mauvaise conductibilité ; si donc des ne séjournent pas au contact des corps, elles n'ont pas le temps de leur «dever de l'électricité; de même qu'une boule de résine ne prend pas d'électricité à un conducteur qu'elle ne fait que toucher un instant, tandis qu'elle i^électrise si le contact a quelque durée.

Î9 La déperdition dépend des corps qui sont en présence de la houle pendant m téjour hors de la balance. Par exemple, pour un écart de 20o et une torsion |rinitive de i88<», la boule rapportée dans la balance au bout de iO minutes, tienne une torsion de 464° après avoir été mise en présence d'une sphère ktrisée d'une manière opposée; 96° seulement, quand cette sphère avait la ttee espèce d'électricité ; 136°, quand la boule eut séjourné dans un globe BOX non isolé ; et 105° quand elle eut été abandonnée simplement à l'air libre, fctoit que c'est en présence d'une sphère chargée de la même électricité que hiéperdition a été plus grande.

3» Dans lair et dans les gaz secs et purs, et pour des quantités d'électricité tmfrises entre certaines limites, la perte d'électricité est constante. Cette loi est en contradiction avec celle 'qu'avait trouvée Coulomb ; mais ce dernier Bopérait pas dans l'air parfaitement sec.

4* La perte est la même dans l'air, Vhydrogène et Yacide carbonique secs, fris à la même température et sous la même pression.

5« La nature du corps électrisé n'influe pas sur la perte de l'électricité et sur khn de cette perte dans les gaz secs. Coulomb a trouvé que la déperdition était la même sur une balle de moelle de sureau et sur une balle de cire d'Espagne. 1. Matteucci est arrivé au même résultat avec une balle métallique, et une balle <le gomme laque électrisée par une étincelle.

.6» La perte est la même dans les gaz secs, pour l'électricité vitrée et pour ^électricité résineuse, quand la tension n'est pas trop forte. Pour les fortes ten- «OM, le fluide négatif se perd le plus rapidement. M. Biot avait trouvé, avec la l^alance de torsion, les pertes égales pour les deux fluides. M. Belli, en employant

de fortes tensions, avait vu le pendule d'un électromètre de Henley s'abaisser plus vite sur un conducteur négatifque sur un conducteur électrisé positÎTeiiieal

7o Dans l*atr sec, la perte augmente avec la température. M. Matteucci s'ait borné à étudier la déperdition entre 0"" et 20°, la gomme laque cessant d'isoler dès 40 à 50°. Pour faire varier la température de la balance, il i'entourait de deux espèces de demi-manchons, remplis d'un mélange frigorifique ou d'Innle chaude, et écartés de quelques centimètres , de manière qu'on pût aperceioir l'aiguille. Nous citerons le résultat suivant : la même quantité d'électridlé a été perdue en 278 minutes à 0° ; en 205«, à 13°, 5 ; et en 167», à 22°.

8<^ La perte de Vélectricité dans Vair sec est d*autant pltis lente que ce gn est plus raréfié. Nous avons déjà vu que l'électricité à faible tension se consane dans l'air très raréfié (1299). M. Matteucci a repris les expériences de M. Harris sur ce sujet, au moyen d'un appareil différent, et est arrivé au mêmes résultats. Il a trouvé, comme lui, que la déperdition est plus lente im l'air très raréfié que dans l'air à la pression ordinaire. Par exemple, un peik électroscope à feuilles d'or perdait toute sa charge en 3 ou 4 heures dans l'iir sec à la pression de 76^°>, et au bout de 2 jours seulement, dans l'air raréU à 3"". Ce résultat peut s'expliquer par le moindre nombre des molécules d'à qui touchent le corps électrisé. Mais, pour expliquer la conservation de l'électricité dans le vide, il faut invoquer une cause particulière, comme radhéreocfl du fluide aux molécules superficielles (1299). Du reste, M. Matteucci explifii la perte due à l'air, par la conductibilité du gaz, transportant l'électricité ds molécule à molécule, par une sorte de décharge obscure analogue à celle fri produit les aigrettes quand la tension est forte. Il n'admet la répulsion te molécules d'air en contact, que lors des fortes charges. Celte opinion est pirtagée par M. Faraday.

9® Dans Vair humide, la perte augmente avec la quantité d'humidité ; mm non en raison du cube du poids de vapeur contenu dans l'air, comme YmÊ cru Coulomb. Les expériences ont été faites en remplaçant dans la balaief (fig. 1013), l'acide phosphorique, successivement par les mélanges d'eaa el d'acide suifurique employés par M. Regnault dans ses recherches sur l'hygremétrie (11,1161). Dans l'air humide, à la pression de 76<''" et à la températmi de 13°, quand la force élastique de la vapeur est comprise entre 0"", 134 ci 3'"'",699, la perte d'électricité augmente moins vite que la quantité de vapetr; et elle lui est proportionnelle de 3™'»,699 h 9'"",99l.

Des vapeurs bien desséchées de camphre, A'assa-fœtida, d'éther et de quelques huiles essentielles très pures, n'ont pas augmenté la perte de l'électridli dans l'air sec.

i345. RisiSTàNCB DES GAI A LADÉciAROB. — Le passagc de l'électricité i travers les gaz, au lieu de se faire lentement, comme nous venons de k considérer, peut se faire subitement, ainsi que cela a lieu dans la déchirp dîsruptlve. La distance ou portée explosive dépend alors de la nature da gli interposé et de sa densité.

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