‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels (volume 5)Chapitre 44 sur 189 · DÉPERDITION PAR LES SUPPORTS · texte numérisé non relu

DÉPERDITION PAR LES SUPPORTS

QDand il s'agit de rexplosion, le contraire a lieu, et le fluide positif traverse

plus facilement l'air, en le divisant, que le fluide négatif; Texpérience du

perce-carte (1336), nous en a déjà donné une. preuve. Si l'on fait partir une

étincelle entre deux boules égales, il n*y a aucun moyen de juger du plus ou

moins de facilité des fluides en présence, à traverser Tair ; mais si l'une des

boules, plus petite que l'autre, favorise la sortie du fluide (1392), cette

influence sera plus sensible sur le fluide qui traverse le plus facilement l'air,

et l'étincelle jaillira à une plus grande distance quand ce fluide arrivera par la

plus petite des deux boules. M. Faraday, puis M. Becquerel, ont fait beaucoup

d'expériences à ce sujet. M. Becquerel, ayant armé les conducteurs d'une

machine de Nairne, de boules ayant, l'une 18"" de diamètre, et l'autre 75"",

l'étincelle partit à 65"" de distance, quand la plus petite recevait l'électricité

positive, et à 29"" seulement, quand elle recevait le fluide négatif. Quand la

petite boule était fixée au conducteur d'une machine électrique positive, et que

h grosse était en communication avec le sol, l'étincelle avait 12<^",5;dans

le cas inverse, elle n'avait que 4'^",5.

Les gaz autres que l'air présentent aussi une résistance difl'érente aux deux hides, comme le montre le tableau précédent, et l'on voit que les uns laissent passer le plus facilement le fluide positif arrivant par la petite boule , les autres le fluide négatif.

n. Se la propagation de l'éloetrloité dans les corps solides isolants.

1S48. Déperdition de i'êieetrieité par les soiide» isolants. —

Cdoffib s'est occupé de ce sujet, avec sa sagacité accoutumée. Pour évaluer hléperdition d'une balle électris>'e, par la tige cylindrique qui la soutenait, il •égarait la perte totale, au moyen de la balance de torsion, et en retranchait b perte due à l'air, calculée au moyen des lois qu'il avait établies, et en partant (Time observation préalable donnant la déperdition correspondante à l'état de latmosphére. H est évident que la tige devait isoler incomplètement, si ce n'est <|Band il faisait cette dernière observation.

Coulomb a reconnu, par cette méthode, que la perte par un support est d'autant plus petite qu'il est plus mince et plus long. Ce qui se conçoit facileaenl, puiî^qu'alors il y a moins de points livrant passage à l'électricité, et plus fespace résistant à franchir. Pour une môme substance et pour un diamètre donné, il y a une longueur minimum qui isole complètement. Cette longueur, pour chaque substance, est proportionnelle au carré de la charge électrique ; l'électricité de la machine du Musée Teyier ne peut être retenue par des colonnes de verre de 1",53 de hauteur, ni par des cordons de soie de U mètres, tant la tension est forte. La gomme laque est la substance qui isole le mieux; une tige de 1"" de diamètre, et de 40 à 45"" de longueur, isole complètement, pour des charges modérées. Un cordon de soie de même

iÔ6 ÉLECTRICITÉ STATIQUE.

grosseur doit avoir dix fois cette longueur, pour donner le même résultat. Ub fil de soie très fin, trempé dans la cire d'Espagne bouillante, de manière 1 former une baguette de ^ millimètre de diamètre et de 15 à 16*"» de longueur, isole aussi complètement. Un fil de verre doit présenter les mêmes dimensioDS, quand Tair est bien sec, ou quand il est préservé de Thumidité par une coDche de vernis.

1349. Pénétration de réiectricité dans les eorps Isolants. — M. Faraday et M. Matteucci ' ont fait beaucoup d'expériences sur la propagation de l'électricité dans les corps isolants. Ils ont reconnu que le fluide ne se répand pas seulement à leur surface, mais qu'il pénètre aussi dans leur intérieur, à une profondeur plus ou moins grande dépendant de leur nature et de la quantité d'électricité fournie. Par exemple, on électrise un gros cylindre d'acide stéarique, en appuyant une de ses bases sur le conducteur d'une machine électrique ; on enlève ensuite tout signe d'électricité, soit en posant cette base sur un plateau métallique, soit en en fondant la surface dans h flamme de l'alcool. Si l'on touche alors la base avec une lame métallique non isolée, on trouve bientôt à la surface, de l'électricité venant des parties intérieures. Un cylindre de soufre qui a reçu de l'électricité positive, puisdn fluide négatif, reste d'abord électrise négativement à sa surface ; mais au ioA d'un certain temps, on y trouve du fluide positif, qui est venu de l'intérieur.

Quand deux charges électriques contraires sont répandues sur les deox faces d'une lame isolante, comme dans le condensateur, les fluides pénètrent encore plus profondément, sous l'influence de leur attraction mutuelle. Pourk prouver, on garnit de feuilles d'étain les deux faces d'une lame de spermaeéi de 3 ou 4«" d'épaisseur, on charge le condensateur ainsi formé, on enlève ks feuilles d'étain, et les deux faces de la lame isolante restent chargées d'éieetricités contraires. Si alors on enlève les électricités superficielles au moyen de la flamme d'alcool, on les voit reparaître au bout de quelque temps. Si, ayant replacé les armatures, on recharge le condensateur en sens contraire, et si Ton enlève ensuite les armatures, on trouve de l'électricité positive sur la face de II lame qui a reçu en dernier lieu ce fluide; mais au bout de quelque temps, on le trouve remplacé par de l'électricité négative venue de l'intérieur, où h première opération l'avait fait pénétrer. Un changement analogue se produit sur l'autre face. Ces expériences réussissent également avec des lames de verre minces, si l'on a soin de conserver longtemps les charges électriques, comme l'a aussi reconnu M. Belli.

M. Matteucci a encore procédé au moyen de grosses masses de spermaeé qu'il garnissait d'armatures, et qu'il chargeait faiblement, mais pendant très longtemps. Ayant ensuite brisé ces masses au moyen de lames de verre, il put reconnaître que les fragments étaient chargés de fluide positif ou de fluide négatif, suivant qu'ils étaient détachés à une certaine profondeur au-dessoos

t iliiiialet de chimie et de physique, 3« série, t. XXYII, p. 433.

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