ACTION DE LA TERRE SLR LES AIMANTS
aa bas. Od le reconnaît en approchant une aiguille aimantée ab; on voit soo pôle nord attiré par les parties supérieures de la barre, et repoussé par les parties inférieures, tandis que en M, devant la ligne neutre, elle reste indifférente. Cet état magnétique de la barre ne provient pas d une ainaantation permanente qu'elle pourrait posséder accidentellement ; car, si on la retourne bout à bout, elle présente encore un pOle nord à sa partie inférieure. Dans l'hémisphère austral , elle prendrait un pôle sud en bas. Si Ton frappe d*un coup de marteau, Textrémité de la barre pendant qu'elle est verticale, elle cooserre pendant .quelque temps son état d'aimantation, le choc développant de la force coërcitive (1201). Pour avoir le maximum d'effet, il faudrait placer la barre dans le méridien magnétique parallèlement à l'aiguille d'inclinaison qui indique, comme nous allons le voir, la direction magnétique terrestre.
Toutes les barres de fer verticales, les tiges des paratonnerres, les espagnolettes, les tuyaux de poêle en tôle, sont aussi aimantées par l'influence terrestre. L'acier trempé lui-même peut prendre un état d'aimantation temporaire sous cette influence, comme l'a remarqué M. Barlow ; ce qui s'explique facilement dans l'hypothèse de M. Woestyn (1201). Les outils en acier, suspendus verticalement dans les ateliers, sont presque toujours aimantés ; les ébranlements auxquels ils sont soumis quand on en fait usage, font céder la force coërcitive, de manière que du fluide neutre est décomposé par l'influence da globe.
Les expériences qui précèdent sont dues à Gilbert. Il rapporte que l'aimantation des barres de fer verticales a été découverte, à Mantoue, sur la tige de la girouette du couvent des Âugustins. L'aimantation permanente du fer a été observée pour la première fois, à Rimini, sur une barre placée au haut d'une Umrde Téglise Saint-Augustin, parle chirurgien J. César. En 1630, Gassendi constata qu'une croix tombée de vétusté du haut du clocher de l'église Saint- Jean, à Aix, était aimantée ; la rouille qui en recouvrait le pied l'était surtout fortement. Le magnétisme des aimants naturels est probablement dû à l'action prolongée du globe. Il serait curieux de vérifier si, dans notre hémisphère, le pôle nord de ces aimants se trouve en bas, avant qu'on ne les détache de la roche, et en haut, dans l'hémisphère austral.
iSOS. Pôle austral et pôle boréal des aimants. — La terre se comportant comme un aimant dont la ligne neutre serait l'équateur magnétique, on a donné le nom de fluide boréal à celui qui domine au pôle boréal, et le nom de pHide austral à celui qui domine dans l'autre pôle. Comme les fluides de nom contraire s'attirent, on doit admettre que le fluide qui agit au pôle nord d'un aimant est du fluide austral^ et que celui qui agit au pôle sud^ est du fluide Ixfréal. De là l'usage où Ton est, principalement en France, d'appeler le pôle nord d'un aimant pôle austral, et le pôle sttd, pôle boréal. Ces expressions sont en apparence contradictoires ; mais les mots pôle nord et pôle sud s'appliquent aux points qui regardent le nord et le sud ; ils expriment simplement le fait, et sont indépendants de toute théorie, tandis que les termes pôle amiral
et pâle boréal désignent la nature des fluides qui dominent dans les diverses parties de Taimant, et supposent que Ton admet la théorie de Coulomb. Comme cette théorie a été modifiée depuis la découverte de Télectro-magnétisme, et pour éviter toute confusion, nous continuerons de désigner par les mots nord et sud ou par les signes + et — , les pôles qui se tournent du côté du nord et du sud.
«S06. L'ACnOH DB Ik TBIIIB 8UB UH AnUlTT NE PBUT QUI LE DHIBBI Soit 0, o'
(fig. 878) les pôles mathématiques d*une aiguille aimantée mobile dans le méridien magnétique. En o est appliquée une force attractive ob, et en o' une force répulsive o'6', provenant des actions magnétiques de Thémisphére terrestre qui se trouve du côté du pôle o. Ces deux forces sont égales et parallèles,
Fig. 878. Fig. 879.
car la longueur oo' est insensible par rapport à la distance au point d'où elles émanent, et les deux moitiés de Taiguille aimantée renferment les mêmes quantités de fluides libres, puisque ces fluides formeraient du magnétisme neutre en se combinant. De même Thémisphére qui se trouve du côté de o' donne deux forces o'a\ oa égales, parallèles et de sens contraire. Les forces appliquées aux pôles o et o' peuvent se remplacer par les deux résultantes or, o'r\ qui sont évidemment égales, parallèles et en sens contraire, et forment par conséquent un couple (I, 67). Ce couple a pour effet de faire tourner l'aiguille dans le plan qu'elle peut décrire, jusqu'à ce que la ligne oOy se trouve dans la direction des forces or, o'r\ direction qui ne change pas pendant le mouvement.
Un couple ne pouvant que faire tourner le système auquel il est appliqué, on voit que l'action magnétique de la terre ne peut imprimer à un aimant aucun mouvement de translation. Ce résultat peut se vérifier par l'expérience. D'abord, pour montrer que l'action terrestre ne donne pas de composante verticale, on suspend un petit barreau d'acier au bassin d'une balance que Ton met en équilibre ; on aimante ensuite ce barreau, et l'on constate que l'équilibre a toujours lieu, dans quelque position qu'on le place. Il n'y a pas non plus de composante horizontale, car un aimant placé sur un morceau de liège flottant sur l'eau, tourne sur lui-même pour se placer dans le méridien magnétique, mais ne se transporte pas; une aiguille aimantée o (/f^f. 879), posée horizontalement sur une bande de bois ac suspendue à un fil sans torsion, se place