RÉSEAUX
laquelle L représente l'espace dans lequel se trouvent réparties les stries formant une période. Les spectres successifs différent alors beaucoup en intensité ; il en est de très pâles qui, placés à côté d*autres très brillants sur lesquels ils se superposent en partie, n*en altèrent pas sensiblement les couleurs, ce qui permet de distinguer dans les spectres d'ordre élevé, des raies que la superposition des spectres ne permet pas de distinguer avec un réseau régulier. — Quand on rapproche les paupières, de manière que les cils forment un réseau devant Tœil, on aperçoit ordinairement, en regardant une bougie, une lueur horizontale blanchâtre, les cils étant généralement inégalement^ espacés ; mais il arrive assez souvent qu'on aperçoit des spectres dont les couleurs sont assez distinctes.
2ift99, Kéaeaax h mailles earrées, elrevlaires, ete. — Fraunhofer a fait beaucoup d'expériences avec des réseaux formés de petites ouvertures égales de différentes formes, et régulièrement distribuées. On peut former un réseau à mailles carrées, au moyen de deux réseaux parallèles croisés; avec un morceau de mousseline ou de ruban. Ces sortes de réseaux donnent une multitude de petits spectres, les uns disposés suivant les bras d'une croix parallèles aux côtés des carrés, les autres distribués obliquement dans les quatre angles droits. Le phénomène est des plus brillants, et son aspect varie avec la grandeur des mailles et la distance au point lumineux.
2ift99. Réseaux par réflexion. — Quand la lumière ,se réfléchit sur des stries alternativement polies et ternes, elle produit les mêmes effets que les réseaux. Cela se conçoit facilement, les rayons réfléchis étant dans le même cas que s'ils partaient de l'image symétrique du point lumineux, par rapport au plan du réseau ; aussi Fraunhofer a-t-il obtenu des résultats identiques, sauf l'intensité, au moyen de rayons réfléchis, ou de rayons transmis, par un réseau formé en pratiquant des stries dans ulie feuille d'or appliquée sur une lame de verre. L'explication des effets des réseaux traversés par la lumière, s'applique donc aux réseaux agissant par réflexion.
Les couleurs irisées que présente la nacre sont produites par des stries très fines provenant de sa structure feuilletée. En effet, M. Brewster ayant appliqué sur de la nacre polie, du mastic, de la cire noire, ou un alliage fusible, la substance a pris l'empreinte des stries, et a produit par réflexion les mêmes couleurs ; sauf l'intensité, qui dépend évidemment du pouvoir réflecteur. Le gjfM à structure fibreuse présente aussi des couleurs qui s'expliquent de la même manière. Les plumes de certains oiseaux doivent leurs brillantes couleurs à des effets de réseaux, produits par des filaments très fins qui les composent. Un métal à demi-poli peut présenter aussi des couleurs irisées à cause des stries parallèles produites par la poudre dure qui a servi à le polir, quand elles ne sont pas trop serrées (2276). Comme ces stries sont rarement régulières, on n'obtient le plus souvent qu'une lueur blanchâtre, aux points qui envoient des rayons réfléchis dans l'œil. On a fabriqué, en Angleterre, des boutons d'habits en métal, sur lesquels étaient tracées des stries ou de
444 DIFFRACTION.
petites figures très régulières obtenues par la compression d'un coin d'acier finement gravé. Ces boutons, connus sous le nom de boutons Barthon, réfléchissent les couleurs les plus brillantes, quands ils sont éclairés par le soleil ou par des bougies.
2IZHO. Pmssaffe des pkéaoaièBes de dlffk«etl«m ordlBalre à ce«x des réMaiix. — C'est en étudiant les phénomènes produits par de petites ouvertures de plus en plus nombreuses, que Fraunhofer a été conduit à considérer les réseaux. M. Schwerd a suivi une marche semblable, dans quelquesunes de ses recherches analytiques, et il a trouvé les résultats que l'expérience avait fournis, et en a signalé d'autres qui avaient passé inaperçus et qu'il a ensuite vérifiés. C'est ainsi qu'une théorie vraie éclaire l'expérience, qui, à son tour, lui sert de contrôle et la confirme.
Fraunhofer nomme spectres de première classe, les spectres, ou franges irisées, donnés par une seule fente, dont nous avons parlé plus haut (2263). Avec deux fentes, ces spectres sont accompagnés des franges intérieures (2264), qu'il nomme spectres imparfaits de deuHème classe, parce qu'on n'y distingue pas de raies. Avec trois fentes, d'autres spectres, dits de troistème classe, se montrent entre ceux de seconde classe ;^ et si l'on augmente le nombre des fentes, il ne se forme plus de nouvelles classes de spectres, mais ceux qui existent déjà se modifient.
Fraunhofer annonce que, si l'on augmente de plus en plus le nombre des fentes, les spectres de deuxième classe ne changent que peu de position, pen* dant que ceux de troisième classe se resserrent en se rapprochant de la bande centrale, avec laquelle ils finissent par se confondre, et qu'ils s'épurent de manière qu'on finit par y distinguer les raies. De nombreuses mesures lui ont appris que leurs largeurs sont en raison inverse du nombre de fentes libres d'un même réseau, et, pour des réseaux différents, en raison inverse de la largeur de leurs éléments. N étant le nombre d'éléments par millimétré, m le rang du spectre, et v le nombre de fentes, on a, en générai,
d = 0""*,000528 -TT—. Quand les spectres de troisième ordre se confondent
avec la bande centrale, il y a un espace noir entre cette bande et les premiers spectres du deuxième ordre. M. Schwerd trouve par le calcul que, en effet, les spectres de deuxième classe ne changent pas de place quand le nombre de fentes angmente. H trouve, de plus, que les spectres de troisième classe ne se confondent pas avec la bande centrale, mais se resserrent tellement qu'ils semblent former une lumière continue. 11 reconnaît aussi qu'il y a des spectres de troisième classe entre deux spectres de deuxième classe consécutifs quelconques, mais de moins en moins nets à mesure qu'on s'éloigne de la bande centrale, et il est parvenu à les distinguer par l'expérience. Les bandes noires NN, nn(fig. 1671) contiennent de ces spectres de troisième classe, mais très faibles, ce qui fait qu'ils avaient échappé à l'observation.
ARGS-EN-GIBL SURNUMÉRAIRES. 445