POLARISATION DE LA CHALEUR
chaleur d*une lampe de Locatelli. Les rayons provenant de cette dernière source, les plus transmissibles à travers le verre, se réfléchissent en moindre proportion que ceux qui ont traversé le sel gemme enfumé, d*où il résulte que le faisceau réfléchi n*a plus la même composition que le faisceau incident, phénomène analogue à celui qu*a ohservé M. Jamin, dans ses recherches sur la couleur des métaux (2470).
SSSO. PoIarlMitloM de Im ehaleor par réfraetloM simple. — Des expériences faites sur la transmission de la chaleur naturelle,, à travers des lames de verre ou des piles de glace, ont prouvé que la chaleur se polarise par réfraction simple, et suivant les mômes lois qne la lumière ; qu'il y a égalité entre les quantités de chaleur polarisées dans les rayons réfléchis et réfractés ; et que les piles de glace peuvent servir comme polariscopes calorifiques '. Comme polarisateur, elles forment l'instrument le plus avantageux parce qu'elles permettent d'expérimenter sur des faisceaux à grande section.
Les mêmes physiciens ont reconnu que les rayons calorifiques rayonnant obliquement d'une surface échauffée, sont polarisés, comme les rayons lumineux, dans un plan perpendiculaire au plan d'émission ^. Par exemple, les rayons partant d'une surface de platine incandescente, en faisant un angle de 70° avec la normale, et ces rayons traversant une pile de deux lames 4e mica inclinées à 35'' sur leur direction, ils ont vu le thermo-multiplicateur donner â4°,5, lorsque le plan de réfraction du mica était parallèle au plan d'émission, et 8*^,3, quand il lui était perpendiculaire. Le platine étant un peu audessous du rouge, les angles ont été de 11'', 2 et 3'',5. Le platine platiné et le fer oxydé ont donné des résultats beaucoup moins prononcés. Les rayons émis normalement ne donnent aucun signe de polarisation.
SSlKf . PolarisaUoM des rayons ealoriflqaes de l'atmosphère. — H. E. Wartmann a constaté que la chaleur réfléchie par l'atmosphère est polarisée dans le même plan que la lumière qu'elle nous renvoie ^ : les rayons calorifiques traversaient une pile de mica, ou un gros prisme de Nicol, faisant fonction d'analyseur, et placés dans un tube en carton dirigé vers la région atmpsphérique à explorer. La pile thermo-électrique, destinée à faire connaître les variations d'intensité de ces rayons pendant que le prisme tournait, était renfermée dans une grande caisse en bois, et entourée de coton cardé, pour intercepter la chaleur extérieure. L'analyseur recevait le mouvement de rotation, par l'intermédiaire d'une longue tige à manche de bois. La caisse pouvait tourner autour d'un axe horizontal en bois, de quantités mesurées par un arc divisé. H. Wartmann a reconnu,. au moyen de cet appareil, que le plan de polarisation de la chaleur atmosphérique coïncide avec
1 Annales de chimie et de physique^ 3« série, t. XXX, 459.
2 Annalet de chimU et de physique, 3« série, t. XXYIll, p. 252.
' Bibi unit, de Genève (Arch. des Se), t. XYIII, p. 89; et Ann, dech, et de physique, 3«sérioXXXlVp. 344.
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658 RAYONS GALORIRQUES.
celui de la lumière, et qu'il y a aussi coïncidence des points neuU'es, et des points de polarisation maximum.
1K5SS. RotetioM d« plMi de polarisatioM 4e la ehaleor. — Le quartz
agit sur les rayons de chaleur, comme sur les rayons lumineux, pour faire tourner leur plan de polarisation. Biot et Melloni ont constaté ce phénomène de la manière suivante : un faisceau cylindrique de rayons de chaleur d*UD6 lampe de Locatelli, rendu plus intense au moyen de deux lentilles de sel gemme, comme il est dit plus haut (2517), traversait, avant de tomber sur le thermo-multiplicateur, deux piles de mica inclinées et tournées de maniée à donner le minimum de chaleur. L'interposition d'une lame de quartz perpendiculaire à Taxe, détermina immédiatement une déviation à peu prés double, dans Faiguille du réométre. Les mêmes physiciens ont constaté aussi que la rotation est dans le même sens que celle de la lumière, et qu'elle augmente avec la réfrangibilité des rayons calorifiques.
Il était très intéressant d'expérimenter la rotation du plan de polarisation de la chaleur par les liquides. C'est ce qu'ont fait MM. de la Provostaye et P. Desains *. La chaleur solaire, venant d'un point déterminé d'un spectre bien pur, étant reçue par un prisme analyseur tourné de manière à détruire toute la chaleur du faisceau ordinaire, un tube rempli d'essence de térébenthine ou d'une dissolution de sucre, était interposé, et aussitôt l'aiguille du thermomultiplicateur indiquait le passage de la chaleur. L'effet disparaissait quand on faisait tourner convenablement l'analyseur. On a reconnu ainsi, que le plan de polarisation des rayons calorifiques tourne dans le même sens et de la même quantité que celui des rayons lumineux qui occupent les mêmes points du spectre. Cependant il y a une différence quand on opère sur les rayons rouges extrêmes; ce qui tient à ce que, le faisceau calorifique étant assez large, on obsen^e les effets des rayons obscurs, qui sont les plus intenses, tandis que les rayons lumineux sur lesquels on expérimente sont plus réfrangibles, et doivent par conséquent être un peu plus déviés. On peut donc dire que les lois relatives à la rotation du plan de polarisation de la lumière s'appliquent à la chaleur. L'identité se poursuit dans les détails les plus minutieux; ainsi, une dissolution de 3i de camphre dans 69 d'essence de térébenthine fait éprouver sensiblement la même rotation à tous les rayons lumineux; et MM. de la Provostaye et Desains ont trouvé qu'il en est de même des rayons de chaleur qui accompagnent la lumière verte et la lumière rouge du spectre.
86S8. PolarIsatioM rotateire nMi«Métiqiie 4e la ekalear. —
M. E. Wartmann a constaté par divers moyens , entr'autres en se servant de l'appareil avec lequel il a étudié la polarisation des rayons calorifiques de l'atmosphère (25^0), qu'un parallélipipède en verre pesant, de 29^'^ d'épais-
1 Annales de chimie et de physique, 3* série, t. XXX, p. 267.