‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 63 sur 195 · COEFFICIENT DE DISPERSION, ETC · texte numérisé non relu

COEFFICIENT DE DISPERSION, ETC

montre que, pour une même déviation des rayons moyens, Tangle des rayons extrêmes est différent dans deux substances différentes, ainsi que les angles ' d'écart entre deux couleurs quelconques. De plus, les différences entre les angles de deux rayons colorés , changent quand on passe de deux couleurs à deux autres.

S#9i. Mesure des eoeftteiencs de dispersion» des rapports de dispersion, etr. — Wollaston, un de^premiers, s'est occupé de comparer les dispersions d*un grand nombre de substances solides et liquides i. Il procédait en observant la réflexion totale, dans Texpérience de Newton sur Tinégale réflextbilité des rayons (2027, 3"*). Supposons que la face du prisme, sur laquelle doit se faire la réflexion totale, soit en contact avec de l'eau, et qu'on place l'œil de manière à recevoir les rayons réfléchis totalement à la surface de séparation du verre et du liquide, on verra le champ de réflexion bordé de franges colorées, le violet occupant le bord inférieur. Si les deux milieux, inégalement réfringents, dispersent également, les couleurs disparaîtront. On pourra donc, en remplaçant l'eau par des dissolutions salines, trouver le degré de concentration qui donne la même dispersion que celle du verre. — Quand le pouvoir dispersif du liquide est beaucoup plus grand que celui du prisme, il peut arriver que l'ordre des franges soit interverti, et que le rouge se trouve au bord inférieur. C'est ce qui a lieu pour un prisme de flint, avec l'huile de sassafras ; pour un prisme de spalh pesant, de cristal de roche et surtout de spath fluor, avec une foule de liquides, ces solides ayant une faible dispersion. 11 faut donner au prisme un angle tel que les rayons entrent et sortent à peu prés perpendiculairement aux faces d'incidence et d'émergence, pour qu'il n'y ait de dispersion qu'à la surface de réflexion. — Les substances qui suivent sont placées dans l'ordre de leur dispersion, d'après Wollaston : 1, soufre; 2, huile de sassafras ; 3 , flint ; 4, huile de térébenthine ; 5 , spath dislande ; 6, diamant; 7, crown; 8, eau; 9, acide sulfurique; 10, alcool; ii y spath pesant; 42, cristal de roche; 43, spath fluor.

C'est dans le cours de son travail que Wollaston a découvert les premières raies du spectre. Fraunhofer, après les avoir découvertes de son côté, en a fait usage poiir étudier les dispersions totales et partielles d'un certain nombre de corps solides et liquides. Il procédait en mesurant les indices de réfraction des principales raies, au moyen de son appareil (fig. 4525). Le tableau qui suit renferme une partie des résultats qu'il a publiés ; la dernière colonne contient les coefficients de dispersion :

1 Biblioihèqve britannique (Sciences et Arts), t. XXYI, p. 231.

SUBSTANCES rélHngeDtes.

Flint-flass, n* 13. .

GrowiKglass, n^ 9.

Eau

Solution de potasse. .

Essence de térébenth.

Flint, n* 3

Fiint, n- 30

Crown, n* i3

Crown, lettre M. . . .

Flint. n- 23

COEFFICIKRTS

0.04SSI 0.02073 0,01325 0,01674 0,02338 0.03833 0.04250 0.02037 0,02470 0.4309

Rudberg a mesuré les indices de réfraction des raies de plusieurs cristaux, et M. Baden-Powel a fait le môme travail par un grand nombre de liquides. M. Babinet a aussi indiqué un moyen de mesurer les dispersions de corps qu'on n*a quen petits fragments '. Après les avoir taillés en prisme dont on mesure Tangle, on regarde un spectre projeté sur un écran par un prisme connu, à travers le petit prisme à éprouver, placé de manière à recomposer les couleurs (1889), et Ton s'éloigne peu à peu du spectre jusqu'à ce qu'on ne distingue plus que de la lumière blanche. Si les prismes sont dans la position du minimum de déviation, et que leur angle soit assez petit, leurs dispersions seront en raison inverse de leurs distances à l'écran.

Depuis quelque temps on fabrique des verres très réfringents à acide borique et à bases métalliques nouvelles. Il "était important d'en connaître les dispersions. M. l'abbé Dutirou, au moyen de l'appareil cité plus haut ( 2008 ), a mesuré les indices des principales raies dans ces différents verres. Voici d'abord la liste de ces verres, par ordre de pouvoirs réfringents, avec leur densité :

Densité.

1 Flint lourd jaune de Guinand à

Tacide borique 3,44 7

2 Flint de Fraunbofer 2,435

3 Flint de Bontemi» 2,04 1

4 Flint ordinaire de Guinand. . . 3,610

5 Flint de Guinand à Fa. borique. 4,322

6 Autre, id. 3,559

7 Flint de Guinand, blanc 2,622

8 Verre de Guinand, à Ta. borique 2,642

9 Autre, id. 2,64 3 4 0 Crown ordinaire de Guinand. . 2,4 84

Densité.

4 4 Verre de Venise 2,7 43

4 2 Crown de Guinand à Ta. borique 2,362

4 3 Crown de DoUond 2,484

4 4 Verre à Facide bor iqoe de Maës

et Clémandol 2;835

4 5 Crown de Bonlemps 2,447

4 6 Verre de Maë» et Clémandot à

base de soude et zinc 4 ,954

4 7 Autre, id. 4,523

4 8 Verre de Saint-Gobain 2,329

« Comples-reiidas de l'Académie des sciences de Paris, t. XXI, p. 513.

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