‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 64 sur 195 · COEFFICIENT DE DISPERSION, ETC · texte numérisé non relu

COEFFICIENT DE DISPERSION, ETC

Dans le tableau qui suit sont réunis les rapports de dispersions partielles de quelques-uns de ces verres désignés par leurs numéros dans la liste ci-dessus, b^ c, d.,,,b\ c\ d\.. représentent, pour les deux substances comparées, les indices des raies que Ton désigne par les capitales dea mêmes lettres. b\ c\ rf'..., correspondent, en général, à des crowns.

SUBSTANCES RiFBISIGBMBS

prises deux à deax.

N» 1 el 46, 4 et 42,

3 et 45.

4 et 44.

3 et 44.

6 et 40,

7 et 9.

6 et 2.

40, No 8 et ».

Ce tableau montre que : 1^ les rapports des dispersions partielles sont très différents quand on passe, dans les substances que Ton compare, de deux couleurs à deux autres; ce qui montre bien que les couleurs ne sont pas réparties de la même manière dans les différents spectres. — 2o Pour les flints (sauf le no 9, qui réfracte moins que tous les autres) comparés aux divei^s crowns, le rapport des dispersions partielles va assez souvent en diminuant, du violet au rouge ; ce que l'on trouve également quand on calcule les rapports de dispersion au moyen des nombres donnés par Fraunhofer. — 3o Lorsque

cela n'a pas lieu, le rapport

est fréquemment plus grand, et quelque-

fois plus petit que celui qui le suit. Il en est de même, quoique moins souvent, du rapport — ; — - . — 4o Les rapports — r et -; — — sont presque

constamment, Tun maximum, et Tautre minimum.

5o Les rapports écrits

dans la même ligne horizontale diffèrent peu, pour le flint n« 9 comparé aux verres n°* 42, 13 et 15. Ils semblent donc mieux convenir que le flint et le crown ordinaire de Guinand, pour l'achromatisme, parce que si Ton ramène au parallélisme deux rayons colorés, les autres se trouveront aussi sensiblement parallèles.

Infloenee de la températare. — MM. Dale et Gladstone, dans leurs recherches sur les indices de réfraction des liquides (2014), ont étudié les coefficients de dispersion et les pouvoirs dispersifs de ces liquides entre O'' et 60''. Ils ont reconnu, que \e coefficient (/e (fû/ierston diminue généralement quand la température augmente, et d*autant plus que le liquide disperse plus. Le /Hmvotrdtspersif est tantôt augmenté, tantôt diminué par la chaleur, mais très peu. Voici quelques résultats relatifs au sulfure de carbone :

Tmpéraiure, 0» 4 0« 20o 30« 40»

Coefficient de dispersion,, 0,0958 0^0937 0,0917 0,9904 0,0894 Pouvoir dispersif 0,1487 0,4477 0,4463 0,4457 0,4439

MM. Dale et Gladstone ont aussi mesuré la dispersion du phosphore, au moyen de phosphore coulé et solidifié dans un prisme de verre ; ils ont trouvé 0,0238 pour le coefficient de dispersion, et 0,1781 pour le pouvoir dispersif, à 25° ; nombres bien supérieurs à ceux du sulfure de carbone et des flints les plus dispersifs. Le coefficient diminue beaucoup, ainsi que Tindice de réfraction, quand le phosphore passe à Tétat liquide ; mais le pouvoir dispersif diminue très peu ; il devient 0,1745, et le coefficient, 0,1878.

SOOS. Premières reehereliea sor raehromatlsaie. — Newton, à la suite d'expériences faites avec des prismes de verre, d*eau et d'essence de térébenthine, avait admis que la dispersion était proportionnelle à la réfraction, de sorte qu'on ne pouvait recomposer la lumière blanche avec un second prisme, qu'en supprimant la déviation. Comme cette loi s'accordait avec Texplication qu'il donnait de la réfraction, dans son système de l'émission. Newton négligea de répéter ses expériences. Cependant, il résulte de la correspondance imprimée de ce grand physicien avec H. Oldemburgh, que ce dernier, en 1662, un siècle avant la réalisation de l'achromatisme, regardait comme possible de corriger les effets de la dispersion des lentilles, en interposant un liquide convenable entre deux ou plusieurs verres i. Euler, en 1754, considérant que l'œil est formé de plusieurs milieux, et que les objets s'y peignent sans couleurs, pensa qu'il était possible d'obtenir des lentilles achromatiques; mais il supposa que la relation entre la dispersion et la réfraction était la même pour tous les milieux. Il trouva, par le calcul, une loi satisfaisant aux conditions cherchées, et prouva qu'elle était la seule qui pût y satisfaire. Les artistes s'empressèrent de faire des essais d'après les idées

1 Bibliothèque britannique (Sciences et arU), t. YII, p. 492.

PRISMES ACHROMATIQUES. 261

d'Euler; mais ils ne purent réussir. Cependant, un géomètre suédois, Klingenstriern, trouvait que les expériences de Newton conduisaient à un grand nombre de lois différentes et contradictoires, d'où il conclut que ces expériences ne pouvaient être exactes. Il communiqua son travail à Dollond, qui répéta alors les expériences de Newton avec un prisme de verre et un prisme d*eau à angle variable , et vit le rayon conserver une certaine déviation quand il avait ramené au parallélisme les rayons rouges et violets. Il construisit alors un système achromatique, en associant un prisme de flint et un prisme decrown. Il fabriqua ensuite des lentilles achromatiques qu'il appliqua à ses lunettes grossissantes, et pour lesquelles il prit une patente^ Alors Hall vint réclamer la priorité ; il avait, en effet, fabriqué des lunettes achromatiques, mais il gardait son procédé secret. On rapporte que, pour éviter qu'on ne devinât l'usage qu'il faisait de ses lentilles, il en confiait le travail à deux opticiens logés en deux points opposés de Londres ; or, il arriva que ces deux opticiens faisaient tailler leurs verres par le môme ouvrier, et Dollond ayant vu chez ce dernier des lentilles qui, réunies, ne donnaient pas de couleurs, fut mis sur la voie de sa découverte. Quoi qu'il en soit , le Parlement donna gain de cause à Dollond , qui avait divulgué la manière d'achromatiser les verres, et l'on s'accorde à lui attribuer l'honneur de l'invention. Les lunettes achromatiques de Dollond eurent un très grand succès, et une foule de géomètres s'empressèrent d'appliquer le calcul à la recherche des angles des prismes , ou des courbures des lentilles satisfaisant aux conditions de l'achromatisme, pendant que les expérimentateurs s'appliquaient à mesurer les constantes qui entrent dans les formules.

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