‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 69 sur 195 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

S i. DE U VISION SIMPLE.

L Deserlptim de ForgaiM de la vue et mceanieiiie de la Tlsien.

iKf tt. La vision est le phénomène par lequel nous connaissons, au moyen de l'organe de la vue, la forme, les couleurs et, en général, toutes les qualités des corps qui dépendent de la lumière. Une simple impression produite par la lumière ne constitue pas la vision. Ainsi, on ne voit pas, quand on reçoit dans Tœil la lumière qui a traversé une feuille de papier ou du verre dépoli; il faut, pour qu'il y ait mton, que Ton puisse discerner la forme et les détails des corps lamîneux ou éclairés. — La vision peut être simple, quand l'organe de la vue est abandonné à ses seules ressources, ou composée^ quand l'organe est aidé par des instruments d'optique destinés à en étendre les limites. Nous allons d'abord nous occuper de la vision simple.

IBf 36. Aipparell de la vision ches rhonine. — L'appareil de la vision chez l'homme consiste principalement en deux globes NT (/?^. 1589) contenant différentes humeurs. Ces globes sont logés dans des cavités pyramidales, formées par certains os du crâne et de la face, et nommées orbites de l'œil ; ils sont préservés du contact des parois osseuses par des masses de graisse. Trois paires de muscles impriment à chaque globe NT {fig. i589) divers mouvements sur lui-même. Les muscles droits^ au nombre de quatre, le meuvent, les uns, m,m, dans le plan vertical, les autres dans le plan horizontal, avec une amplitude de IlO"" environ. Les deux muscles obliques le font tourner autour d'un axe dirigé d'avant en arrière; ils sont dirigés obliquement, celui qui se trouve du côté du nez étant plus haut que l'autre. Le globe de l'œil est retenu dans son orbite par ces six muscles, et aussi par une membrane aa qui adhère à sa surface antérieure, et se rattache à la partie interne des paupières pp. Cette membrane, nommée conjonctive, se replie sur elle-même quand celles-ci se ferment, et dans ce mouvement elle étend sur la surface antérieure de l'œil un liquide aqueux destiné à l'humecter, et sécrété par la glande lacrymale, située derrière la conjonctive, à la partie externe et supérieure du globe de chaque

œil. L'excédant de ce liquide se rend dans les narines par un petit canal qui s*ouvre à Tangle interne des paupières. Quand la sécrétion est trop abondante, comme cela a lieu sous Tinfluence des émotions de fâme, ou par l'action de Tair froid, de vapeurs irritantes, ce liquide déborde et forme les larmes. Les sourcils arrêtent la sueur qui découle du front, et interceptent la lumière qui vient d*en haut ; la saillie osseuse de l'arcade sourcilière préserve le globe de tout choc. Les cils arrêtent les impuretés qui flottent dans l'air et qui viendraient ternir la surface de la conjonctive, et y produire une irritation douloureuse.

Sf37. DeseripUoB du globe de l'œil. — La figure 1589 représente une coupe du globe de l'œil par un plan vertical, avec des dimensions à peu près doubles de la grandeur naturelle. Ce globe est formé d'une enveloppe

Fig. 1589.

composée de deux parties de courbure différente. L'une m, très résistante, blanche, opaque, forme la plus grande partie de l'enveloppe ; on la nomme cornée opaque ou sclérotique. L'autre, T, d'un moindre rayon, placée en avant, est transparente et incolore ; on peut sentir la saillie qu'elle forme, en appuyant le doigt sur la paupière abaissée et faisant mouvoir l'œil ; on la nomme cornée transparente. Ces deux parties de l'enveloppe, de structure différente, sont soudées l'une à l'autre par leur bord taillé en biseau; on peut les séparer, après la mort, par la macération.

Iris, papuie. — Derrière la cornée transparente est tendue verticalement la membrane de Viris ti, diaphragme circulaire, coloré en brun, bleu ou gris, et formant la prunelle, autour de laquelle on aperçoit une partie de la sclérotique formant le blanc de l'œil. La membrane de l'iris est formée de fibres rayonnantes transparentes ; son opacité et sa couleur proviennent d'une membrane très mince, Yuvée, qui la tapisse en dedans, et sur laquelle on distingue des dessins irrégulièrement rayonnes, formés par un lacis très délicat de nerfs et de vaisseaux. La membrane de l'iris est percée d'une ouverture circulaire nommée pupille. Cette ouverture peut s'agrandir par la contraction par plisse-

DESCRIPTION DE L'œiL. 301

ment des fibres rayonnantes de l*iris, et se rétrécir par la contraction de fibres circulaires formant un bourrelet sur son contour du côté interne. Les fibres de riris sont excitables par l'électricité ; seulement, au lieu de se contracter brusquement, comme les fibres musculaires, elles le font avec une lenteur caractéristique.

Cristallin. — Derrière la pupille se trouve le cristallin L, corps lenticulaire transparent, assez mou, et dont la face postérieure est plus convexe que Tantérieure. Il contient de Talbumine et de la gélatine en quantités telles qu'il se coagule entièrement dans Teau bouillante. Il est formé de couches superposées, figurées à part en C, dont l'indice de réfraction va en augmentant de Textérieur à l'intérieur. Suivant Brewster et Gordon, l'indice des couches extérieures est 1,377, celui des couches moyennes 1,386, et celui des parties centrales 1,399. Le cristallin est enveloppé d'une membrane mince, qui forme la capsule cristalline ; il est souteuu, sur son contour, par une membrane plissée, la couronne dliaire, dont les plis triangulaires se nomment procès ciliaires. La ligne droite, qui passe par le centre de la pupille et le centre de figure du cristallin, forme Vaxe de /'œi/.

Cbambres de i*œil. — Le cristallin et la couronne ciliaire divisent l'œil en deux parties inégales nommées chambre antérieure et postérieure, La chambre antérieure est remplie d'un liquide, Yhumeur aqueuscy qui n'est que de l'eau contenant de très petites quantités de gélatine et d'albumine. Son indice de réfraction, 1,337, ne dépasse que de 0,00t environ celui de l'eau. La chambre postérieure est remplie d'une substance incolore , parfaitement transparente ayant la consistance d'une gelée tremblante ; cesiVhumeur vitrée, ou corps vitréy dont l'indice de réfraction est 1,339.

HyaioTde. — Le corps vitré est enveloppé par une membrane transparente très délicate, Yhyakïde, dont une partie recouvre le cristallin pour former la capsule cristalline. Demour, en 1*741, a annoncé que l'hyaloîde envoie des replis multipliés à travers le corps vitré, de manière à le soutenir sans que ses parties supérieures compriment les parties inférieures. Mais ce fait a été contesté depuis, et on n'est pas d'accord sur la structure du corps vitré, que certains physiologistes supposent formé de couches concentriques.

Choroïde. — L'intérieur de la sclérotique est tapissé par la choroïde, membrane mince sur laquelle est appliquée l'hyaloîde, et qui est garnie de fibres et de vaisseaux par lesquels elle adhère à la sclérotique ; sa face antérieure est recouverte d'un pigmentum noir. Les procès ciliaires appartiennent à la choroïde ; on peut donc dire que c'est par cette membrane que le cristallin est fixé par son contour. Elle s'étend en avant sur la partie postérieure de l'iris, où elle constitue Yuvée qui lui donne sa couleur ^

Rétine. — La partie la plus importante de l'œil, celle qui reçoit l'impres-

1 Ce pigmentum noir manque chez les albinos ; il en résulte que le fond de leur œil se voit à travers la pupille^ et parait rouge.

sioD de la lumière, est la réline. On nomme ainsi nne membrane nerveuse, formée par l'épanouissement d*un gros nerf, le nerf optiqiie N qui traverse la sclérotique et la choroïde, sur lesquelles il étale ses fibrilles RR, en formant un réseau très délicat. Ce nerf, qui sort du cerveau et appartient à la deuxième paire, entre dans Toeil latéralement, du côté du nez.

Le tableau qui suit contient les dimensions et les rayons de courbure moyens des différentes parties de Fœil humain.

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