‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 70 sur 195 · MILLIMÈTRES · texte numérisé non relu

MILLIMÈTRES

NOMS

ta OKBRTATKCB».

Profondeur de l'œil.

Petit.

PeUt.

Krause.

Peut.

Krause.

Krause.

PeUl.

Peut.

Peut.

Krause.

Krause.

Petit.

Peut.

Sclérotique )

Rayon do courbure

Épaisseur

Rayon de courbure

Épaisseur

Iris et pupille ^

Distance à l'iris

Diamètre de Tiris

Diamètre do la pupille . . .

Distance au cristallin . . .

Diamètre .

Épaisseur

CrisUillin

Rayon antérieur

Rayon postérieur

Les rayons de courbure ont été évalués en supposant que les surfaces appartiennent à des sphères ; ce qui n*est vrai qu'approximativement. Il résulte des mesures de MM. Chossat, Krause, Vallée..., qui ont mesuré les distances des différents points de ces surfaces à un plan perpendiculaire à Taxe de Tceil, qu'elles appartiennent à des ellipsoïdes à peu près de révolution autour d'un axe dirigé d*avanten arrière.

S488. ■«eanisne de la vision. — Considérons un objet A (/?^. 1589) situé à une distance assez grande de Tœil ; les rayons qui, partis de ses différents points, entreront par la pupille, ayant à traverser différents milieux terminés par des surfaces à peu près sphériques, iront former sur la surface concave de la rétine une image renversée de Tobjet A. Pour construire cette image, il faudra mener des différents points de A, des axes secondaires passant par le centre optique o du système lenticulaire composé du cristallin et du ménisque formé par Thumeur aqueuse ; centre optique qui, d'après Volkmann et M. Vallée, est situé dans le corps vitré, à une petite distance du cristallio.

FOBMATION DfcS IMAGES DANS L* ŒIL. 303

Nous obtiendfons ainsi le lieu de Timage très petite de l*objet. Cette image est renyersée, et chacun de ses points étant le foyer conjugué d*un point correspondant de l'objet, la rétine sera impressionnée par la lumière qui y est concentrée, et l'impression se transmettra jusqu'au cerveau par l'intermédiaire du nerf optique.

iTéHlleatloii par l'expérience. — Le phénomène de la vision consiste dans la formation de l'image au fond de l'œil ; l'existence de cette image peut se constater directement : on prend un œil fraîchement extrait du cadavre, et, après l'avoir débarrassé des muscles et des masses de graisse qui l'enveloppent, on amincit la partie postérieure de la sclérotique, au point de la rendre translucide. On engage ensuite l'œil ainsi préparé dans une ouverture pratiquée au volet d'une chambre obscure, et l'on voit, à travers la rétine et la sclérolique, l'image renversée et très petite des objets extérieurs. — On peut encore procéder en pratiquant à la partie supérieure de la sclérotique, une ouverture par laquelle on regarde en dedans à travers le corps vitré , l'image formée , sur la rétine. Magendie a eu l'idée d'expérimenter avec des yeux d'animaux albinos, par exemple, de lapins blancs, dont la sclérotique est translucide, de sorte qu'il n'y a qu'à enlever les muscles et la graisse.

%\%%, Les philosophes de l'antiquité n'avaient sur la vision que des opinions erronées. Les pythagoriciens supposaient un feu invisible allant de l'œil palper les objets ; c'était le «ouZ/Ze vûue/ des stoïciens. Leucippe suppose des images ou simulacres des objets, flottant autour d'eux, et allant a l'âme en passant par l'œil. Empédocle admet des effluves partant à la fois des corps et des yeux et allant les unes vers les autres. Démocrite, qui regardait la lumière comme une émanation des corps, vise plus juste, quand il dit que l'humeur de l'œil forme un miroir dans lequel se peignent les objets. Euclide, Ptolémée, Héliodore, dont il nous reste quelques fragments sur l'optique, considèrent un cdne de rayons partant de l'œil et enveloppant l'objet. Galien a fait faire un grand pas à la question, en découvrant le point'de départ des nerfs dans le cerveau, distinguant les nerfs des sens, et en particulier le nerf optique, dont la rétine est une expansion qui arrive jusqu'au ^/acia/ (cristallin), qui se trouve en être ainsi la terminaison. Mais il regarde le cristallin comme l'organe qui reçoit l'impression, erreur qui a régné pendant longtemps dans la science, et que l'on enseignait encore plus de cinquante ans après la découverte des images faites au fond de l'œil. Alhazen, puis Vitellion et Maurolicus, reconnaissent le r6lk de la réfraction dans la vision, mais aucun d'eux n'arrive encore à la formation des images. Porta compare l'œil à une chambre noire zimpU, dont la pupille serait l'ouverture, et le cristallin l'écran sur lequel irait se former l'image. Léonard de Vinci avait déjà émis une idée semblable et reconnu que l'image devait être renversée. Enfin, Kepler, après l'invention de la chambre noire à lentille, dévoile le rdle du cristallin, et découvre la formation de l'image sur la rétine, après avoir été longtemps arrêté par la difliculté qu'il trouvait à l'admettre renversée. Certains auteurs lui attribuent d'avoir, le premier, vérifié le fait par l'expé-

rience. Du reste, la préoccupation de vouloir l'image droite a coDtribné à faire dévier de la bonne route Alhazen et d'autres physiciens, qui avaient tellement approché de la découverte, qu'on est étonné qu'ils n'aient pas su faire le dernier pas.

La découverte des images formées sur la rétine est un fait immense, et constitue une des plus belles découvertes de la physiologie des sens. Mais si le fait en lui-même nous donne la clef du mécanisme de la vision, il reste à expliquer un grand nombre de circonstances relatives au mode de formation et à la netteté de l'image, et à la manière dont nous pouvons rapporter les impressions reçues par la rétine à la cause extérieure qui les engendre. Noos allons passer en revue ces différents points. Ce sujet présente de nombreuses difficultés, les expériences étant très délicates et souvent impossibles. Divers mathématiciens, MM. Sturm, Vallée, Gauss, Bessel, ont traité la question par l'analyse, en partant des courbures des surfaces de séparation des milieux que . renferme l'œil, des indices de ces milieux et de la structure du cristalKn ; mais ces données sont assez incertaines; aussi ces travaux, très remarquables au point de vue mathématique, n'ont-ils que peu ajouté à nos connaissances relatives aux conditions physiques de la vision.

n. Be la D6ttot6 de rtmage et des eendittens de la léraatleiL

Sf40. L*œll est déponrrn d'abemition de sphérielCé. — Nous admettrons, avec tous les physiologistes, que la perception est nette quand l'image sur la rétine est nette, et réciproquement ; et nous considérerons toujours, si ce n'est quand nous avertirons du contraire, des yeux à l'état normal, c'est-à-dire ne présentant aucun de ces défauts que l'on rencontre si souvent parmi les gens d'étude, qui fatiguent outre-mesure un organe délicat ayant Isesoin, plus que tout autre, d'un repos fréquent et prolongé.

Le premier point à remarquer, c'est que l'œil est dépourvu d'aberration de sphéricité; car les images se forment avec netteté sur la rétine, comme l'atteste la facilité avec laquelle nous distinguons les détails des objets qui ne sont ni trop petits, ni trop éloignés ou trop rapprochés. Cette perfection des images tient à trois circonstances : \^ aux courbures de la cornée et des faces du cristallili, qui appartiennent à des ellipsoïdes (2i37) ; â^ à la présence de h membrane de Tiris, diaphragme à ouverture variable, qui arrête les rayons trop écartés de l'axe du cristallin ; 3<» à la forme concave de la rétine (199^).

Je« de la pupille. — La pupille se rétrécit quand on regarde les objets rapprochés, et s'élargit pour les objets éloignés. Il est facile de s'en assurer enseregardant dans un miroir; on voit la pupille s'élargir quand on éloigne le miroir, et se rétrécir, avec assez de lenteur pour qu'on puisse en suivre les mouvements, quand on le rapproche brusquement.

Les variations de la pupille sont aussi produites par les changements dln-

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