SENSIBILITÉ DE LA RETINE
Optomètre d'Ufun^, — AB(/î^. i595) est un tube composé de deux parties pouvant s'enfoncer l'une dans Tautre ; à l'extrémité A est un disque a percé de deux fenles auxquelles on applique Fœil ; en B est un disque h présentant une fente unique fermée par un verre dépoli que Ton tourne vers la lumière. Tant que la fente b parait simple, pendant qu'on enfonce plus ou moins les deux tubes l'un dans l'autre, la distance AB est comprise dans le champ de la vision distincte ; et dès que l'image commence à paraître double, cette distance a atteint une des limites. — Hyoung avait calculé des tables au moyen desquelles chacun pouvait, en partant des résultats donnés par l'optomètre, trouver immédiatement le verre convenable à sa vue.
Bésaitmte. — Si l'on éclaire la raie ou la fente de l'oplomètre d'Hyoung, avec de la lumière colorée, on trouve que la limite inférieure n'est pas la môme pour toutes les couleurs ; nouvelle preuve du chromatisme de l'œil (2143).
Quand on place les deux fentes a l'une au- J" dessus de l'autre , on trouve que le point de sépa- ^ ration des images ne correspond pas généralement à la même distance des disques A et B. D'où l'on doit conclure que les surfaces de l'œil ne sont pas des surfaces de révolution. C'est du reste ce que M. Plateau a prouvé directement au moyen des expériences suivantes : on regarde à une distance d'une vingtaine de pas , une croix noire dont un des bras est vertical, et Ton remarque que ce bras Fîg* i^^s.
paraît trouble pendant que l'autre est vu nettement,
ou réciproquement, suivant les individus. Si l'on incline la tête de manière que la ligne des yeux soit verticale, c'est le bras qui paraissait net qui est vu trouble, et réciproquement. Si l'inclinaison est de 45"", les deux bras paraissent également nets. Si l'on remplace la croix par un anneau, cet anneau paraît plus épais aux extrémités du diamètre horizontal ou du diamètre vertical. Les hachures rectangulaires d'une gravure étant placées verticalement et horizontalement, les premières disparaissent avant les autres, ou réciproquement, quand on s'éloigne peu à peu.
nr. Phénomènet reUtlft à U aenslbmté de U réUna.
leiSiB. De la sensibilité de la rétine. — La sensibilité de la rétine est spéciale pour la lumière : on peut pincer, déchirer cette membrane, comme l'a fait Magendie sur des animaux vivants, et même sur l'homme quand il introduisait des aiguilles dans l'œil pour l'opération de la cataracte, sans qu'ils paraissent s'en apercevoir. Certaines actions mécaniques peuvent néanmoins communiquer aux fibres de la rétine le même mode d'ébranlement que la
lumière, et alors on peut voir des lueurs dans Tobscurité. C^est ainsi qu'un coup sur l'œil, ou la secousse produite quand on éternue, font apercevoir comme un éclair qui passe à travers Torgane. — La simple pression d*un corps étroit détermine l'apparition d'une image brillante dont la forme rappelle eeUe du corps comprimant, et qui est placée à l'opposé du point comprimé, sur une droite qui passe par le centre optique du cristallin. Les images ainsi formées, nommées phosphènes, ont été utilisées par M. Serre, d'Uzès, pour étudier l'état pathologique des divers points de la rétine.
La rétine échappe en grande partie à l'action de la chaleur qui accompagne le plus souvent la lumière. Les rayons obscurs sont absorbés par les humeurs de l'œil, particulièrement par l'humeur aqueuse, qui, comme l'eau, est athermane pour ces sortes de rayons (11,733); ce qui, du reste, a été constaté directement par M. Janssen. Les rayons chimiques obscurs paraissent aussi être, aa moins en partie, interceptés. Pour le prouver, il suffirait de montrer que certains milieux de l'œil deviennent fluorescents sous l'influence de ces rayons (2087). Or, M. J. Regfiauld a annoncé que la cornée, l'hyaloîde et le cristallin sont fluorescents; il explique aussi par la grande quantité de rayons chimiques qu'elle contient, l'action dangereuse de la lumière électrique sur les yeux.
Pour que la lumière impressionne la rétine, il faut qu'elle ait une intensité suffisante. On admet généralement qu'il suffit que cette intensité soit environ ôôhîô ^^ ^^1^^ ^^s rayons de la lune. Cette limite est très vague; elle varie beaucoup d'un individu à un autre, et, pour le même individu, avec l'état de la rétine, suivant qu'elle sort du repos, ou qu'elle vient d'être excitée. Par exemple, quand on a passé plusieurs jours dans une obscurité complète, comme l'ont fait Lavoisier et d'autres physiciens pour se préparer à des recherches de photométrie, la rétine acquiert une sensibilité extrême. Une vive lumière émousse, au contraire, cette sensibilité. C'est ainsi qu'on ne distingue rien, au premier moment, quand on passe du grand jour dans un endroit sombre ; ce n'est que peu à peu que la rétine retrouve assez de sensibilité pour qu'on puisse distinguer les objets faiblement éclairés.
Si une lumière trop faible n'agit pas sur la rétide, une lumière trop vive empêche aussi de rien distinguer : on dit qu'on est ébloui ; alors la pupille se resserre fortement, pour arrêter le plus possible de rayons. C'est ce qui arrive quand, sortant d'un endroit sombre, où la rétine a éprouvé un repos relatif qui R exalté sa sensibilité, on passe brusquement au grand jour.
Point seBsibie. — Nous avons vu que l'image n'est bien nette que dans un espace très petit autour de l'axe de l'œil. Cet espace se nomme point sensible. Ce n'est pas là pourtant que la sensibilité est la plus grande. L'usage continuel de cette partie de la rétine en émousse la sensibilité. C'est pourquoi, quand on veut distinguer un objet peu éclatant, comme une comète à peine visible, une nébuleuse, une étoile très faible, il faut regarder à côté, de manière que l'image se projette à une certaine distance de l'axe, eu des points où la sensibilité est