‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 81 sur 195 · STÉRÉOSCOPE · texte numérisé non relu

STÉRÉOSCOPE

dessins d eid\ vont faire leur image virtuelle et symétrique en D. On fait en sorte que ces images se superposent, en faisant glisser convenablement sur elles-mêmes les tablettes ab, a'b\ Alors l'illusion est si frappante qu'on croit voir un objet réel à trois dimensions. L'appareil porte le nom de stéréoscope de réflexion. Comme les images sont symétriques des dessins, il faut avoir soin de placer à gauche le dessin représentant l'objet tel qu'il est vu de l'œil droit, et réciproquement.

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Fig. ^ 603— 1/6.

Fig. 4 604.

Stéréoscope de réfraction. — Cet instrument, devenu si populaire , depuis que M. Brewster, son inventeur, eut chargé en 1850 MM. Soleil et Dubosc de le construire, est représenté dans la /îflf. 1606. La fig. 1605 en représente une coupe par un plan passant par la ligne des yeux. Considérons d'abord deux prismes p, p', opposés par leur angle, qui est très aigu, et soient J, d' les deux figures formant ce que l'on appelle un dessin stéréoscopique. Les yeux étant placés en o, o', chacun d'eux ne verra qu'un seul des deux dessins, parce qu'il y a un écran qui s'étend du sommet des prismes à ht ligne de séparation des deux dessins. Les rayons lumineux qui traveïpseront les prismes, seront déviés sans dispersion sensible, de manière que les images des points d , d' se superposeront en D, où l'on verra l'image en relief de l'objet dessiné.

Au lieu de prismes , M. Brewster met en p, p' deux portions d'une même lenlille convergente , de manière que l'image est grossie comme par une loupe, et éloignée à la distance de la vision distincte.

Dans la figure 1606 les lettres sont les mêmes que dans la précédente. L'intérieur de la boite est noirci ; e est l'écran qui sépare les deux dessins, etr une petite porte garnie d'une feuille d'étain, que l'on incline de manière à réfléchir de la lumière sur le dessin. Le fond de la botte est fermé par une lame de

Fig. 1605.

Fig. 4 606. — i/S,

verre dépoli, de manière qu*on peut éclairer par derrière les dessins translucides, en tournant ce fond du côté du jour.

L* inégalité des images faites dans les deux yeux et les effets du stéréoscope qui en sont une application, ont été présentés comme formant une objection à la théorie des points identiques qui sert à expliquer la fusion des impressions dans la vision binoculaire (3162). Mais il ne faut pas oublier qu'on ne voit nettement que les points du corps, ou du dessin stéréoscopique, qui sont très rapprochés du point de rencontre des axes des yeux. En second lieu, il y a, dans les images faites sur les deux rétines, une partie commune, à laquelle s'applique sans difficulté la théorie des points identiques. Quant à la partie que l'œil droit voit seul à droite de l'objet, son image n'existe que dans cet œil ; il en est de même de la partie queTœil gauche voit seul à gauche de l'objet; il n'y a donc pas de raison pour que ces parties soient vues doubles, puisqu'elles n'existent que sur une des rétines. Il peut arriver, du reste, que la partie commune des deux images n'existe pas ; par exemple, si dans l'un des dessins il y a une droite verticale, et dans l'autre une droite correspondante un peu oblique, les images de ces droites se fusionneront dans la sensation, et l'on verra une seule droite s'élevant ou s'abaissant par rapport au plan du dessin. Si les deux droites étaient trop écartées, elles seraient vues séparément, les images faites dans les deux yeux ne se confondant plus. Par exemple, si l'un des dessins représente un triangle et l'autre un carré, on verra ces deux figures superposées. Si les deux dessins représentent des parties différentes d'un môme sujet, ces parties se verront en même temps dans le stéréoscope, et le sujet sera complété. — Ajoutons qu'il y a des personnes qui ne peuvent jouir de l'illusion du stéréoscope ; Ârago était dans ce cas. Cela tient probablement à l'inégalité de sensibilité des deux yeux.

Si90. ■•dllleatloas et applIcatloHS da stéréoseope. — Pendant longtemps on n'a guère employé dans le stéréoscope, que des dessins représentant des corps de forme simple, comme des cylindres, des polyèdres. Depuis, la photographie a fourni le moyen de faire des dessins stéréoscopiques avec une exactitude de perspective absolue, et l'on trouve aujourd'hui dans le commerce des doubles dessins de statues, groupes, monuments, vues, paysages, et même de portraits, dans lesquels on distingue au stéréoscope les reliefs , les différents plans, etc., comme si l'on voyait la réalité. Tantôt on exécute les deux photographies Tune après l'autre, en changeant la position du daguerréotype ; tantôt, comme pour les portraits, on emploie deux appareils, fonctionnant simultanément, et dont les axes doivent être d'autant plus écartés que les objets sont plus éloignés. L'écart doit être tel que l'angle des axes des chambres noires soit égal à celui que forment les axes des yeux, quand on regarde un point placé à la distance où se forment les images superposées. Du reste, il est à remarquer que l'écart des deux daguerréotypes peut varier notablement, sans que les images obtenues cessent de produire dans le stéréoscope

STEREOSCOPE.

Fig. ^607.

llllusion qu'on en attend ; aussi dispose-t-on ordinairement les appareils approximativement.

Ainsi aidé du secours de la photographie, le stéréoscope est susceptible de nombreuses applications. Les portraits stéréoscopiques sont devenus populaires en Allemagne. Dans le même pays on a publié des ouvrages scientifiques à figures stéréoscopiques, sur la géologie. Un stéréoscope, en forme de double lorgnette de spectacle, inventé par M. Duboscq, est joint à chaque exemplaire. — On peut, au moyen du stéréoscope, voir en relief et grossis , les petits objets d'histoire naturelle photographiés sous deux points de vue, et pro jetés sur un écran, au moyen d'une lentille, comme dans le microscope solaire. On emploie , dans ce cas, un stéréoscope à réflexion totale, dû à M. Brewster et construit par M. Duboscq. Les rayons , partis des dessins d, d' (fig. 1607), se réfléchissent enr, r' dans les deux prismes P, P' , et viennent en o , o' , où sont placés les yeux, de manière que les prolongements de ces rayons se rencontrent en D, où les images se superposent. Des lentilles /, /' servent à grossir les images observées , et en faisant varier leur distance aux prismes, on ajuste l'instrument pour chaque vue, d'après la distance du dessin. 11 est à remarquer que la réflexion donnant aux images une position symétrique, on doit placer du côté gauche l'image destinée à l'œil droit, et réciproquement.

Stéréoscope paHoramlqne. — Les deux dessins devant être placés l'un à côté de l'autre, ils ne peuvent avoir que de faibles dimensions dans le sens latéral. Pour les monuments, les vues qui s'étendent beaucoup en largeur , M. Duboscq a imaginé différents stéréoscopes panoramiques. Considérons, par exemple, le stéréoscope (fig. 1606) dans lequel on introduirait les deux dessins perpendiculairement à la ligne des yeux, ou au côté ce', le bas de chaque dessin étant tourné du côté ce. En faisant glisser ces deux dessins , on en verra successivement les différentes parties, mais elles seront couchées; il faudrait donc les faire tourner de QO"" dans leur plan ; c'est ce que l'on fait au moyen de deux prismes semblables aux prismes P, P' (fig. 1607) et tournés de manière que les faces ac, a'c' soient inclinées convenablement par rapport au plan oDo' , tout en restant verticales.

La figiart 1608 représente une autre disposition : les deux bandes dessinées sont appliquées l'une au-dessus de l'autre derrière l'écran o^. On regarde à

travers deux tubes t, t' leur image réfléchie dans deux miroirs plans m, m\ inclinés de manière que les rayons réfléchis passent par les deux tubes, et que les deux images paraissent superposées. Les tubes et le système des miroirs peuvent glisser de manière à permettre d'explorer successivement les différentes parties du dessin.

PhéHakiBtieope sféréoseoplqae. — Les deux bandes représentant on même sujet dans différentes attitudes successives et se correspondant sur les deux bandes, supposons qu'on les fasse passer rapidement devant les tubes ^ i\ et qu'on regarde dans les miroirs m, m\ à travers des ouvertures pratiquées entre ces bandes, et en nombre égal aux doubles figures ; on verra le sujet se mouvoir, en même temps qu'il semblera être à trois dimensions. Au lieu de bandes, on emploie un cylindre de carton, dans l'intérieur duquel sont les miroirs m, m\ et qui porte en dedans la double série de dessins, au milieu de

laquelle est pratiquée la rangée de trous. On réunit ainsi les effets du stéréoscope et ceux du phénakisticope.

Téieatéréoae«pe« — Quand on regarde des objets éloignés , les images formées dans les deux yeux ne diffèrent pas sensiblement; il faudrait, pour qu elles fussent différentes el que la double vision aidât à l'appréciation des reliefs, que les yeux fussent très écartés l'un de l'autre. M. Helmollz arrive au même résultat au moyen de deux miroirs obliques, éloignés l'un de l'autre, et renvoyant les rayons partis de l'objet dans deux autres miroirs rapprochés , qui les réfléchissent dans les deux yeux. Cet ensemble forme le téîesteréoscope; il fait voir en relief les objets éloignés qui, à l'œil nu, paraissent sans relief. La figure ^609 relative à un appareil construit sur le principe du téîesteréoscope nous en donnera une idée plus complète.

Cet appareil a été ima^né par M. F. Giraud- Tenions R,R sont deux prismes éloignés, qui renvoient, par réflexion totale, les rayons partis de deux dessins, sur deux autres prismes ry qui les ramènent, aussi par réflexion totale, dans les yeux appliqués à un stéréoscopey dont p^p' sont les deux prismes. Avec cet appareil, plusieurs personnes peuvent observer des doubles dessins de grandes dimensions. On n'a plus besoin de grossir, ce qui a l'inconvénient de faire ressortir les défauts et produit cette apparence de plâtre qoi est si désagréable avec les doubles dessins photographiques.

Si7i. PsevdoMope stèréoscopiqve. — Quand on place du côté gauche, dans le stéréoscope, le dessin destiné à l'œil droit, et du côté droit celui qui

Fig 1609.

1 Physiologie et pathologie [onctionnelle de la vision Mnorulatre, p. 622.

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