‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernementChapitre 88 sur 195 · TÉLESCOPES · texte numérisé non relu

TÉLESCOPES

à leur donner la courbure la plus favorable. D'abord, il renvoyait Timage latéralement, suivant la méthode de Newton ; mais plus tard, en 1786, il supprima le prisme et se contenta d'incliner légèrement le miroir m (/Si/. 1643) sur Taxe de l'instrument, comme l'avait déjà fait Jacques Lemaire, en 1728, de manière que le miroir, formant comme une portion d'un miroir plus grand dont l'axe principal eût été l'arête inférieure du tujau, l'image se formait près du bord de l'ouverture, où se trouvait l'oculaire, o ; c'est ce qu'il appelait frant-view télescope. W. Herschel a reconnu que la suppression de la réflexion sur le miroir plan augmentait la force pénétrante de certains télescopes, dans le rapport de 61 à 75, de manière à permettre de distinguer des astres très faibles et invisibles quand il y avait une seconde réflexion. C'est par centaines qu'il faut compter les miroirs travaillés par W. Herschel. il en a construit 200 de 2», 13 de foyer ; 150, de 3" ; 80, de 6«. Après avoir fait de nombreuses découvertes dans le ciel, il entreprit un miroir de 10" de foyer ; puis , encouragé par le roi Georges III, il en commença, en 1785, un de 12 mètres, qui fut terminé et amené à sa dernière perfection en 1789. Ce miroir avait 1 ■',47 de largeur. Il rassemblait tant de lumière, que la nébuleuse d'Orion produisait le même éclat que l'atmosphère en plein midi , et qu'on put porter le grossissement à 6000 fois en diamètre, et même à 6652 ; ce qui dépassait de beaucoup les limites que l'on avait cru devoir • pjg, ^^43

assigner aux grossissements possibles, parce

qu'on croyait que les pinceaux émergeant de l'oculaire , dont la section est d'autant plus petite que le grossissement est plus fort, ne pouvaient former d'image nette sur la rétine quand ils étaient trop fins. Du reste, ce n'était qu'après une contemplation assez longue d'un même objet, qu'on pouvait parvenir à voir nettement avec de semblables grossissements. Le miroir m (fig. 1643) était placé au fond d'un tuyau en U)le, soutenu par un système de mâts inclinés, portés eux-mêmes par une plate-forme de 13 mètres de diamètre, pouvant tourner sur 24 rouleaux. Un système de cordages et de poulies permettait de faire varier l'inclinaison du tuyau, et Tobservateur se plaçait dans une petite galerie suspendue à son ouverture. On trouve dans VHistoire des mathématiques de Hontucla, t. III, un dessin de cette immense machine, qui était installée dans un jardin, à Slough, entre Londres et Windsor, le lieu du monde, comme on l'a dit, où il a été fait le plus de découvertes dans le ciel.

Lord Rosse a construit, en 1842, à Birr ou Parsonstown, en Irlande, un télescope dont les proportions dépassent de beaucoup celles du grand télescope d'Herschel. Le miroir a 1»,83 de largeur et 16'»,76 de foyer. Il pèse 3800 kil. Lord Rosse, qui l'a travaillé lui-même, par des procédés de son invention, a dû, pour faire disparaître l'aberration, s'éloigner un peu de la forme sphérique,

382 DE lA VISION.

mais d'une quantité tellement faible qu'elle ne va qu*à O'^B'fOOSd prés du bord. Le tuyau, en bois cerclé de fer, pèse 6600 kil., ce qui fait, avec le miroir, 40400 kil. Il est installé entre deux murs parallèles au méridien, entre lesquels il peut s'incliner plus ou moins et recevoir un mouvement latéral, au moyen de chaînes passant sur des poulies et s'cnroulant sur des treuils. L'extrémité inférieure du tuyau repose sur une pièce à charnière en fonte à double mouvement, fixée sur un massif en pierre fondé profondément K

SSiS. Télescopes à miroir de verre. — M. L. Foucault a récemment rappelé fortement l'attenlion sur les télescopes à réflecteurs, en substituant aux miroirs métalliques, des miroirs de verre argentés qu'il travaille de manière à faire disparaître toute aberration de sphéricité. Après avoir donné au miroir la forme sphérique, il lui donne peu à peu une forme elliptique de plus en plus allongée, par des relouches successives et locales. Un point lumineux étant

placé un peu en deçà du centre, il polit la surface du miroir jusqu'à ce que l'image focale, qui se forme un peu au-delà du centre , soit bien nette ; puis , rapprochant le point lumineux, du miroir, il recommence l'opération de manière à lui donner une forme elliptique plus allongée ; et ainsi de suite , jusqu'à obtenir la forme parabolique. Ces miroirs , argentés en dedans par les procédés chimiques , donnent une netteté et une clarté surprenantes. D'après M. Steinheil , qai a, de son côté, eu l'idée des miroirs en verre argenté , la proportion de lumière réfléchie est environ trois fois plus grande, sous l'incidence de i5^, qu'avec les meilleurs miroirs en alliage ordinaire. M. L. Foucault a constaté qu'un de ses miroirs ayant 11"" de diamètre et 52*« de foyer, supporte un grossissement de 150 à 200 fois, avec une lumière suffisante pour les objets terrestres. Un réfracteur équivalent devrait avoir 9'='" de diamètre, et être deux fois plus long ; il coûterait plus du double. Avec un miroir de SS^'* de diamètre seulement et de 2°',25 de foyer, monté à la manière de Newton (2209), on a pu dédoubler l'étoile bleue qui accompagne 7 d'Andromède ; résultat qui ne pouvait s'obtenir qu'avec les plus grands réfracteurs. Ajoutons que M. Foucault emploie, au lieu de l'oculaire ordinaire, un microscope composé, de manière à ne pas introduire de nouvelles aberrations dans une image qui en est complètement exempte.

M. L. Foucault a construit pour l'observatoire de Paris un grand télescope

Fig. 4 644.

Bibliothèque universelle de Genève (4845), p. 57

TÉLBSCOPES.

de 80«" de diamètre et de 5« de foyer (fig. 4645), qui a élé envoyé à la

succursale de Marseille. Un autre tout semblable doit être bientôt installé à

rObservatoire de Toulouse. Ces magnifiques instruments, qui sortent des

ateliers de M. Secretan, sont

montés parsUatiquement, c*est-à-

dire de manière à suivre les astres

dans leur motivemenl diurne. La

figure Ui44 donne une idée de

la disposition adoptée. A8 est

une plate-forme parallèle à l'équa-

teur, et pouvant tourner autour

de son centre sur des galets.

Deux montants m, supportent

le tuyau, qui peut s'incliner

Fig. 1645.

plus ou moins, o est Toculaire, et c un chercheur. Quand l'astre se trouve dans le champ de l'instrument, on le lui fait suivre soit en faisant tourner la vis sans fin V au moyen de la baguette 6, soit, comme dans l'appareil {fig. 4645), en faisant agir un mouvement d'horlogerie.

384 STSTÈMB DES ONDULATIONS.

ssf 4. neroseope eatadieptriqve. — Si Ton forme Fimage réelle et agrandie du microscope composé , au moyen d*un miroir au lieu d'une lentille, on a le microscope catadioptrique. Avec cet instrument, Fobjet est très éloigné de Textrémité du tube, ce qui permet de Téclairer facilement en dessus.

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