EXEMPLE
Une once (3 grammes) de marne bien sèche et finement écrasée s'est réduite à r d'once après avoir été passée à l'eau-forte!
Ces I d'once, après avoir été lavés jusqu'à ce que l'eau sorte claire , se réduisent à d'once ; j'en conclus que la marne contenait ^ de chaux, { d'argile, et ^ de sable.
Donc c'était une marne ariiileuse.
On conseille assez généralenient de se ser- \w de vinaigre pour essayer les marnes; mais je puis vous assurer que cela n'est pas bon, il vaut mieux acheter pour cinq sous d'eau-forte, et cela suffit pour faire l'essai dont je viens de vous parler.
Les marnes sont assez communes dans la nature, on les trouve souvent à de petites profondeurs; mais quelquefois on est obligé d aller les exploiteràcentpiedset plus. Leur emploien agriculture remonte aux temps les plus reculés;, les Romains et les Grecs paraissent en avoir emprunté l'usage aux premiers habitansdes Gaules, etles phisanciens livres en font déjà mention.
Les marnes aais^ent de deux manières '• 1°. 3Iécaniquement en di^isant ou en donnant du corps aux teries véuéiales;
2^. En rendant 1 humus plus facile à absorber par les racines des ^ é^étaux. Les marnes et les terres labourables sont tellement variées, que ion ne peut point indiquer, dune manière générale, la quantité qu'il faut en répaudie sur une étendue quelconque de terrain ; mais ce que Ton doit conseiller, c'est de commencer par eu mettre peu, et par en faire l'essai sur une partie d'un champ pareillement enseaiencé, afin de pouvoir juger du bon ou du mauvais effet qui aura été produit ])ar cette marne, en se rappelant toutefois que ce nest guère qu'au bout de trois ans que le marnage produit tout ie bien quil est susceptible d'apporter dans la culture, et qu'il serait très-dangereux d"abuscr de cet amendement.
L€sce7îdresf^'ég-étatwes.l\y^i]i\ns\euvsespèces de cendres végétatives. Les unes proviennent des fours à chaux où l'on cuit la pierre avec de la houille ou charbon-deterre ; les autres sont le produit immédiat de la combustion de la tourbe ou de trèsmauvais charbon que ion brûle sous des hangards dans le seul but d'en obtenir de la cendre. C'est ainsi que la Picardie fait un commerce immense de ces cendres , connues sous le nom de cendres de Beaurain , et qui s'exportent jusqu'en Hollande. heà cendres végétatives non lessivées sont
très-actives ; il faut les employer modérément. Celles dont on a retiré l'alun ou le vitiiol ( sulfate de fer ) sont beaucoup moins dangereuses ; mais dans l'un et l'autre cas elles agissent sur les terres sous un double rapport : i". mécaniquement, en divisant îes terres fortes ; et 2**. en attaquant l'humus, le rendant soluble et facile à absorber par le chevelu ou les petites ramifications des racines On indique la proportion de 3o boisseaux ( environ 4o hectoUtres ) de ces cendrées par arpent de terre humide , froide et ai-gileuse, et dix à douze seulement sur celles qui sont sèches.
Si vous avez donc des bas-fonds marécageux où il se soit formé de la tombe , vous ferez fort bien de les saigner, d'enlever une certaine épaisseur de ce vieux gazon , de le laisser sécher , et de le brûler en tas et sur place. La cendre qui en résultera sera presque toujours fortement végétative et propre à Tamenderaent des terrains froids.
La cendre noire de Picardie n'eat autre chose que de mauvaises houilles séchées et de^enues pulvérulentes par l'action successive du soleil et des pluies. La cendre de Cologne est le produit de la combustion d'une tourbe particulière que l'on exploite aux envii'ons de cette ville.
Les cendres maj-ines et les cendres do bois, qui sont excellentes pour la culture, n'avant rien de commun avec les minéraux ,
ou ue béton liera point que je n'en fasse aucune mention.
Le sel est eucoie , comme vous le sa\ez fort bien, une exceiiente substance à jeter avec prudence sur les terres véi^étales, mais rimpot ne permet plus de l'employer à cet usage; à peine pouvez-vous en donne!" à A os bestiaux, pour lesquels il est cependant de première nécessité, si ce n'est à toutes les époques de l'année, au moins pendant ^hi^er et dans les cas de maladies.
En attendant que des ciicoiisiances plus heuieuses peruicttent au gou^ernement de diminuer cet impôt ou de le supprimer tout entier, sacbez toujours que cette substance est tres-abonda:ite dans ia nature, qu'on la retire des eaux de ia mer en la faisant dessécher au soleil ; qui! existe une foule de sources salées, dont on fait bouillir l'eau pour en retirer le sel; qu'il en existe dés rochers tout entiers, des couches dune grande épaisseur dans lintérieur de la terre, et qu'il y a de i;rands déserts arides où le sel pousse comme le salpêtre dans les caves. La plus grande partie du sel que nous mangeons en France se letire des eaux de la mer; mais il faut que "^ous sachiez que l'on a découvert à Me , département de la 3Ieurthe , en Lorraine, depuis trois ou quatre ans , de grandes couches de sel pur comme du cristal , qui ont plus de 80 pieds d'épaisseur ( 27 mètres) , et qui paraissent s'étendre fort loin. Avant cette importante
découverte on ne connaissait que les belles salines de Pologne qui offrissent le sel gemme en aussi grandes masses.
Outre les usages du sel que vous connaissez aussi bien que moi , il sert encore à préparer une liqueur acide nommée c/i/ore-, qui a la propriété de blanchir la ciie, le lin et le chanvre, en quelques heures, sanslesbrû- 1er, et en leur conservant, au contraire, toute leur force et leur solidité ; enfin le sel est un minéral si précieux que c'est encore avec lui que l'on parvient à désinfecter ies salles des hôpitaux et la chambre des malheureux qui sont attaqués de maladies contagieuses. Le sel est un don précieux du Créateur , qui nous semble presque aussi nécessaire que l'eau , car à peine cite-t on quelques peuplades errantes et tout-à-fait sauvages qui n'en connaissent point l'usage. Quelques oiseaux même recherchent cette substance avec avidité; et il y a des pays oîi l'on met ces piei-jes salées dans l'intérieur desétables à défaut de pouvoir donner du sel en nature.
L'ècobiiage est une opération qui n'est pas généralement pratiquée , elle ne convient pas même à tous les terrains ; njais elle est fondée sur une propriété de l'argile , et voilà pourquoi je dois vous en dire un mot.
Les terres grasses, entières , qui retiennent l'eau dans les sillons , qui se fendent pendant les sécheresses, et qui forment
une espèce de pâte avec l'eau , sont des terres argileuses rougeâtres comme en Liiiîousiii, ou jaunâtres comme en Normandie. Ké bien , si l'on brûle ces terres , les parties qui ont été bien chauffées ne peuvent plus se délayer dans l'eau , et quand on vient à les mé!er avec le reste de la terre, au moyen du labour, elles la di\isent, la rendent plus facile à labourer, moins entière, moins pâteuse et moins sujette à se fendre au soleil ; aussi il existe des contrées où l'on fait de petits tas de terre au niilieu desquels on met des broussailles, du gazon sec et des copeaux, et que ion allume ensuite : c'est cette opération , qui se fait en plein champ , que l'on nomme écoùuage. \ous voyez qu'elle remplit le même but que si Ion y eût apporté du sable ou du gravier, et nous ne manquons pas de pays où cela est impossible. L'urate (ist une nouvelle invention ; c'est du plâtre cuit, de la chaux et même du sable que Ion imprègne d'urine en le gâchant avec cette liqueur animale à peu piès comme on fait le mortier des maçons. Bientôt ce mélange vient à sécher ; mais , en perdant son ftumidité , il n'en conserve pas moins tous les sels fertilisans qui sont contenus dans les urines, et Ion prépare ainsi un amendement extrêmement facile à transi:orter, et qui, sous un très-petit volume , contient une grande quantité de principes fertilisans.
A Paris , l'iirale se fabrique avec du plâtre et de Tunne que l'on recueille dans les fosses mobiles et inodores, ainsi que dans les baquets placés dans les promenades publiques. On conçoit qu'un propriétaire peut fort bien manquer de plâtre ; mais il peut toujours , ce me semble , préparer un excellent urate , soit avec de la chaux , soit avec des cendrées , du sable , ou simplement de la terre-meuble, quil iiâcherait avec l'urine de ses étables et de ses écuries : de cette manière on utiliserait les jus de fumiers qui se perdent dans les rues des villages , et qui les rendent si puans et si malpropres ; il suffirait de préparer une fosse en dehors des écuries , de la remplir de plâtre , de chaux , de sable ou de terremeuble, d'y conduire les uiines des animaux au moyen d'une rigole, et de vider cette fosse aussitôt qu'on s'apercevrait que la substance en poudre ne peut plus absorber de liquide.
Le chaula ge des grains de semences a pour but de détruire la maladie contagieuse qui est connue dans presque tous les pays sous le nom de charbon, de carie, de pouriture ou de blé noir. Yotis savez comment se pratique cette opération ; mais on a imaginé , depuis quelques années , un autre moyen qui parait préférable , et qui se pratique avec succès en Suisse, en Dauphiné, aux environs de Toulouse , etc.
On prend j de livre (120 grammes) de
itrioi bleu ( sulfate de cuivre }, et on le fait fondre dans un hectolitie d'eau. On jette dans cette cuve d'eau bleuâtre un sac de blé (i hectolitre) , on le brasse à plusieurs repriscs avec un bâton , l'on enlevé avec une écumoire tout ce qui vient nager à la surface, et l'on continue à braiser et à écunier jusqu'à ce qu il ne vienne plus rien sur L'eau. On laisse baigner le «rain pendant une heure , et on le retire ensuite pour le faire sécher sur le plancliei- ou le pavé d'une chambre , pour le semer de suite ou le lendemain. Cette opération détruit la carie des grains bien plus complètement que le chauiage ancien,, et présente encore l'avantage de ne point incommoder le semeur. On a également remarqué que les pigeons ne mangent point le gi'ain ainsi préparé.
Il fuiit que vous sachiez maintenant que le vitriol l>le.> est un sel qui est composé de cuivre, d'acide suliurique et d eau, et qu'on le fabrique oi'dinairemeut ]!Our l'usage des teinturiers, des chapeliers et des tanneurs, qui le font entrer dans la cooiposition de leur teinture noire.
La belle couleur bleue de ce sel le fait distinguer de tous les autres.