‹ Traité élémentaire de rhétorique et d'éloquenceChapitre 25 sur 27 · AYJS AUX POTIERS DE TERRE · texte numérisé non relu

AYJS AUX POTIERS DE TERRE

Sur les argiles et les vernis.

Les argiles. Lorsque vous trouverez des terres qui deviennent blanches après avoir passé au feu de vos fours , ou qui prennent seulement la couleur rose ou jaune clair, je vous conseille de les faire connaître , soit aux fabricans de faïence , soit aux maîtres de forges ou aux verriers de vos environs; parce qu'en général ces terres qui blanchissent au feu sont susceptibles de lui résister, et ces argiles sont toujours très-précieuses. Il serait donc véritablement malheureux de les laisser ignorer à ceux qui en font de fortes consommations , et qui les font venir h grands frais des provinces éloignées.

La terre à porcelaine ne se trouve point en couches épaisses comme la terre commune dont vous vous servez pour la fabrication de la poterie : on ne la rencontre que dans les montaj^nes de granit, eu dét)ôt ou en aros nions n ■élancés avec deux ou trois autres substances.

Les vernis. Je vous conseille aussi , dans votre propre intéiêt , de vernisser vos ouvrages avec de la mine de plomb nommée vernis ou alkifoitx , et non pas avec de mauvaises litharges que vouspréparezvousméraes. Les jolies poteries de la Suisse,

«9 ceiles de Dieu-lc-Fit, département de la Drôme, et de beaucoup d'autre'^ fabriques, sont veinissées avec cette substance l)i'illante, couleur de plomb, et qui contient en elïet jusqu'à 70 p. 100 de plomi). Les vernis de Vienne en Daupbiné sont les plus estimés; on les \end environ 3o francs le quintal, poids de marc.

AVIS AUX FOULOAiNIERS

Sur les terres à foulon-

Les terres à foulon. Comme le choix des terres intéresse infiniment ceux qui possèdent des foulons, puisque leur qualité contribue beaucoup à la beauté des étotfes de Jaine que l'on prépare dans ces moulins , il ne sera point superflu de donner les caractères qui font distintiuer les ariziles à f lulon d'avec celb's des potiers, des faïenciers, etc.

Les ar^iiles à foulon sont iiras«>es au toucher, même avant d'avoir été humectées ; elles se polis>ent assez bien par le frottement de l'ongle, et elles se iionflent dans l'eau sans y faire une pâte lon£>ue et tenace, comme le font les aruiles à potiers . la terre a brique, etc. C'est l'argile smectique des minéraloeistes.

Parmi les terres à foulon les plus renommées, je citerai comme exemple les terres àHIssoucluii, employées dans les manufactures de Chnteauroux . de Pille - Ne m^e ,

et de Septcine , près de Vienne en Dauphiné ; du Flavin , près de Rhodez ; celles de Brick- hill, de Wcbiini , de Riegate, etc. , en Angleterre, dont l'exportation est défendue , sous des peines graves.

ÂYiS AUX PEINTRES EN BATIMENS Sur les couleurs miiiérales. •

Les diflérens genres de peintures emploient beaucoup de couleurs qui sont des produits de Tart et des manufactures:

mais iis font également usage de quelques substances minérales à peu près telles qu'on les trouve dans la nature , entre autres /t'i' blancs de Troyes, le grand blanc, le blanc carre , le blanc d' Espagne , etc., qui ne sont que de 'i'4- craie lavée ; les ocres jaunes et la terre de Sienne, qui ne sont que des terres argiio-siliceuses colorées par le fer ;

Les ocres rouges qui sont faites a\ec les ocres i au nés crdlées modérément et que Ion trouve rarement dans la nature;

La terre d'Ombre , qui vient , dit-on ^ de Cbypre et de la province d'Ombrie, ainsi que de Montenero dans la Ligurie , et qui est encore une ocre^ qui ue diiïère des autres que par sa couleui';

La terre de Cologne, qui est brune aussi. fit n'a aucun rapport avec iâ levyc dOmbre, car celle de Goiogue est combustible

jBt biùle . n laissant une cendre blanchâtre.

La terre verte de Vérone ou Baldo^ée, qui est une pierre en décomposition provenaiit de ]>îonte-i>aldo près de ^ érone, etc.

Je pourrais ajouter encore beaucoup il autres minéraux c|ui servent à la peinture à Tituile ou à la détrempe; mais comme je ne pourrais \ous présenter ici que des notions fort irapariaites à ce sujet, je préfère de vous donner l'avis de consulter l'excellent Jlanuel du peintre doreur et i^ernisseur de M. Riftault^'i) , où vous trouverez de bons renseignemens sur les couleurs naturelles et sur les couleurs fabriquées que vous employez journellement , ainsi que sur les substances que vous ajoutez à vos couleurs pour les iixer ou poui' les rendre siccatives.

Page 1