AYJS AUX POTIERS DE TERRE
Sur les argiles et les vernis.
Les argiles. Lorsque vous trouverez des terres qui deviennent blanches après avoir passé au feu de vos fours , ou qui prennent seulement la couleur rose ou jaune clair, je vous conseille de les faire connaître , soit aux fabricans de faïence , soit aux maîtres de forges ou aux verriers de vos environs; parce qu'en général ces terres qui blanchissent au feu sont susceptibles de lui résister, et ces argiles sont toujours très-précieuses. Il serait donc véritablement malheureux de les laisser ignorer à ceux qui en font de fortes consommations , et qui les font venir h grands frais des provinces éloignées.
La terre à porcelaine ne se trouve point en couches épaisses comme la terre commune dont vous vous servez pour la fabrication de la poterie : on ne la rencontre que dans les montaj^nes de granit, eu dét)ôt ou en aros nions n ■élancés avec deux ou trois autres substances.
Les vernis. Je vous conseille aussi , dans votre propre intéiêt , de vernisser vos ouvrages avec de la mine de plomb nommée vernis ou alkifoitx , et non pas avec de mauvaises litharges que vouspréparezvousméraes. Les jolies poteries de la Suisse,
«9 ceiles de Dieu-lc-Fit, département de la Drôme, et de beaucoup d'autre'^ fabriques, sont veinissées avec cette substance l)i'illante, couleur de plomb, et qui contient en elïet jusqu'à 70 p. 100 de plomi). Les vernis de Vienne en Daupbiné sont les plus estimés; on les \end environ 3o francs le quintal, poids de marc.
AVIS AUX FOULOAiNIERS
Sur les terres à foulon-
Les terres à foulon. Comme le choix des terres intéresse infiniment ceux qui possèdent des foulons, puisque leur qualité contribue beaucoup à la beauté des étotfes de Jaine que l'on prépare dans ces moulins , il ne sera point superflu de donner les caractères qui font distintiuer les ariziles à f lulon d'avec celb's des potiers, des faïenciers, etc.
Les ar^iiles à foulon sont iiras«>es au toucher, même avant d'avoir été humectées ; elles se polis>ent assez bien par le frottement de l'ongle, et elles se iionflent dans l'eau sans y faire une pâte lon£>ue et tenace, comme le font les aruiles à potiers . la terre a brique, etc. C'est l'argile smectique des minéraloeistes.
Parmi les terres à foulon les plus renommées, je citerai comme exemple les terres àHIssoucluii, employées dans les manufactures de Chnteauroux . de Pille - Ne m^e ,
et de Septcine , près de Vienne en Dauphiné ; du Flavin , près de Rhodez ; celles de Brick- hill, de Wcbiini , de Riegate, etc. , en Angleterre, dont l'exportation est défendue , sous des peines graves.
ÂYiS AUX PEINTRES EN BATIMENS Sur les couleurs miiiérales. •
Les diflérens genres de peintures emploient beaucoup de couleurs qui sont des produits de Tart et des manufactures:
mais iis font également usage de quelques substances minérales à peu près telles qu'on les trouve dans la nature , entre autres /t'i' blancs de Troyes, le grand blanc, le blanc carre , le blanc d' Espagne , etc., qui ne sont que de 'i'4- craie lavée ; les ocres jaunes et la terre de Sienne, qui ne sont que des terres argiio-siliceuses colorées par le fer ;
Les ocres rouges qui sont faites a\ec les ocres i au nés crdlées modérément et que Ion trouve rarement dans la nature;
La terre d'Ombre , qui vient , dit-on ^ de Cbypre et de la province d'Ombrie, ainsi que de Montenero dans la Ligurie , et qui est encore une ocre^ qui ue diiïère des autres que par sa couleui';
La terre de Cologne, qui est brune aussi. fit n'a aucun rapport avec iâ levyc dOmbre, car celle de Goiogue est combustible
jBt biùle . n laissant une cendre blanchâtre.
La terre verte de Vérone ou Baldo^ée, qui est une pierre en décomposition provenaiit de ]>îonte-i>aldo près de ^ érone, etc.
Je pourrais ajouter encore beaucoup il autres minéraux c|ui servent à la peinture à Tituile ou à la détrempe; mais comme je ne pourrais \ous présenter ici que des notions fort irapariaites à ce sujet, je préfère de vous donner l'avis de consulter l'excellent Jlanuel du peintre doreur et i^ernisseur de M. Riftault^'i) , où vous trouverez de bons renseignemens sur les couleurs naturelles et sur les couleurs fabriquées que vous employez journellement , ainsi que sur les substances que vous ajoutez à vos couleurs pour les iixer ou poui' les rendre siccatives.