LA PHYSIOLOG:IE DE LA RESPIRATION
On doit distinguer, dans la respiration, deux sortes de phénomènes, les uns écaniques, les autres chimiques.
PHÉNOMÈNES MÉCANIQUES, —L'inspiration et l'expiration sont les phénomènes mécaniques, dont le but est d'introduire l'air dans les poumons, puis de l'en chasser.
Une sensation, dont il serair difitile de définir la nature, nous porte à appeler l'air dans nos poumons: alors le diaphragme se contracte et, par suite, sa voûte s'aplanit ; en même temps,les muscles appropriés relèvent et reüressent les côtes au xqueiles ils sont attachés. La eavité du thorax est done agrandie,ct les poumons se dilatent d'antant, L'air qui se trouvait déjà dans la poitrine perd de sa tension, et une sorte de vide relatif se produit, que l'air extérieur vient combler en se précipitant par
les voies respiratoires, jusqu'à ce Qu'il y ait équilibre de ten sion entre l'air du dedans et celui du dehors, Tel est l'acte de l'INSPIRATION, qui se produit de quinze à dix-huit fois par minute chez l'adulte, introduisant chaque fois environ une demipinte d'air dans les poumons,
Au bout de quelques secondes, là voûte du diaphragme se relève, les museles se relâchent et les côtes s'abaissent, Lo thorax reprenant sa capacité ordinaire, les poumons se trou. vent pressés de toutes parts et, etant d'ailleurs à leur Élasticité propre, Compriment l'air qui cest refoulé au dehors: c'est L'EXPIRATION,
On compare justement le Jeu des poumons à celui d'un soufllet, dans lequel l'air n'aurait qu'une seule voie pour entrer et sortir alternativement,
I reste toujours dans les poumons une réserve d'air d'environ une pinte, même lorsque l'expiration est Porc te. Ja ealcule qu'il faut environ cinq ceuts litres d'air pour sullire, durant une heure, à la respiration de l'Homme, et, pour tout un jour, une douzaine de mètres cubes,
Le médecin pent connaître l'état des ponmons par l'œuxscultation et la percussion, L'air passe-t-il sans râle à travers les alvéoles pulinonaires, la paroi du thorax rend-elle un bruit sonore lorsqu'on ja frappe de la main ? cela indique que les poumons sont sains. Au contraire, la poitrine rend-elle un Son Mat quand elle est frappée, l'air ne circule-t-il qu'en fai. Sant entendre le bruit particulier que lon nomme “crépitation ” # On en conclut à l'encombrement des conduits où bien à l’engorsement des vésicules du poumon. L'obstriction des
voies pulmonaires résulte de l'abondance des mucosités prove. nant de rhumes, bronchites, cte, Mais ce qui est bien plus redoutable, c’est l'envahissement des parois pulmonaires par le terrible mierobe de la tuberculose : le premier effet de la maadie est de diminuer la surface baignée par l'air, qui poutant circule encore librement, Dang une phase plus avancée, des tubercules succèdent aux Premières granulations qui s'étaient
formées dans le tissu pulmonaire, puis disparaissent en laissant des vides où cavernes dans les poumons: ces accidents entravent d'aburd et empéchent à ‘a fin la respiration,
On rapporte aux phinomènes mécaniques de la respiration d'autres actes, comme Ja plonution, émission de la voix, qe nous Ctudierons plus tard ; le rire, la tou, le hoquet, le Läillement, les sanglots, ete, que l'on doit considérer comme des modifications de la respiration,
PHÉNOMÈNES CHIMIQUES.—Econtons iei Lavoisier qui, le premier, donna la vraie théorie de la respiration : “ L'opération “ qui se passe en nous est semblable à celle qui se passe dans “nos foyers, Surun combustible arrive l'oxygène, gaz com- “ burant ; la combinaison du carbone et de l'oxygène produit “ Jacide carbonique qui se désage. Le corps humain est done “un vrai foyer de combustion lente ; a vie humaine est done, “ sans figure, un flambeau qui se consume ; l'oxygène et les “ aliments se combinent, l'acide carbonique et l'ean en sont les “ produits, la chaleur en est le résultat physique.” (1)
Cependant la combrstion, c’est-à-dire la combinaison de l'oxyyène et du carbone, ne se proluit pasdans les poumons mêmes, mais plutôt dans toutes les parties du corps où se fait la nutrition. La fonction des ponmons n'est que préparatoire, en ce sens qu'elle fournit au liquide sanguin l'oxygène qu'il ira porter dans tout l'organisme.
Comment s'opère cet échange d'oxygène er d'acide carbonique, entre le sang et l'air atmosphérique ? Lorsque des liquides ou des gaz de nature différente ne sont séparés que pur une membrane, il se produit à travers cette membrane un transport de ces liquides ou de ces gaz, jnsqu'à ce: qu'il y ait équilibre de chaque côté de la cloison qui les sépare. C'est précisément le phénomène qui se passe daus la respiration, L'air, contenu dans l’alvéole pulmonaire, w’est séparé du sang des vaisseaux capillaires que par les minces parois de ces organes : le premier est riche en oxyuène, mais possède peu d'acide carboni-
C1] Cité par l'abbé J. Guibert, An stomie et physivloyie aninales,
q"e; au contraire le sang, qui porte beanconp d'acide caro. pique, man: ue d'oxy ène : ces deux gaz traversent les men l [l Y£ Es branes qui ies séparent jusqu'à ce que, de chaque côté, l'équilibre soit établi. Parvenu dans le Sang, l'oxveène se fixe sur Les CNR..
les globules rouges, qui l'emportent dans l'organisme, Quant à l'acide carbonique (résidu de la combustion opérée dans leg
tissus), qui dans le Sang étuit combiné avec les sels alealins da plasma,il s'en échappe et arrive à l'état gazeux dans l'atmosphère,
L'air que nous rejetons par l'expiration, en ontre de Pa cide carbonique qu'il contient, est aussi charvé de vapeur
d'eau (près d’une livre Par vingt-quatre heures), provena t des aliments solides et liquides, ainsi que de l'air lui-méme qui à son entrée dans les poumons était plus où moins humide ; en ontre une partie de l'oxygène absorbé s'est comlinée dans les vaisseaux avec le az hydrogène, pour former de l'eau. Toute cette Vapeur d'eau expirée s'est dégagée par une véritable transpiration puimonaire.
Quelque indispensable que soit l'oxygène dans la purification du sang, s'il arrivait daus l'organisme à l'état de pureté, il y causerait des désordres très graves ct le détruirait méme, Mais le Créateur à prévenu ce danger comme tant d'autres : de tout l'air A nous respirons l'oxysène ne forme que la cinquième partie, tout Je reste étant presque exclusivement de l'azote, gaz qui atténne les effets du premier
Comme nous l'avons dit plusieurs fois, c’est à ln présence de l'oxygène ou de l'acide Carbonique qu’il faut attribuer la différence de ecloration que l'on remarque entre te sang artériel et le sang veineux. Les classiques expériences que voici en fournissent une démonstration suffisante : Lo Il suffit d'agiter du sang noir où veineux dans un flacon rempli d'oxygène, pour lui faire reprendre anssit5t sa belle coëleur vermeille. 20 Au contraire, quand on agite dn sang artériel daus un flacon rempli d acide carbonique, on le voit devenir veineux,
On nomme ASPHYXIE la mort résultant de la suspension de la respiration. D'après tout ce que nous avons dit du rôle que remplit le sang duns l’oryanisme, et du rôle de Pair dans la révivitication du sang, on conçoit bien que l'air est indispensable à la vie de Panimal. Qu'arrive-t-il, en effet, lorsqu'il est privé d'air ou bien plongé dans un air vicié ou impropre à la respiration ? Le sang veineux revient au cœur sans s'être révivifié dans les poumons; de là il est renvoyé dans tous les organes, mais il n'est plus en état d'y entretenir la vie, Et dans ce cas l’animal meurt d'autant plus vite que sa respiration était plus active : “un Mammifère ext noyé en 3! minutes : un Moineau en 50 secondes : un Lézarl en 40 minutes ; une Grenouille en 14 heure ; des Tortues en 14 heures, ete”. (1)