CHAPITRE VIII LES ORGANES DES SENS ; LA PHONATION
“ Cette faculté que nous avons, dit (Guibert, d'être impressionnés par la matière, d'en percevoir les propriétés, d'éprouver à cette occasion du plaisir on de la douleur, constitue la sensibilite."" Plus que tout le reste, la sensibilité est le caractère
Fig. 59.—a, cerveeu et yeux ; —b, partic sous-æsophagienne du cerveau —: e, premier ganglion thoracique ; —d, les deux autres ganglions thoraciques réunis en une masse unique ;—e, nerfs qui en partent ;—/, partie abdominale de la chaine ganglionnaire et ses principaux nerfs.
Fig. 60.—Anatomi: de L'Huiître :—-s8, bouche ;—e, estomac :—i, i canal intestinal ;—a, anus ;—g. g et b, cerveañ et ganglions œsophagiens. Les filets nerveux qui en partent sont représentés par des lignes noires.—’, ganglion sousintestinal, répondant au ganglior soûs-æsophagien des autres mollusques et des animaux articulés ;—mt, bord frangé du manteau, auquel se rendent des filets nerveux issus du ganglion précédent ;—bb, branchies, dont on n'a conservé que les portions terminales. {Paul Gervais.]
qui est de l'Homme dans le monde extérieur les éléments de sa vie intellectuelle, On nomme SENS les facultés qui permettent à notre âme
végétal et minéral, Le Créateur n'a pas jugé nécessaire de disposer l’animal
Fig. 62.— Coupe verticale’de la peau.
distinctif du règne animal, et le sépire nettement de; rè: es
de façon à ce qu'il perçoive toutes les proprittés de la matière, L’orcilie, jar exemple, reste insensible aux vibrations trop rapides ou trop lentes ; l'œil n'est plus impress'onné par les ondes lumineuses correspondantes aux parties extrèémes du spectre solaire, Dieu a tronvé suflisant de pourvoir les êtres animés des moyens de veiller à leur conservation, et, en outre, jour ce spéc'alement, des moyens de recueillir
de recevoir l’impression des objets extérieurs.
Les ORGANES DES SENS sont les instruments destincés à percevoir cette impression.
Ou distingue, chez l’ITomme et la plupart des animaux, cinq sens, qui sont :
le toucher, le get, Podorut, loute et la vue.
Les trois pre.
miers, qui ont entre eux des goints de res-
Fig. 62.—1, épiderme ;—2, derme :—?, 4, vaisseaux sanguins dans le derme ;—%, tube de Ja glande sndoripare ;—6, intgalités de l'épiderme, correspordant aux sillons du Cerme ;—7, corpuscules du tuct :—, capillaires sanguins ;— —9, glande sébacée à la racine du poil;—:0, rs cine du poil. Ë
semblance, servent plus particulièrement à l'exercice de la vie végétative ; l'œil et lorville se rappoitent davantage À la vie intellectuelle,
lo SENS Du TOUCHER
Il y a le toucher P'oprement dit, qui s'exerce avec intention, et le fact on touch:-r passif, «ui résulte des impressions produites par les objets extérisurs sur la surface du corps: Les deux ont la peuu pour organe,
La PEAU, qui enveloppe tout le corps, se compose de deux rarties distinctes : l'épiderme et le derme,
L'ÉPIDERME, enveloppe légère du derme, est formé de cellules épithéliales, dont les plus extérieures se dessèchent et tombent : l'épiderne se renouvelle donc sans cesse, Les cellules plus profondes de l'épiderme,qui constituent la muqueuse, se multiplient rapidement afin de remplacer celles de la surfrce que ‘létachent constamment le lavage ou le frottement.—La coloration de la peau provient d'un pigment sécrété par la muqueuse de l’épiderme. Chez les Blancs, ce pigment est presque incolore ; mais l’iñsolation où d'autres accidents peuvent amener la sécrétion d'un pigment plus où moins foncé, et donner ainsi à la peau la couleur brune. En général, ch:z les Blancs, la teinte du visage a pour cause la combinaison formée par le blane du derme et le rouge du sang. Lorsque le sang
se retire des vaisseaux du derime, le visage devient pâle, — Dans l'épiderme, il n'y a pas de nerfs ni de vaisseaux. Il devient plus épais par le contact fréquent d'objets durs ; aussi les ouvriers ont habituellement les mains calleuses.
Le DERMS, qui est la conche la plus profonde de la peau, est comme une sorte de feutre composé de fibres de tissu musculaire et de tissu conjonctif, On y voit aussi des vaisseaux sanguins qui entretiennent la vie des éléments, et des filets nerveux qui aboutissent à l'épiderme où dans les corpuscules du tact ]Fig. 62, 7].— Entre le derme et les organes qu'il re- Couvre, se trouve un tissu cellulaire peu dense où s'accumule
la graisse et qui, chez certains animaux, constitue le lard.—Préparé par le tannage, le derme devient le cuir,
Si l’on enlève l’épiderme, on observe sur la surface du derme un grand nombre de trous et de petites aspérités. Aux premiers correspondent les GLANDES, dont il y a deux sortes, dans la peau : les glandes sudoripures, dont les canaux conduisent par les pores la sueur jusqu'à l’épiderme [Fig. 62, 5] et ls glandes sébacées [‘], réunies à la base des poils et leur conservant leur souplesse par la matière graisseuse qu'elles sécrètent.— Les jetites aspérités ou éminences du derime, que l’on noïnine PAPILLES, reçoivent soit les vaisseaux sanguins, soit en même temps les vaisseaux et les nerfs, Il est remarquable que les “corpuscules du tact ” abondent surtout à la paume de la main et dans la troisième phalange des doigts.
Outre les glandes et les papilles, les autres appendices de la peau sont les ongles, les cornes, les poils, les plumes, les
écailles, etc.
Les ONGLES, lames cornées qui recouvrent la dernière pha. lange des doigts à la surface externe, sont sécrétés par l’épider. me ; ils croisent par leurs: racines et par toute la surface de la peau à laquelle ils sont attachés. Allongés en pointe, chez divers animau, ils devienuent des griffes ; enveloppant l’extrémité du doigt, chez d'autres animaux, ce sont des sabote, Les CORKES des ruminants ont aussi la même composition chimique que les ongles.
Les roirs, c'est-à-dire les cheveux, la barbe, le duvet, otc., diffèrent beaucoup, dans ies divers âges et suivant les races, par les dimensions, la couleur, l’abondance.—Le poil [Fig, 6?, 10] est formé de trois couches superposées : au centre, la moelle, dont les cellules sont remplies d'air ; l'écorce, culorée par ün pigment spécial ; et, en dehors, la cuticule, qui est comme lépiderme du poil.—La cavité dans laquel.e le poil est implanté se nomme follicule, Au fond de cette cavité, ilya le bulbe pileux, où se forment très rapidement de >uvelles cellules qui se lient les unes aux autes et
constituent ainsi une chaîne tenace, en poussant les clluies plus anciennes. Comme on le voit, les poils s’aceroissent par la racine —Js muscles, attachés à la racine du poil, soulèvent, en se contractant sous l'intluence du froid où de la crainte, les follicules pileux : il en résulte ce que l’on nomme “ chair de poule ”,
Les PLUMES, qui recouvrent le Cotps des Oiseaux, sont fure imées d’une lampe on axe entra, et de barbes et burbules qui y sont attachées,
Chez les Pc: ons, la peau est recouverte d'ÉCAILLES, Les Crocodiles, les Tortues, etc., ont la puau encroûtée de plaques osselises,
LE MÉCANISME pu TOUCHER--Ce sont les papilles ner- Veuses qui jouent le plus grand rôle dans le sens du toucher ; plus elles sont n nnbrenses, plus l'épiderine qui les recouvre est de mince épaisseur, plus aussi In sensation est parfaite, Lu main de l'Homme, surtout au bout des doigts, est à c:t égard merveilleusement organisée,
Toute sensation résulte des trois conditions suivantes 10 ébranlement de l'extrémité des tilets nerveux ; 2c transmission au cerveau de cet ébranlement : 30 application de l'attention à l'objet qui a provoqué l'impression reçue, L’absence de cette dernière Condition explique qu'un homme complètement absorbé par une occupation quelconque peut nc pas s'apercevoir du froid, ete.
La pression, l'efort musculuire, la température sont particulièrement l'objet du toucher, Un excès dans les im pressions tactiles produit Ja douleur. —Les nerfs sensitifs, par sui:e de l'appauvrissement du liquiie sanguin, donnent lieu aux sensations de la faim et de la SOIT.
LE TOUCHER DAXS LA SÉRIE ANIMALE—‘“Le sens du toucher existe dans toute ja série animale, mais les organes sont différents, Le Singe se sert de sa main, l'Eléphant de sa trompe, le Chat des poils raides de si ivvre supérieure, :es Chau- Ves-Souris des membranes de leurs ailes, les reptiles et les viscaux de leur langue, soavent bitile ou divisée en deux laniè:es, Les poissons de leurs lèvres où de leurs barbillons, les
insectas de leurs antennes, les mollusques de leurs tentacules etc”. (Zoologie, par F. J.)