PRINCIPAUX TISSUS ÉLÉMENTAIRES
Nous avons étudié brièvement les éléments qui composent les organes de l'animal : les cellules, les fibres et les humeurs, L'association de ces éléments est ce que l'on désine Sous le nom de TISSU, ee
Fig. 3,—A, fibrille Musculuire déponiée de son enveloppe ; on voit les disques SUCCCxeifs, considérés Coïilue des cellules, dont elle est formée ÿ— A, l’un de ces disques ;—B, fibres moins Grossies, de l'ordre dés fibres dites striées,
A mesure que le microscope se perfectionna en acquérant une plus grande puissance, les anatomistes découvrirent assez promptement la structure intime des végétaux ; mais les progrès de la science furent beaucoup plus lents dens l'étude des tissus animaux, qui sont bien plus compliqués que ceux des plantes, malgré l'analogie qui existe, jusqu'à un certain point, entre les substances animales et les substances végétales.
Quelle idée peut-on se former des tissu+ animaux st végétaux ? Assurément, on aurait grand tort de s’imaginer que ce sont des trames “ à la manière de cell:s des étoffes fubriquées par l'industrie avec les fibres tirées des végétaux ou des animaux : ce sont quelquefois des feutrages, d'autres fois des masses compactes résultant de cellules s.mplement rapprochées ou complètement confondues, ou au contraire des tibres fasciculées.” (P. Gervais.)
Faisons un examen rapide des principaux tissus du règne animal. Les éléments anatomiques qui les composent pouvant être associés de bien des façons, de manière que l'un ou l'autre prédon ne dans la composition, il en résulte qu'il y u plusieurs sortes de tissus. Les plus importants, geux que l’on rencontre le plus souvent dans les organes des aninaux supérieurs, sont les : les tissus ÉPIDERMOIDES, NERVEUX, MUS- CULAIRES et CONNECTIFS,
lo Les TISSUS ÉPIDERMOIDES ont pour fonction de protéger les organes à l'intérieur et à l'extérieur du corps. L'épi-
FiG. 4.—Tissus épidermoïdes.
F1G. 4.—a, cellules de l’épiderme de la peau, pourvues de leur noyau, observées dans le plus bas âge ;—5, épithélium des glandes en tubes de l'intestin du Lapin ;— e, épithélium vibratile de la muqueuse des bronches (les cils sont placés sur la par. tie libre et superñcielle);—ce, quelques-unes de ces cellules ciliées et non ciliées.
derme, qui est l'enveloppe ln plus extérieure de 1» peau, en est le type. Ces tissu. comprennent aussi l'épithdinm où l'épiderme des muqueuses, c'est-à-dire des membranes qui tapissent, comme d'ane espèce de penu, certaines cavités du corps de l'animal, On rapporte encore à ce Senre de tissus : les poils, les cornes, les sabots, les Ongles, les plumes.
Plus là surface des organes est exposée aux irritations où aux lésions, plus les tissus épidermoïles, destinés à leur protection, acquièrent de développement. Ainsi l'a voulu la nature Prévoyante, nous voulons dire : lu Providence. Par exemple,si nous voulons apprécier le rôle de l'épiderme, voyons ce qui SC passe dans la brûlure légère où dans l'application du vési- Catoire : l'épiderme n'a fait que se soulever, par l'effet d'une abondante exsudation, et alors le derme (la couche principale de lu Peau) est devenu extrêmement sensible, Tout le monde Connaît la douleur cuisante qui résulte de ce soulèvement de l'épiderme,
20 Le Tissu NERVEUX tantôt se compose de cellules à formes variées, tantôt .le fibres où filaments, À le voir,
d on dirait une sorte de bouillie.
blanchâtre, plus rarement grise ou rosée,
Ce tissu transmet Jes sensa tions : en même temps il préside aux mouvements, qu'il détermine en excitant la contraction des muscles, Nous l'é.
tudierons plus Join avec assez de développement, à cause du rôle considérable qu'il joue dans l'économie animale, A.
joutons seulement ici que le
Er 5.--Tisgu nerveux. cerveau et la moelle épinière sont les masses principales du tissu nerveux.
Fig, 5,—De # à 5, cellules de diverses formes ÿ—— À, cellules sphériques des ganglions et filaments ou fibres nerveuses ;—i, fibre conductrice et £0n enveloppe ;-k, terminaison d’une fibre nerveuse,
30 Les TISSUS MUSCULAIRES (Fig. 3, p. 9) sont formés de fibres qui, lorsqu'elles sont réunies en faisceaux sous des enveloppes communes, constituent les muscles c'est ce qu'où appelle Ja chair des animaux, qui tient une place si considérables dans notre alimentation.
Les muscles, dans l'animal vivant, remplissent la fonction bien importante d'effectuer lex mouvements : en effut, les fibres musculaires, sous l'influence des nerËs, peuvent s'allonger Où se raccourcir, et ainsi faire mouvoir les pièces du squelette auxquelles elles sont attachées par les tendons.
Lo Les espaces qui séparent les divers organes du corps de l'animal sont remplis par les TISSUS CONNECIIES, formés de petites cellules juxtaposées et communiquant entre elles (les bouchers utilisent cette Communication des cellules lorsque, à l'aide d'un soufflet ct à travers la peau de Panimal qu'ils viennent d’abattre, ils font pénétrer de l'air dans toutes les parties de son corps, pour donner à la viande meilleure apparence): c'est ià l'idée générale que l'on peut se former de ce genre de tissu. Mais il se présente sous les formes les plus diverses, et prend alors des noms différents, Ainsi, on le
Fig. 6.—Tissus conncctifs nomme tissu cdipeux, lorsque ses mailles so sont charges de graisse, et tissu nenbraneur, lovsquelles S'étendent en sorte de toile. Quand les cellules qui composent ce tissu se confondent presque entre elles et avec les sels qui leur sont interposés, et prennent ainsi une consistance plus où moins solide, c'est le tissu cartilaginenr où osseur, À cette espèce de tissu appartiennent les cartilages, les os du squelette, l'ivoire les dents, ete. On rapporte aussi au tissu connectif : les tendons qui Fig. 6,——A, fibres de l'arachnoïde (l'une des trois membranes qui enveloppent le cerveau humain); --1}, cellules allongées (ayant leur nucléus) de !a peau de }'A- #neau ;-C, autres cellules que l'on trouve aussi dans un organe de l'Agacan.
terminent les muscles, la sclérotique où enveloppe blanche de l'œil, le derme (partie de la Peau qui, par le tannage, devient le Cuir.)