CHEMINS EN ANGLETERRE
lie fer en construciion en France, et, pour mon compte, si on Tenait m'assurer qu'on en fera cinq par année, je me tiendrais pour fort
heureux Il fout voir la réalité; c'est que, même en supposant
beaucoup de succès aux chemins de fer, le développement ne serait pas ce que l'on avait supposé. — Vous voulez que je propose aux Chambres de vous concéder le chemin de Rouen, nous disait le même ministre un ou deux ansplus tard, je ne le ferai certainement pas; on me jetterait en bas de la tribune !... »
Tout est bien changé aujourd'hui. Les chemins de fer sont exécutés, ou sur le point de l'être par nos ingénieurs, en Autriche, en Italie, en Suisse, en Russie et en Espagne.
Bientôt, après le chemin de Liverpool à Manchester, on entreprit celui de Bristol, et l'Angleterre fut en peu d'années sillonnée de chemins de fer, comme on le voit à l'inspection de la carte ci-jointe. On distingue, au milieu de ces lignes qui se croisent dans tous les sens, la grande artère qui s*étend du sud au nord entre Brighton et Edimbourg, en passant par Londres, Birmingham, York et Newcastle. Sur cette ligne mère s'embranche, à l'ouest, l'important chemin de Birmingham à Liverpool, auquel viennent se souder les chemins de Londres à Manchester et de Liverpool à Lancastre. Plusieurs lignes transversales relient la mer du Nord à TOcéan. L'une, dans le nord de l'Angleterre, de Sunderland à Carlisle, passant par Newcastle ; l'autre, traversant les riches contrées du centre, de Hull à Manchester et Liverpool par Leeds ; une troisième enfin, non moins importante, établie entre Douvres et Bristol et passant par Londres et Bath. Un chemin spécial, celui dit North-Eastem-Rail' wmj, dessert les contrées de l'est. Des groupes spéciaux, de petite longueur, transportent aux grandes lignes ou aux voies navigables les produits des mines de Norlhumberland, du Staiforshire, du pays de Galles et des Cornou ailles.
En Ecosse, où la configuration du sol se prête diflicilement à rétablissement des chemins de fer, nous ne remarquons qu'une seule ligne importante : celle d'Edimbourg à Glascow, et quelques petits chemins de fer employés pour le service des mines.
Llrlande, où les mêmes difTicultcs d'exécution ne se rencontrent pas, n'est cependant pas beaucoup plus riche en chemins de fer.
Aucune pensée d'ensemble n a présidé en Angleterre à la délermiuation du tracé des raiiways; mais rindustrie y est si florissante sur pres(}ue tous les points du royaume, et le goût de b spéculation y est si développé, que bientôt il ne s'y trouvera pas une localité de quelque importance qui n'ait son chemin de fer. La km* gueur des chemins exploités dans ce pays en 1855 était de 10,31 4 ki* lométres, ce qui représente, en n'ayant égard quàla valeur d'émission, Fcnorme capital de 6 milliards 833 mille francs, et ce capital, si Ton construit tous les chemins projetés et autorisés, attemdre bientôt 9 milliards.
 Georges Stephenson, l'ouvrier mineur, appartient rhonneur d'avoir construit le premier chemin à grande vitesse, noo-sanlement de l'Angleterre, mais du monde entier, celui de Liverpool è Manchester ; à Robert Stephenson celui d'avoir continué Tceuvre de son père, établi une partie des lignes les plus importantes de l'Angleterre et présidé à l'étude d'un grand nombre de lignes dans les cinq parties du monde. D'autres ingénieurs et des capilaliates intelligents doivent aussi être cités comme les pères de l'indostrie des chemins de fer en Angleterre. Parmi les ingénieurs, nous nommerons Brunel, W'ood, Locke, Walker, etc. ; parmi les capitalistes ou industriels étrangers à l'art de l'ingénieur, M. Booih
Les grandes lignes, celle de Londres à Bristol surtout, ont été construites avec luxe ; leur tracé et la construction de la voie ainsi que celle de leur matériel ont été calculés de manière à permettre d'eflecluer les transports aux plus grandes vitesses connues aujourd'hui. Elles ont été toutes établies par l'industrie particulière. Plus loin nous consacrerons un chapitre à la description de ceux de ces chemins de fer qui nous paraissent les plus dignes de fixer l'att^ition. cbenUiM ea Beisfci««. — Les Belges ont suivi de très-près les Anglais dans l'établissement des chemins de fer. La loi qui décréta la création du grand roseau terminé aujourd'hui fut promulguée en 1834.
Écoutons M. Michel Chevalier mesurant la portée de cette grande œuvre.
« Aussitôt installé, dit-il, le gouvernement de ce pays sentit que pour s'assurer l'avenir il devait marquer de son sceau le territoire
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