CHEMINS EN BELGIQUE. 3I
belge par de grandes entreprises en harmonie avec l'esprit du siècle. En méine temps qu'il rattachait à lui toutes les anciennes influences, qu*il ralliait à sa cause les antiques éléments d'ordre et qu'il consolidait la paix intérieure, condition première du bien-être de l'immense majorité, il se lança résolument, mais avec sagesse el sangfroid, dans les innovations que recommandait une politique non moins conservatrice que progressive. Les chemins de fer étaient déjà en honneur, il crut que par eux il pouvait conquérir une solide popularité et qu'il parviendrait k créer à la Belgique un irrécusable titre d'admission parmi les États européens.
« Toutes ces espérances du gouvernement belge se sont réalisée:^ et au delà. Grâce à cette démonstration de puissance (nous insistons sur le mol, car la force qui enfante des œuvres fécondes est de la puissance tout aussi bien que celle qui couvre de cadavres les champs de bataille), grâce à cet acte décisif, la Belgique, complètement affermie au dedans, a gagné au dehors l'admiration, sinon l'amitié de ses plus hautains ennemis ; grâce à ses' ministres, en 1834, elle a devancé dans l'œuvre des chemins de fer les grandes monarchies européennes. Elle doit à cette œuvre sa prospérité, elle lui est redevable de sa nationalité elle-même. »
La Belgique doit ses chemins de fer surtout à MM . Rogier, Lebeau et r^othomb, ministres des travaux publics de Belgique, MM. Simons et de Ridder, leurs dignes auxiliaires, et à M. Masui, directeur général de lexploitation.
Dtux lignes principales, sur lesquelles s'embranchent un grand nombre de tronçons secondaires, la traversent de Test à l'ouest et du nord au sud. La ligne transvei'sale d'Oslende à Verviers prolongée jusqu'à Cologne assure le commerce de la Belgique avec l'Angleterre et l'Allemagne. Celle qui s'étend du nord au sud, d'Anvers à Nous, et qui se prolonge jusqu'à Paris, relie la Belgique à la France et à la Hollande.
Les chemins belges et leur matériel ont été conçus dans un tout autre esprit que les chemins anglais. Ils n'admettent pas la même vitesse. Aujourd'hui, certainement, ils suffisent aux ^soins du commerce en Belgique ; mais il est à craindre pour ce pays que, duns quelques années, ils deviennent, si la construction n'en est pas