‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 113 sur 239 · DÉCHARGEMENT A I/ANGLAISE · texte numérisé non relu

DÉCHARGEMENT A I/ANGLAISE

crochet qui fixe la caisse an train, et le waggon, brusquement arrêté l)ar les traverses empilées, se porte en avant en verUi de la vitesse acquise ; la caisse bascule et prend une inclinaison égale à celle que comporte la construction du véhicule, augmentée de l'inclinaison de la voie; les terres glissent et le déchargement se fait tout seul.

Quelquefois, afin d'augmenter l'inclinaison de la caisse au versement, on dispose à l'extrémité de la voie un gradin, comme l'indique la seconde figure 12, B.

Le déchargement se fait ainsi siifx^essivemcnt pour chaque waggon.

En supposant en moyenne une distance de 150 mètres entre le garage et le déchargement, et admettant qu'un cheval au trot parcoure une distance de 5,000 mètres par heure, le temps employé à l'aller et au retour sera de quatre minutes environ, et le déchargement proprement dit, consistant à relever le waggon et à redresser la caisse, étant d'environ une minute, le déchargement, y compris le transport d'un waggon , se fera en cinq minutes.

On est arrivé à décharger par cette méthode et avec une seule voie cent cinquante waggons par jour, mais c'est une exception. Avec un bon matériel et de l'ordre dans le chantier, on peut faire cent vingt waggons. En général, on ne doit compter que sur cent waggons par jour*.

Quand les voies de déchargement sont multipliées, elles se gênent un peu réciproquement. Avec deux voies, on peut compter sur

* liCs baleines employées sur les chemins de Saint-Germain et do Versailles (rive «gauche) ont coûté 4,500 fr. pièce. D'autres baleines i deux voies, dont on s'est servi sur le chemin d'Orléans à Vieraon, ont été payées 5,000 fr. Les petites baleines du chemin de Lille i la frontière belge étaient fort économiques. Elles ne sont pas revenues à plus de 500 fr. , mais elles n'avaient que 6 mètres de hauteur. Ce n'est pas seulement l'installation de la haleine qui est coûteuse, c'est au8si Tentrotien et surtout la manœnvro.

cent quatre-vingts waggons; avec trois voies, sur deux cent quarante waggons par jour.

é» déeiMiriie. — Le pont de décharge (Gg. i3) esl oooh

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posé de deux longuerines parallèles garnies de bandes de fer, qui l'ont suite aux files de rails de la voie, et reposent, par une de leurs extrémités, sur le remblai, et, par l'autre, sur une ferme P. Cette ferme elle-même repose sur un chariot K, pouvant rouler sur un petit chemin de fer provisoire posé sur le sol au bas du remblai. Les terres se déchargent entre les deux longuerines. Le poot doit pouvoir porter tout un convoi de vraggons vides. Lie déchargement de tout le convoi terminé, on ramène les waggons tous ensemble au point de chargement.

A mesure que le remblai se prolonge, on pousse le pont de dé» charge en avant en faisant rouler le chariot K, et on prolonge le petit chemin de fer qui porte ce chariot en détruisant la partie postérieure qui est recouverte de terre. On déplace également, de temps en temps, les changements de voie, afin de faciliter les manœuvres.

Avec les ponts de décharge, nous avons déchargé, à la tranchée de Clamart, trois cents waggons en dix heures sur une voie, ce qui est le triple de la quantité déchargée moyennement en pareille circonstance par la méthode anglaise. Au chemin de Saint-Germain, on est également parvenu à décharger trois cents waggons en dix heures sur chaque pont. Sur les petites baleines employées au chemin de Lille à la frontière belge, on déchargeait vingt waggons par heure, soit deux cents waggons en dix heures sur une seule voie. Le déchargement an moyen des ponts s'opère donc beaticoup film rapidement (pie par la méthode anglaise, et il semble q\CÛ pent

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être employé avec avatitage quand les terrassements doivent être exécutés dans un très-bref délai. Toutefois la grande dépense qu'il exige Vont fait presque généralement abandonner. On ne peut pas d'ailleurs Taire usage de ces ponts de décharge pour des remblais de moins de trois mètres , surtout sur un terrain fortement accidenté, où il faudrait les déplacer sans cesse, ni pour des remblais dont la hauteur dépasse dix mètres. Nulle part sur la ligne de Mulhouse, où le cube des terrassements est considérable, bien que les entrepreneurs aient eu à exécuter d'immenses tranchées dans un bref délai, on n'en a fait usage. On a généralement préféré le déchargement à l'anglaise.

Suite dn cf— eteat. — Une partie des cavaliers étant enlevée et portée en remblai, on attaque à droite ou à gauche de la eunette une nouvelle tranche a b m n (fig. 11, B), dont les terres sont versées dans les waggons, et on pose une seconde voie provisoire. Ces deux voies étant réunies par des voies obliques dans les deux directions, fig. 11 C, le déchargement peut se faire en mémo temps aux deux extrémités, et l'une ou l'autre peut servir & garer les waggons vides. Deux convois sont placés en même temps devant les fronts de chargement. On les envoie successivement à la décharge, et les ouvriers chargeurs, afin de ne pas rester désœuvrés au moment du départ de l'un des convois, passent sur des planches d'un côté à l'autre du goulet pour charger Tautre convoi.

Quand la tranche abmn est enlevée sur une certaine longueur, on abat les massifs trapézoïdaux g omn et des t de manière à compléter le percement de la tranchée sur toute sa largeur, et les terres provenant de ces massifs sont chargées dans les waggons circulant sur les deux voies provisoires posées dès l'origine, au moyen de brouettes, ou dans des waggons roulant sur de nouvelles voies auxiliaires posées latéralement. On trouve ordinairement plus économique d'employer les brouettes.

Un certain nombre de waggons versent leur contenu par bout et servent à former le noyau du remblai ; les autres versent de cdté et sont employés à élargir ce noyau.

La reprise des cavaliers étant toujours une opération coûteuse, ot le dépôt des terres en dehors de la crête des talus donnant lieu

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aussi, dans certains cas, à des dépenses considérables, on n'a recours au retroussemenl des terres, pour la totalité ou pour une partie de la cunette, que si l'on est très-pressé. Dana le cas eoatraire, on perce la cunette en l'attaquant seulement à rexlrémilf. On établit alors des gradins à cette extrémité, et les terres sont chargées directement dans les waggons ou dans des waggonneli, soit par bovty soit sur le côté. Quelquefois aussi on retrousse nm partie seulement des terres de la cunette, et on charge Vautre partie directement dans les waggons ou dans les waggonnets.

Les parois des cunettes dans le roc vif et dans certains temios résistants se maintiennent pendant plusieurs mois sous un ao^ droit ou au moins sous un angle qui se rapproche beaucoup de l'angle droit. Dans d'autres terrains, elles tendent à prendre une inclinaison plus prononc^^e, mais cette inclinaison, sous laquelle les terres ne doivent se soutenir que pendant un espace de temps assez limité, est toujours inférieure à celle que Ton donne aux talus de la tranchée et qu'ils doivent conserver indéfiniment.

Dans les tranchées glaiseuses, il ne faut pas attendre que la cunette ait été ouverte sur une grande longueur pour abattre les massifs latéraux et découvrir les talus définitifs, qui doivent toujours, dans ce cas, être asséchés. V assainissement des talus doit suivre de près le percement de la cunette.

Quelquefois même au chemin de Mulhouse, en pareille circonstance (tranchées de la Chaume, du Chifflard et de Montesson], M. l'ingénieur Masson a supprimé la cunette, et procédé par voie de décapage, c'est-à-dire en découpant le déblai par tranches variables à partir du sol naturel, de façon à atteindre successivement les divers bancs argileux et dressant le talus suivant l'approfondissement du déblai. Les assainissements se font ainsi graduellement, et l'on arrive à fond de tranchée avec des drainages complets et des talus à peu près définitifs ^

* Lopénilion du décipag^c n'exdut pas les cunctles d'une manière absolue, n esl mcme essentiel qu'il y ait deux étages pour le chargement des waggoat au mojen des brouettes, mais le niveau des voies de l'dtage inférieur doit rester subordooiié à b position des bancs à assainir comme a la profondeur de la première tranche attaquée. La plate-forme de celle-ci doit rester un peu au-dessus des bancs argilein; et être anainie provisoirement par quelques rigoles couvertes, afin qu'iiunm {rlissontenl ne s'opère dans In riine!t<» dr« wapgons. (Note de M. Miîwon.)

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