‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 115 sur 239 · TRANSPORT DES TERRES · texte numérisé non relu

TRANSPORT DES TERRES

l'emploi de plans inclinés sur lesquels le transport s'opérait au moyen de machines fixes.

Les machines fixes ont été également employées en Angleterre au chemin de Bristol, pour monter les terres sur la crcte d'un remblai.

La principale difficulté à vaincre dans les travaux de terrassement au waggon consiste à établir l'harmonie entre la fouille des terres, leur chargement et leur déchargement, de telle manière que les ouvriers perdent le moins de temps possible. Un des meilleurs moyens d'y parvenir est d'employer simultanément le mode d'exécution par compensation et celui par voie de dépAt et d'emprunt.

Les travaux par voie de dépôt et d'emprunt , dont on peut diminuer ou augmenter l'activité sans inconvénient, servent à fournir de l'occnpation aux ouvriers lorsqu'ils ne peuvent être employés au percement de la tranchée, au chargement ou au déchargement des waggons.

Lorsque les terres des massifs latéraux à la cunette sont transportées dans les waggons au moyen de brouettes , il est très -important d'employer les brouettes généralement en usage en Angleterre et représentées figure 15. Elles se déchargent beaucoup plus facilement dans les waggons que les broueth's françaises.

La figure 10 représente un waggon de terrassement. La caisse se ^''^' ^^•- "'^"""••• renverse comme celle d'un tombereau, tantôt sur le devant entre

les roues, tantôt sur le côté '^*

par-dessus les roues.

Les principales conditions à remplir dans la «onstruclion des waggons de terrassement peuvent se

résumer de la manière sui-

" '"' » *jo — .

vante : pig. lo. Waggoo de temstemeot.

1* Éviter que le bord supérieur de la caisse se trouve à plus de

TRAVAUX DE TERnASSEMKNT ET TIIAVAUX D'ART.

l'",60 au-dessus des rails, afin que les ouvriers puissent lo chaîner ù la pelle sans trop d'eflbrts;

2' Faire en sorte que les caisses vei^scnt sous un angle assez grand pour que les terres glaises humides puissent couler facilement sur le fond lorsque la caisse est renversée ;

S"" Répartir autant que possible le poids également sur les quatre roues;

4"" Répartir le poids de la caisse chargée à droite et à gauche de Taxe de bascule, de manière qu'il soit un peu moins considérable du côté de la iK)rte que de l'autre ;

.V Conserver aux roues un diamètre assez grand pour qu*clles puissent ])asser facilement par-dessus les pierrailles et les autres obstacles qui souvent obstruent la voie, et qu'il ne soit pas trop diflicile de les mettre en mouvement ;

6* Faire en sorte que la terre soit lancée, au moment du renversement de la caisse, à une certaine distance du waggon.. t C'est afin de remplir cet ensemble de conditions que l'on a imsginé le waggon représenté figure 17, dans lequel Tangle de chute

est augmenté par une espèce d'ornière artificielle dans laquelle tombent les roues d* avant du waggon à décharger.

On se sert aussi de brouettes pour charrier les terres déposées sur les bords des tranchées. Les Anglais emploient en pareil cas un mécanisme fort ingénieux afin de diminuer la fatigue de l'ouvrier qui est obligé de monter la charge sur la rampe souvent trèsinclinée des talus.

Ce mécanisme est représenté figure 18.

jéH TBA^ici DB ruiLL^nErrr bt tuivai:! rin.

L ViuemMe d'an 4ppar*il s« compost; dis «kn planchen. i la partie mpèrreare dtnqneis» ^nl tLu» deux poUam. Ghaam de CI» poteaux est muni «le lieux poulie» : Vune aa Mminet, pcrpndicnlairp À Taxe du chemin raiitn* dan» le boa. parallèie i cet an-. r*^t la niàne corde qui. .iprès» avoir posié pirln poulies dei poteaux, â'attadie. d'une part, j une brmeUe phiae^ et de FaotRi une brnaette vide. Gelte •!orde. tixêe à b kmietle pleine, ptRv d*4hord wr Taiie des pouliea placée» dans k hant dn poteas correspondant, descend verticalement le long de ce poteaa, poi* est rbvoyée horiaontalement par b p«)ulie inCrieare; de là elle ae dirige parallèlement à la créCe de b tranciiée. monte, après avoir pasK ^nr nne troisième poulie, k long da Mcond poteaa, et cain, aprii avoir paâne §at la pooKe wpéneare de ce Kcood poteaa, se dèfo ioppe sur nn second pbn«!iier incliné, et va s'attacher i nne kmdk ^ide. IV» chevanx. marchant d'm polean vers Fanfre en tirant b corde horiiontalement tantôt de droite à gauche, lanlêl as ganche à droite, font monter la brouette pleine sacoesniveBent anr l'un ou l'autre desdeoi planchers voisins. Un hoame sert à la condaire de Fat^lier joaqa'au Ims da pbncher, à b guider lar le plancher, à la vider loriqn'elle est arrivée an sommet, et i la ramener. LoRrpi'il ^rravit le plancher, il est traîné avec b bnmette par les chevaux ; lorsqu'au contraire il des«:end avec la brouette vide, il aide les chevam de son poids et de Faction qu'il peut eiercer sur celle iironette.

On n'a, â notre connaissance, adopté cette organisatîon de cfa«»llers !»ur aucun chemin de fer français. Indépendammeul de:' hroncttes, des tombereaux et des waggons de difirentes dinuii- .«ions, on se sert beaucoup aujourd'hui des waggonnets représenlés^ fignres 10. Os waggonnets remplacent, dans beaucoup de ca.<. avantageusement les tombereaux , et opèrent des transports à des prix sf:nsiblemcnl équivalents.

Dans certaines circonstances, sur des pentes qui s'élèvent jii>qii*n 4 centimètres, et quand les distances commencent à être trop grandt;s pour des brouettes, ih |ieuvent être employés avec avmit^ge, vi rraliser nne économie notable.

ili^ pi:tits véhicules, qui pè:(eut moyeiniement 1 15 kilog^ammc^.

THANSPORT DES TERRES. 307

sont composés d'une caisse, d'un châssis auquel est adaptée une

~isi : [SI —

Fig. 19.

flèche et d'une paire de roues en fonte. La contenance deces waggonnets est d'environ 0"^,28 cubes; mais, eu égard au foisonnement, ils ne contiennent guère que de (r,16 à 0^,22 mesurés au déblai suivant la nature du terrain.

On trouvera plus loin, au chapitre du matériel, quelques nouveaux détails sur les waggons de terrassement.

On sait que la nature des véhicules et des moteurs employés pour le transport des terres varie suivant les circonstances. Pour de faibles distances, on se sert exclusivement de brouettes; pour une distance plus considérable, on trouve avantageux d'y substituer le tombereau attelé d'un seul cheval.

Si la distance augmente encore, le tombereau à deux chevaux remplace celui à un cheval ; puis viennent les waggons traînés par des chevaux; puis enfin les waggons traînés par des locomotives. Le transport au waggon, qu'il soit fait par des chevaux ou par des machines locomotives, ne devient avantageux qu'autant que le cube à enlever atteint un certain chiffre.

11 était donc curieux de savoir dans quels cas il convenait d'employer les brouettes, les tombereaux, les waggons traînés par des chevaux^ et enfin les waggons traînés par des locomotives.

M. Brabant, l'un de nos plus habiles conducteurs des ponts et chaussées, qui a dirigé de grands travaux de terrassement, successivement, au chemin de fer de Versailles (rive gauche), de Lille à la frontière belge, et d'Orléans a Bordeaux, et qui, aujourd'hui, remplit les fonctions d'ingénieur chef d'arrondissement sur les chemins de fer de l'Est, s'est livré à de curieuses recherches, dont il a ex-

ôiiS inAVAlX Dt: TERRASSEMEM ET THAVAl'X D*ART.

posé les résultats dans un Mémoire inédit qu*il a bien voulu nuw communiquer. Les paragraphes suivants sont extraits de ce Mémoire.

Les transiiorts par les moyens ordinaires, la brouette et le tombereau, n'exigeant que des frais d'établissement peu élevés, etqu'ua matériel susceptible d'être employé sur tous les chantiers et mène pour les usages les plus divers, il en résulte que les prix k appliquer sont toujours sensiblement les mêmes, quelles que soient lo quantités à transpoiier.

Il n'en est pas de même pour les transports en waggon sur voiei provisoires, parce qu'ils exigent des frais d'établissement considérables, qui sont bien loin de croître dans le rapport du volume transporté, et dans lesquels on ne peut rentrer qu*avec des cubes d'une certaine importance.

Il suit de là que, plus les volumes ù transporter sont faibles, plos les prix de transport sont élevés, et que, par suite, à moins d'avoir un matériel sur place, les transports par voies provisoires cessent d'être praticables pour des cubes qui n'atteignent pas au moins

D'un autre côté, il y a, avec les transports au waggon, à b charge et à la décharge, des frais de remaniement et divers» mains-d'œuvre qui n'existent pas pour les autres modes de transport, et qui s'élèvent de 20 à 25 centimes par mètre cube. A cette dépense il faut ajouter celle des waggons, des changements de voi» et quelquefois d'autres appareils dont on a besoin sur les points de chargement et de déchargement. Tous ces frais étant indépendanb des dislances parcourues, il s'ensuit que, pour de faibles dislances, les transports au waggon coûtent plus (|ue ceux au tombereau.

Les distances minimn, variables suivant les volumes à transpor ter, peuvent descendre pour des cubes de 25,000 mètres à 300 mètres, et pour des cubes de 100,000 mètres à oOO mètres.

Quoi qu'il en soit, il arrive souvent que les transports au tombereau étant impraticables, soit ù cause de la iiaturc ou de la position du sol, soit ù cause de la saison, on est conduit à avoir recours au transport au ^vaggon pour des volumes et pour des distances fort

TKANSPUKT DES TEllKES.

au-dessous de celles qui sont indiquées ci-dessus comme un minimum.

Il suit de la multiplicité des éléments qui doivent entrer dans le calcul des transports au waggon, dans diiïérents cas, et de la complexité de quelques-uns, que les formules ne peuvent être rigoureusement établies que pour des cas spéciaux et qu'après une estimation préalable des frais de toute espèce, et notamment de ceux de matériel, pose de voies, dépose et repose, etc.

Aussi les formules employées par plusieurs ingénieurs placés dans des conditions diverses ne sont-elles pas exactement semblables. Néanmoins les différences ne sont pas tellement grandes, que M. Brabant n'ait jugé utile de prendre la moyenne des résultats que lui ont fournis trois de ces formules, pour déterminer, au moins par ap|)roximation, les cubes et les distances moyennes pour lesquels les différents modes de transport deviennent avantageux.

Le tableau suivant est extrait d*un tableau beaucoup plus complet qu'il a donné.

DÉPE!ï:'E POOR LK TRXNSPOBT D*D?C MÈTRE CUBE DE TERRE OU DE D.\L<.ASTy PE<ANT IICVIROX 1,600 KILOGRAMMES.

Page 1