CUMPAHAISON DES DIFFÉRENTS PROCÉDÉS. S
nous avons développés; si nous avons donné à un certain nombre de talus de tranchées l'inclinaison de l^^^SO de base sur 1 mètre de hauteur, c'est que nous avions besoin de terre pour les remblais ; mais, lorsque cette circonstance ne s*est pas présentée, nous avons adopté l'inclinaison de 45**. Pour un déblai de 6 mètres de profondeur, en augmentant ainsi la roideur de la pente de (r,50 par mètre, on économise 18 mètres cubes, c'est-à-dire 27 francs par mètre courant de tranchée, en appliquant le prix payé à MM. Parent et Schaken : c'est plus que ne coûtent l'assainissement et le revêtement des talus, même dans des cas difficiles. »
L'assainissement de la plale-formc, si important, comme l'indique M. Daigremont, a présenté au chemin de Wissembourg de grandes difficultés qui ont été heureusement surmontées par M. Goschler. Nous reviendrons plus loin sur le travail exécuté par cet ingénieur.
Mais, auparavant, nous comparerons les différents procédés employés pour l'assainissement des talus.
€ainp«raiMMi des dlfférenUi procédés. — M. Chapcron, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur du chemin de Lyon, ne partage pas l'opinion de M. Sazilly sur les causes des éboulenicnts. Voici dans quels termes il s'exprimait dans les Annales des ponts et chaussées^ :
d Si l'on examine attentivement la forme du terrain dans les coteaux argileux, on reconnaît que le relief actuel du sol ne s'est établi qu'à la suite d'une série séculaire de mouvements dans les couches supérieures, et que la masse tout entière ne présente même qu'un équilibre instable, fréquemment troublé à la suite des dégels et des longues pluies. Cet équilibre momentané ne se maintient qu'à la condition que les parties supérieures trouvent leur ap|)!ii sur les parties inférieures du teri*ain, en sorte qu'il est détruit par la moindre modification apportée dans le relief du sol.
« Si, dans un semblable terrain, on vient à ouvrir une tranchée, quelque peu profonde qu'elle soit, les conditions d'équilibre se trouveront brus(|uement rompues, et des mouvements auront lieu,
* AuiKc 1853, 2' cabier
.m TRAVAUX DE lEUKASSEMEM ET TUAVAUX D^ART.
sinon au momenl même de Topération, du moins a une époque ultérieure plus ou moins éloignée, lorsque les pluies ou le dégd auront pu ramollir la glaise et en diminuer la cohésion. L*eau qui tombe à la superficie du sol trouve toujours en cflet des fissures ou des couches perméables par lesquelles elle s'introduit au sein même des masses argileuses, dont la solidité se trouve ainsi considérablement diminuée à certaines époques.
« La rupture d'équilibre des masses glaiseuses, telle est, à notre avis, la cause prépondérante des grands éboulements et des glissements à grande distance qui sont si Tréquemment la suite de Touverlure des tranchées dans les coteaux en pente douœ des terraios argileux. Pour arrêter de pareils mouvements ou pour les prévenir, nous ne croyons pas qu'il y ait d'autre moyen d'étayer le massif dont on affaiblit le pied en y creusant une tranchée que de suppléer par un contre-fort artificiel à la poussée naturelle des terres que Ton a enlevées. Aussi d'habiles ingénieurs n'ont-ils pas hésité à construire au pied des talus de déblai ouverts dans les terrains glaiseux des murs de soutènement à pierres sèches fort épais, qui, tout en assainissant le terrain supérieur, pussent rétablir par leur masse l'équilibre dont les conditions avaient été profondément modifiées par l'ouverture de la tranchée. Ces murs de soutènement n'ont du reste pas besoin de s'élever au niveau du sol naturel; il suffit que leur hauteur permette d'adoucir convenablement les talus, eu égard i la nature des terrains dans lesquels la tranchée est ouverte. »
Nous ne sommes pas entièrement de l'avis de M. Chaperon; nous pensons bien comme lui que la rupture d'équilibre des masses produite par l'ouverture des grandes tranchées tend à produire les éboulements; mais nous reconnaissons aussi la grande influence des causes signalées par M. Sazilly. Les faits prouvent assez cette iniluence. Le procédé Sazilly, appliqué dans un grand nombre de tranchées au chemin de Paris à Strasbourg, au chemin de W'issembourg et au chemin de Mulhouse, a presque toujours donné d'excellents résultats. Celui que préconise M. Chaperon, au contraire, appliqué dans la grande tranchée de Gagny, concurremment avec le procédé Sazilly, a été Toccasion de dépenses considérables*, et clia-
' A lu truiiciiL'C de Gagny, les luui's de soulcncmcnt avec coulru-foiis en pierre sècbe