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quand on abaisse Tun des leviers, et trois quarts quand on abaisse l'autre. Les deux leviers ne peuvent se mouvoir îndépendammenl l'un de l'autre, un mécanisme spécial, composé de deux tringles
Fig. itô.
verticales et d'une petite bielle qui les réunit les rend solidaires, et un système particulier d'arrêt a été appliqué aux manettes afin do rendre la manœuvre du disque impossible fi tout autre qu'à l'homme qui en est chargé. On ne saurait donc déplacer les leviers L et L', et ainsi manœuvrer le disque en tirant l'un des fils avec la main :
SIGiXAUX FIXES. 605
car, en abaissant Tun des leviers, il faudrait soulever Tautre. Un exercerait de celte manière sur le second fil un eiïort de traction qui ne pourrait le déplacer, puisqu'il est attaché à une manette qui est fixe si on n*agit sur l'autre manette.
La lanterne est fixée au manchon portant le disque. Le feu en est fixe, mais la carcasse en verre, reliée à ce manchon par des tringles, tourne avec le disque.
Le côté rouge du disque se montrant au travers de la voie, c'est aussi le verre rouge de la lanterne que le mécanicien aperçoit. C'est au contraire un verre blanc quand le disque est effacé.
Ce qui enfin caractérise l'appareil Goubet, c'est qu'un pétard vient, chaque fois que l'on met le signal à l'arrêt, se placer sur le rail et assurer la marche du train.
Ce pétard est fort utile en temps de brouillard et dans le cas oh la lampe viendrait à s'éteindre.
Au chemin de fer de TEst, on ne fait usage du pétard que dans les temps de brouillard.
Le disque et la lanterne de l'appareil Bara ne dînèrent pas de ceux de l'appareil que nous avons décrit le premier. La modification apportée par M. Bara, dans le but de rendre la manœuvre plus certaine, consiste dans l'adjonction d'un chariot mobile (fig. ^249) passant devant le disque pour le faire fonctionner. Ce chariot se meut sur deux rouleaux reposant sur deux bouts de rails, et est maintenu latéralement par deux autres galets ; le tout est armé d'un manneton placé verticalement sur le milieu du chariot. Ce manneton doit, suivant les circonstances, venir appuyer sur l'un des bras d'une ancre placée à la partie inférieure de l'arbre du disque et le faire tourner dans un sens ou dans l'autre, suivant que le chariot vient en avant quand il est tiré ou s'en retourne quand on laisse libre le fil qui le retenait.
Afin de faciliter le retour du chariot, que rien ne rappellerait en arrière, puisque l'appareil n'a qu'un fil, on a ajouté un poids suspendu h une chaîne roulant sur une poulie verticale. La manœuvre se fait au moyen d'un treuil, et, si le fil venait à se rompre, le cliarriot, entraîné par le poids qui le guide, viendrait immédiatt»mont fermer la voie.
Quelles que soient les diiïérences de longueur du (il, la eoorse du cliaiiot est réglée de manière à tenir toujours le fil tendu el à faire fonctionner l'appareil, et, si quelque dérangement venait à se manifester, Tappareil fermerait aussitôt la voie.
Fig. i4il.
Le mouvement de rotation est imprimé au disque Rousseau au moyen d'un fil continu, ou fil sans fin, roulant sur deux poulies verticales à rochets : Tune qui est manœuvrée par l'employé de la station, Tautre qui est placée à la partie inférieure du poteau du disque, et imprime le mouvement à Tarbre du plateau. La première de ces poulies a 0'",50 de diamètre, et est manœuvrée à Taide d*un levier à verrou semblable à ceux des changements de marcbo des machines locomotives. La seconde est armée de huit chevilles triangulaires plantées dans sa face extérieure (fig. S50). Ces chevilles triangulaires ont pour but d'accrocher un ilétetUillon monté sur le levier imprimant le mouvement à Tarbre du mât du signal. Ce détentillon, qui peut se déplacer d*une certaine quantité sans exercer de pression sur Tarbre du disque, est taillé en foriiio de fer de lance. L'angle formé par les deux cotés de cette pièce est tel, que la poulie peut faire une partie de sa révolution autour de son axe, suivant les effets de la température, sans renconlnT Texlrémité de ce délentillon, et, par conséquent, sans déplacer le signal.
SlGiNAlX FIXBS.
Le pelit levier sur lequel est monté ce dctçntillon fait tourner l'arbre du disque au moyen d'un étrier à collier monté sur cet arbre.
Deux disques répétiteurs sont établis dans le voisinage de la roue de manœuvre. Ils sont mis en mouvement à Taide de deux glissières enrôle munies de pitons ayant la forme et les dimensions d'un secteur adapté au mât du signal dans lequel il s*cnclanche. Un contre-poids, adapté aux deux répétiteurs par une double chaîne, permet de constater TeiTet utile produit au disque par la force de traction. 11 empêche en outre l'un des deux répétiteurs de fonctionner lorsque les fils sont en mauvais étal d'entretien, et indique que l'appareil a besoin d'être nettoyé.
Une course de fil de 0"*,15 à la roue motrice suffit pour faire tourner le grand disque, tandis qu il faut une course de (r,40 pour imprimer le mouvement à l'un des disques répétiteurs. Ce disque répétiteur ne fonctionne donc qu'autant que le disque principal a lui-même changé de place.
La lanterne est fixée sur le poteau en chaqiente supportant l'arbre du disque, elle est par conséquent immobile. Au moment de mettre le signal à l'arrêt, un renvoi d'équerro vertical, fixé sur Tarbre du plateau, fait monter une tige supportant un diaphragme garni d'un verre rouge qui vient s'interposer entre l'œil et la lumière. — Un pétard-signal vient, comme dans l'appareil Goubet, se placer sur la voie quand le disque est fait.
Le disque Rousseau présente les avantages suivants : il peut être manœuvré à une distance quelconque; la position du disque prin-
Fig. 250.
cipal est signalée avec certitude par le disque répétiteur; la manœuvre ayant lieu sans qu'il y ait de choc, la lanterne n*est pa» exposée à la rupture.
Sur plusieurs de nos grandes lignes, on a placé, à l'instar du chemin de Lyon, près du bureau du chef de station, un appareil électrique qui met en mouvement une sonnerie pendant tout le temps que le disque est à Tarrét. M. le ministre des travaux pubib a recommande par une circulaire l'emploi de cet appareil, connu sous le nom de trembleur électrique.
M. Marqfoy, ancien élève de TEcole polytechnique, inspecteur des télégraphes, est Tauteur d*un disque électrique perrectionnc répétant le signal dans les stations. Ce disque parait digne à tous ^anl» de Tattention des ingénieurs; toutefois, comme il n*a pas encore été employé sur les chemins des environs de Paris, nous nous abstiendrons de le décrire, et nous nous bornerons à renvoyer à un mémoire plein d'intérêt publié par M. Marqfoy ceux de nos lecteurs qui désireraient Tétudier.
En Allemagne enfin, sur quelques chemins, tels que ceux de Breslau, d'Anhalt, et de Hamn à Gassel, dans le but de Taire apercevoir au mécanicien, le plus loin possible, les signaux indiquant la voie libres le ralentissement ou Vmrit, on a compliqué la disp^n ^ilion des mâts d'un gros ballon en osier peint eu ronge qui glisse sur une tringle et qu'on fixe en haut, au milieu ou en bas, selon que Ton veut faire un des trois signaux locaux ^
Les appareils décrits précédemment sont tous manœuvres |)arde5 hommes. Il nous reste à décrire les appareils automoteurs, c'est-àdire ceux qui sont manœuvres par la machine elle-même, au niument où elle passe devant l'appareil.
De ce nombre sont les appareils Limouse et Baranowsky.
Le dis(|ue Limouse est à deux fils et à contre-poids. — Il esl manœuvré par le train en marche ou moyen d*une pédale.
Le bourrelet de la roue, en venant appuyer sur la pédale, fait échapper un système do détente qui retenait le dis(|ue eifacé. Un
* Note sur 1 exploitalion des Ghemins de fer à une Voie en Allomaniio, jwr M. ïùU\ Malhius.
SIGNAUX FIXES. fi07
COI lire- poids t'ait alors lourncr lo plateau et met le disque au rouge. De la station on peut, au moyen de deux treuils, faire ou eiïacer le disque; l'extrémité des Gis est munie de petits poids ayant pour fonction de les tenir tendus et d'éviter ainsi les effets de la dilatation, et, suivant leur position, d'indiquer celle du disque.
Le disque et la lanterne ne dilTèrent pas de ceux de l'appareil Bataille.
La manœuvre du disque Baranowski est fondée sur l'incompressibilité des liquides. Cette manœuvre a lieu au moyen d'un piston, d'un til et d'un système de leviers, comme nous allons l'expliquer.
Le piston glisse dans un cylindre rempli de mercure. Il est composé de deux parties, l'une intérieure conique c percée d'un trou ( qui la traverse dans toute sa hauteur, et l'autre extérieure fc, qui enveloppe la partie conique. La première peut être considérée comme un véritable clapet. Lorsque le disque est effacé, le piston est au bas de sa course (fig. 251 À), etil est recouvert de mercure. Le train se présentant devant le signal, le boudin de la première roue de la machine vient rencontrer un contre-rail en bois garni d'une cornière en fer en contact par un seul point avec le rail de la voie, et le repousse brusquement. Le mouvement se transmet par une équerre Ë au fil F, qui fait tourner le disque au rouge et soulève le poids P, qui auparavant chargeait le piston. Devenu ainsi plus léger, le piston est entraîné par les contre-poids R et R', qui le l'ont remonter jusqu*au sommet de sa course en suivant le poids P. Le clapet, abandonné alors à lui-môme, descend, en vertu de la gravité et de la charge de mercure, d'une petite hauteur (B), et le mercure recouvrant le piston retombe par la lumière i au fond du cylindre.. Le poids P,«agissant de nouveau sur le piston, le fait descendre en provoquant l'ascension du mercure par le tube intérieur avec plus ou moins de vitesse, suivant que son orifice supérieur, réglé par un robinet, est plus ou moins grand. Le disque reste au rouge j)endant tout le temps que le piston descend, et jusqu'à ce qu'il ait repris sa position A. On peut donc ainsi iermer les voies pendant un temps plus ou moins long^ à Volonté, temps qui peut être réglé sur celui qui doit s'écouler entre le passage de deux trains^
Au chemin de fer du Nord, on emploie en pleine ligne, et pour
Kig. 251.
marquer le temps écoulé entre le passage de deux trains, un appareil (]ui Tonclionnc bien depuis près de six mois.
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Cet appareil se compose d'un système de leviers et d'un poteau surmonté d'un cadran derrière lequel est un mouvement d'horlogerie qui peut marcher pendant une demi-heure» Une seule aiguille indique le Inps de temps écoulé depuis le passage du dernier Irain. Un contre-rail articulé en son milieu se trouve placé en face du signal. Ce contre-rail, en s*éIoignant brusquement au passage du train, abaisse une pédale. A ce moment, un poids qui lui est superposé descend et fait tourner un petit treuil auquel est attaché le poids du mouvement d'horlogerie, et le remonte. L'aiguille, qui avait parcouru tout ou partie de sa course, se trouve ainsi déplacée et revient à son point de départ (zéro du cadran). Indépendamment de cet indicateur, on a adapté à l'appareil un carillon qui est mis en mouvement par la même pédale. Ce carillon, à cloche ou à timbre, fonctionne pendant cinq minutes après le passage de chaque train.
il nous reste, après avoir décrit les différents systèmes de disques employés, à indiquer quels sont leurs avantages et leurs inconvénients.
Parmi les systèmes de levier en usage pour obtenir une tension constante du fil servant à manœuvrer le disque Bataille, celui quj porte le nom de système Robert et le levier à anneau du chemin de Lyon, paraissent également efficaces.
Le disque Bara est assez simple de disposition. On l'a essayé suie le chemin de fer de l'Est, dans la gare de la Villelte, mais dans de mauvaises conditions. L'essai en sera fait prochainement dans des conditions meilleures. On lui reproche la manœuvre au moyen d'une manivelle ; on regarde l'emploi d'un levier comme plus sûr et plus rapide.
On a placé plusieurs disques Rousseau sur les chemins de P(ancy à Metz et de Nancy à Épinal, et on en a été très-satisfait.
A Novéant, sur le chemin de Nancy à Metz, le disque est à 2,000 mètres de la station, et a toujours bien fonctionné.
Des expériences faites par M. Maucolin, conducteur des ponts et chaussées, ont constaté que, pour un allongement du til de 1™, 80, avec une course au levier de 1",15 et à une distance de 2,000 mètres, la manœuvre avait encore lieu sans difficulté. I. 39
On trouvera, dans une des prochaines livraisons du Nouveau Portefeuille de ïingéiiieur, les plans complets des différents systèmes de disques, et le détail des prix de revient.
Le système Goubet a été employé pour un assez grand nombre de disques au chemin de fer de Mulhouse. Il ne donne pas encore toute satisfaction, mais on espère obtenir de meilleurs résultats lorstfuc les chefs de station en connaîtront mieux la manœuvre. On lui reproche la complication. L'inventeur 8*occupe de le simplifier.
I^s disques Limouse et Baranowsky ont le défaut de tous les appareils automoteurs. Tout appareil peut se déranger et est exposé aux atteintes de la malveillance. S*il cesse de fonctionner, pei*sonne n'est responsable, et les accidents deviennent inévitables. Ajoutons cependant que, pendant trois années consécutives, le disque Limouse, établi dans la gare de Château-Thierry, a toujours fonctionné parfaitement. Quant au disque Baranowsky, il n*est établi que depuis peu de temps sur le chemin de Saint-Germain.
On est très-satisfait au chemin de Lyon des trembleurs électriques.
Quand les voies aux abords des stations sont rectilignes, le chef de station peut toujours s'assurer que le disque a bien fonctionne; mais, dans les stations en courbe, souvent il ne le peut pas.
On a établi dans ce cas des disques répétiteurs en vue du chef de station, ou adopté telle autre disposition, telle par exemple que les leviers en croix de M. Goubet, pour indiquer la position du signal ; mais on n'a malheureusement trouvé jusqu'à présent aucun moyen d'indiquer l'état des lampes, qu'on ne peut apercevoir, et malheureusement ces lampes s'éteignent quelquefois, surtout dans les temps de forte gelée. On nous a présente à la vérité un appareil électrique ayant pour objet de remplir celte lacune; mais cet appareil, fort ingénieux d'ailleurs, n'a pas encore reçu la sanction de l'expénence. On essaye enfin en ce moment, au chemin de TEst, des huiles de schiste, dont le principal avantage serait, à ce qu'il parait, de rester liquides à toute température.
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