CHSMINS EN PORTUGAL, EN TURQUIE
que la mère patrie en possédait à peine quelques kilomètres. H y existait déjà, en 1854, plusieurs lignes dont la longueur, considérable pour un si petit pajs, était de 604 kilomètres. De nouveaux chemins d'une assez grande longueur ont été concédés depuis lors à des Compagnies respectables.
Woatmgtd. — Ce pays est un des plus pauvres de l'Europe en chemins de fer construits. Un chemin a été livré à la circulation cotre Lisbonne et Carsegado ; il se prolongera très-prochainement jusqu'à Santarem. La ligne de Lisbonne à Santarem, longue de 72 kilomètres environ, servira de tronc commun aux chemins projetés de Lisbonne à Oporto et de Lisbonne à la frontière d'Espagne. Celui de Lisbonne à Oporto vient d'être concédé.
Dn chemin de Lisbonne à Cintra (28 kilomètres) et une ligne plus importante (75 kilomètres), passant à Yendas, Novas et Setobal, ont été concédés en 1854 et 1855. On a aussi rédigé le projet d'un chemin de fer qui relierait Lisbonne à Cadix, et celui d'une d'une voie ferrée qui, partant d'Oporto, s'étendrait jusqu'à Vigo.
On ne cite en Portugal que M. Fucntès parmi les hommes politiques qui se sont occupés de la construction des chemins de fer.
Tnrqaie. — Grâce à l'heureuse influence des nouveaux alliés du sultan, on est sur le point d'exécuter aussi dans ce pays tout un réseau de chemins de fer. Le projet de ce réseau, d'après la Gazette des Chemins de fer de Bresson, comprendrait deux groupes de railways : le premier se composerait des lignes de Belgrade à Setovanieza, de Setovanieza àConstantinople par Andrinople, de Setovanicza à Pristnia, de Pristnia à Scutari-Bojana (sur la mer Adriatique), et de Pristnia à Salonique ; le second renfermerait les lignes de Bucharest à Vetsevova, frontière autrichienne près d'Orsova; de Bucharest à Varna ; de Bucharest à Predial, prèsdeCronstadt (Esclavonie, Autriche) ; de Bucharest à la frontière Bukovine, près de Czernowiez. Les points de jonction avec les voies de transit européen seront à Semlin, en face de Belgrade, où aboutira le chemin projeté de Comoni (lignes autrichiennes); à Vetsevova, près d'Orsova, communiquant avec le chemin de Basiarehà Orsova, qui suivra le œur» du Danube (lignes autrichiennes); à Predial, près Cronstadt;
enGn à Jahy et Czernowicz, sur la frontière de la MoldâTÎe et de rAutriche.
Ce réseau, ainsi que Ton pourra s en convaincre en esamînanl la carte, ne laisse hors de son parcours aucune des places importantes de la Turquie. L'exécution n'en oflre aucune difficulté extraordinaire, et les frais de construction seront amplement couverts par les transports que fourniront des contrées fertiles, ridies en produits agricoles et métallurgiques, et auxquelles il ne manque que des moyens de transport pour les céréales et pour lea produits de Texploitalion des gisements métallifères.
En jetant les yeux sur une carte d'Europe, on voit que les che» mins de TEst français, ainsi que les lignes qui conduisent de la frontière de Turquie à Strasbourg, doivent surtout profiter de raocroissèment de circulation qui suivra la création du réseau turc.
De ces différents chemins, celui qui probablement sera exécuté Tun des premiers sera celui de Belgrade, l'un des points extrêmes du chemin autrichien François-Joseph.
Une Compagnie anglaise a demandé la concession de celui de Koutschouk à Varna, qui n'est pas compris dans le réseau que nous venons de décrire, et qui a pour objet d'abréger considéraUe» ment le trajet qui a lien aujourd'hui de Vienne à Constantinoplepar le Danube et la mer Noire.
cir«ee. — La Grèce ne possède encore aucune ligne de fer. Les Chambres grecques ont été saisies d'un projet de chemin d'Athènes au Pirée, long de 4 kilomètres ; ne désespérons donc pas de voir bientôt l'espace qui sépare Athènes de Sparte franchi par des locomotives.
Algérie. — H n'existe encore aucune voie ferrée en Algérie ; mais, au moment où nous allions mettre sous presse, un décret de TEnipereur a décidé qu'il y serait créé un réseau embrassant lea trois provinces. Ce réseau se composera :
l"" D'une ligne parallèle à la mer, suivant a Test le parcours entre Alger et Conslantine, et passant par ou près Aumale el Sctif; à l'ouest, le parcours entre Alger et Oran, et passant par ou près Blidah, Amourah, Oriéansville, Saint-Denis-du-Sig et Sainte- Barbe.
CHEMINS EN Ë6TPTE, AU BRÉSIL; AU CHILI. b^
¥ Des lignes parlant des principaux ports et aboutissant à la ligne parallèle à la mer, savoir : à Test, de Philippeville ou Stora à Constantine, en passant par Guelma; à Touest, de Tenès à Orléansville, d'Arzew et Mostaganem à Relizam et d*Oran à Tlemcen, en passant par Sainte-Barbe et Sidi-bel-Abbès.
L'accomplissement de cette grande œuvre consolidera notre puissance en Algérie mieux encore que les victoires de nos aiTnées. Parmi les hommes qui ont étudié le plus sérieusement la question des chemins de fer algériens, nous placerons au premier rang le gouverneur actuel maréchal Randon, et le général du génie Chabaud-Latour.
È^uw^m — En Egypte, il n'existe qu'un chemin de fer, celui d'Alexandrie au Caire. On travaille à la prolongation de ce chemin vers la mer Rouge.
WÊrémiL — Au Brésil, le gouvernement encourage par des garanties d'intérêts et par des concessions de privilèges rétablissement des chemins de fer dans ses États.
Trois chemins de fer sont en voie d'exécution ou terminés. Le premier chemin de fer qui ait été construit au Brésil est celui de Mana à la Sarra da Estrella, inauguré il y a deux ans environ. 11 n'a qu'une seule voie, et forme une section de 46 kilomètres de la ligne de Rio à Petrepolis. La route à partir de la ville comprend 22 kilomètres en bateau à vapeur pour traverser la rade, puis 16 kilomètres en chemin de fer, et enfin de 11 à 12 kilomètres, en gravissant le flanc de quelques montagnes escarpées par une route de voiture très-bien macadamisée.
La ligne de Rio-Janeiro au pied de la Terra da Mar, surnommée chemin de fer Don Pedro II, d'une longueur de 80 kilomètres, est en bonne voie d'avancement, et pourra être ouverte vers la fin de 18j7.
La ligne de Pernambuco est également poussée avec activité ; la première section sera livrée prochainement à la circulation.
CMIL — Le chemin de fer de Santiago à Valparaiso a été livré à la circulation.
Il s'est formé, à Santiago, parmi les principaux capitalistes, une Compagnie anonyme pour la construction d'un chemin de fer entre
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la capitale et la ville de Tolea, située sur le Rio-Meurle, à 220 kilomètres au sud. (Annuaire de Cliaix.)
Aaatraiie. — Les deux chemins de fer de Williams-Town et de Greclong sont en voie d'achèvement.
Inde. — Le chemin de fer de Calcutta à la ville de Bcrdevan et aux mines de houille de Ranccgungh a été inauguré en février 4855, sous la présidence de Fingénieur Mac Donald Stephenson, directeur de la Compagnie des chemins de fer de llnde. Il y a quatorze ans déjà que des projets de chemins de fer, destinés à relier les différentes parties de Tlnde britannique, sont à Tétude; mais les travaux n'ont commencé qu*en 1849. On compte aujourd'hui 193 kilomètres entièrement achevés et exploités ; 1 ,058 kilomètres sont concédés et doivent être terminés en 1857; 520 kilomètres sont en construction ; 008 kilomètres, destinés à compléter la ligne de Calcutta à Lahore, sont à Tétude. En résumé, le réseau indien comprenait, à la fin de 1855, soit à Tétat d'exploitation, soit à l'état de construction ou de projet, 2,160 kilomètres.
Dans l'origine, on craignait que la population indienne n*08it pas s'aventurer sur les chemins de fer, et que la sécurité de la voie ne fut compromise en présence de préjugés hostiles et au milieu d*un pays où la surveillance rencontre de grandes difficultés. L'événement a prouvé que ces alarmes étaient mal fondées, et que les Hindous ont su bien vite apprécier les avantages du nouveau mode de locomotion. Les Brahmcs voyagent très-commodément dans les waggons sans craindre de perdre leur caste. Ils font usage du UHégraphe électrique sans éprouver le moindre remords. C'est toute une révolution qui consolide la conquête en même temps qu'elle est destinée à améliorer la condition matérielle et morale du peuple conquis.
Ces renseignements sur les chemins de fer de l'Inde, empruntés au Journal des Chemins de fer^ se complètent par les'suivants : un plan complet, embrassant l'Inde entière dans son vaste réseau, a été envoyé en Angleterre parle gouverneur général des possessions anglaises pour être soumis à l'approbation du gouvernement. I^ point de départ serait à Calcutta, d'où le railway irait traverser le Gange à Ramajhal, puis le Doab, et se dirigerait vers Agra et Delhy .
CnEUNS Blf ASIE» AU MEXIQdE. 61
A cette ville, la ligne compterait 1,100 kilomètres de longueur. Une fois que cette portion serait achevée, on poursuivrait la voie ferrée jusqu^à Lahore et Pesbawar pour mettre en rapport la vallée de rindus avec celle du Gange. A un point quelconque du chemin de Calcutta à Delhy, viendrait se souder une ligne partant de Bombay, qui rapprocherait Calcutta de l'Europe de plusieurs journées. Enfin Madras serait lié au réseau par une ligne s'étendant pendant 70 milles (112 kilomètres) vers Touest, et qui, là, se bifurquerait pour aller d'un côté vers Calicut, sur la côte de Malabar, et de l'autre vers Bombay, par Bellary.
MMivcile-circMide. — On a livré à la circulation (28 janvier 1855) le chemin de fer de Panama. Le trajet de l'isthme, qui, dans rorigine, avait demandé jusqu'à dix-sept jours, et que, par les moyens ordinaires, on était parvenu à réduire aux fatigues de trois journées, s'opère aujourd'hui en six heures.
AiaUHVaiB dht MmmÈ^gmm. — Le chemin de Téhuantépec, en construction actuellement, est un redressement de celui de Panama. Il aura 120 kilomètres de longueur, et fera suite à une navigation luviale de lUO kilomètres. Il présente, pour les rapports de l'Europe et de l'Amérique avec le Pérou, la Nouvelle-Calédonie, l'Australie, la Chine, le Japon, In Kussie d'Asie et la Californie, une économie de dix à quinze jours sur le trajet total. Il réduit de vingtsix à quatorze jours le trajet de New-York à San-Francisco, et place la Nouvelle-Orléans à quatre jours du Pacifique et à onze jours au lieu de vingt de San-Francisco.
Asie. — On s'occupe sérieusement en ce moment (avril 1857) de Tétude d'un chemin de fer qui s'étendrait de Swedia et d'Anlioche à l'Euphrate. On obtiendrait ainsi l'union de la Méditerranée avec le golfe Pcrsique, au moyen de voies ferrées jusqu'au fleuve, et de bateaux à vapeur sur le fleuve.
Une compagnie anglaise a obtenu la concession d'un chemin de Smvnie à Aïdin.
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Nous croyons ne pouvoir mieux terminer ce chapitre sur la construction des chemins de fer dans les différents pays qu'en comparant leur longueur à la surface territoriale de ces pays et à leur population»
Le tableau suivant fournira les éléments de cette comparaison.
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