CUEMIN DE LYON A AVIGNON
Les colons de TÉgypte et du Levant arrivent par Trieste à Zurich et en Allemagne à bien meilleur marché que par Marseille, et, sans les douanes, qui prohibent l'entrée de cette marchandise en France par la voie de terre, tous les manufacturiers de TAlsacc préféreraient la tirer de Trieste par la voie de Zurich que de Marseille.
La vallée du Rhône étant plus favorable que toute autre voie pour arriver en Alsace et en Allemagne, le contraire arrivera lorsque les chemins de fer de Marseille à Lyon et de Dijon à Mulhouse seront livrés à la circulation sur toute Tétendue du parcours.
Marseille est non-seulement le chef-lieu du Midi, mais il est encore le centre du commerce de la Méditerranée. Ses relations avec le Levant, l'Egypte, l'Amérique et les Indes, sont immenses ; elle en a lié de plus récentes avec Odessa et Trieste, et sa position est naturellement le nœud entre la métropole et la belle colonie d'Alger, appelée à prendre dans un avenir prochain un grand développement.
Par une conséquence naturelle de ces faits, Marseille est Tuno des artères qui répandent au sein du royaume le plus de vie. St.*s douanes, plus productives que celles du Havre, en font foi.
Il est donc vrai de dire que sa prospérité est, dans toute la force du terme,. une richesse nationale; la France tout entière est intéressée à ce que les sources n'en tarissent pas.
Les premières études du chemin de fer de Lyon à Avignon ont été entreprises à l'aide du fonds de 500,000 fr., voté par la loi du 27 juin ÎS3Ô, et, dès l'année 1837, un projet complet, revelu de 'l'approbation du conseil général des ponts et chaussées, avait pu être mis sous les yeui de la Chambre ; ce projet, sauf quelques modifications que nous allons indiquer, a été adopté tel qu'il avait été arrêté à l'époque dont nous parlons.
Le tracé se raccorde à Lyon avec celui du chemin venant de Paris dans la gare de voyageurs de la presqu'île de Perrache, traverse le-Rhône sur un pont à arches de fonte, tranche le faubourg de la Guilloticre, et s'établit sur la rive gauche du Rhône. De ce piûnt, il se développe dans la plaine basse de la rive gauche du fleuve jusqu'au pied du coteau de Saint-Fond; après quoi, il passe ati-dessous de Feyssin, Solaize, Ternay, Chasse, Seyssuel et Estreis-
sin, cl, se développant quelquefois au pied du coteau qui limite cet plaines, en longeant le Rhône au passage des rochers de Grabatioii, des Roches-Piquées et des roches de Seyssuel, il s'avance jusqu'au fleuve. On arrive ainsi, a])rès avoir traversé^ en coupure le petit seuil de Puissant-Dieu, à Tenlrce de Vienne, sur un viaduc de 200 mètres de longueur, construit au bord du Rhône. Là, le cbcmin de Fer franchit la route impériale de Marseille à Lyon, passe en souterrain sous le coteau de la Bâtie, sur un pont la rivière de la Gère, de nouveau en souterrain sous la ville de Vienne, et débouche derrière les casernes de cavalerie, à rcxtréoiité sud de la ville.
De ce point, le tracé se dirige successivement vers les plaines de TAiguille et du Bas-Pavé, se déroule entre la route impériale et le Rhône, puis longe le fleuve au passage des rochers de Harçon, coupe la plaine de Gerbay, se retrouve de nouveau au bord du fleuve au pied des rochers qui précèdent le village près de Condrieu, et traverse en souterrain la partie supérieure de ce village; le tracé est ensuite disposé de manière à passer au-dessous de Saint-Clair. puis dans la belle plaine basse du Péage, d*où il gagne le plateau de Saint-Rambcrt, en longeant immédiatement le Rhône au-devant de . ce village.
Après avoir parcouru le plateau de Saint-Rambert, le tracé se développe dans la plaine basse du Crcux-de-Ia-Tuine, laisse derrière lui Andancelle, francliil le torrent de Bancel un peu au-dessous du rocher d*Isard, coupe la plaine de rAvexron, tcaversede nouveau la route impériale, qu*il abandonne à sa droite, et se dirige sur Saint-Val lier, où il arrive par une longue tranchée.
Alors il s'établit derrière le bourg, sous la partie supérieure duquel il passe, puis il traverse le torrent de la Galaure, après quoi il longe la route impériale^ dont il contourne les sinuosités jusqu'à Ponsas. De là, il suit la base des rochers, ayant à sa droite la route e( le Rhône, et arrive au village de Sei*ves, derrière lequel il dispaniil soulerrainement. Après ce village, le tracé se maintient au pied des coteaux entre les villages d'Érônic et de Gervans jusqu'au commencement des rochers d'Aiguille, qui le rejettent en dehors de la route, et le forcent à passer derrière la ville de Tains. 11 quitte