‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 44 sur 239 · CHEMIN DAVIGNON A MARSEILLE · texte numérisé non relu

CHEMIN DAVIGNON A MARSEILLE

011 184Ô, exécuté depuis sous la direction de cet ingénieur, le chemin d'Avignon à Marseille est, depuis 1847, livré à la circulation tel que nous allons le décrire.

Le départ se fait en aval de la ville d'Avignon, selon une courbe de 1 ,000 mètres de rayon et avec une rampe de o millièmes par mètre sur \ ,200 mètres de longueur.

Le chemin traverse la Durance sur un grand viaduc de vingt et une arches en anse de panier de âO mètres douverture chacune. Sa longueur totale est de 535 mètres; sa hauteur de 9 mètres au-des* sus de l'étiage. Après quoi, jusqu'à Tarascon, rien de remarquable, les pentes étant toujours de 2°^,5 au plus et les rayons des courtn^s de i,000 mètres au moins.

C'est à Tarascon que se fait Tembranchcmcnt de jonction avec le chemin du Gard. A cet effet, un pont a été jeté sur le Rhône, et l'embranchement, passant à Beaucaire, va rejoindre le chemin du (^rd un peu au delà de cette ville.

De Tarascon à Arles, le terrain et le tracé sont encore moins accidentés que d'Avignon à Tarascon. I..es pojitcs n'y sont plus que de 1 millième, et, tandis que, précédemment, le remblai atteignait 9 mètres de hauteur en quelques points, comme au viaduc de la Durance, tandis qu'on y rencontrait quelques tranchées assez notables, telles que celles de la Roque, on ne trouve ici qu'un remblai € mtinu haut de 5 mètres au plus, mais le plus souvent de t> ou 3 mètres. Enfin on n'y compte que deux courbes de 2,000 nièires <le rayon chacune.

La station d'Arles est d'une grande importance. C'est là qu'est établi l'atelier central d'entretien et de réparation de tout le matériel.

Peu après ces ateliers, le chemin traverse divers canaux et fossés sur le grand viaduc d'Arles, composé de trente et une arches en anse de panier de 21 mètres d'ouverture chacune. Ce bel ouvrage il'art présente une longueur totale de 76i) mètres ; mais sa hauteur maxima n'est que de 8 mètres. Au delà, le tracé présente, à la suite d'une courbe de 1,500 mètres de rayon, un alignement droit de 53 kilomètres environ. Il passe ainsi à Raphèle, à Saint- Martin-la-Crau, à Entressen, à Constantine, quelquefois en faible

tranchée, mais le plus souvent en remblai peu éleyc, ou môme au niveau du sol. C'est seulement entre Conslantine et Saint-Chamaa que, rencontrant les croupes des chaînes qui viennent mourir près de rétang de Berrc et y forment une succession continuelle de rochers et de ravins, il présente, en plan, une série de courbes. la plupart de 1 ,000 mètres de rayon, mais parmi lesquelles il s'en trouve une de 800 mètres dans une assez forte tranchée, et, en profil, dos alternances sans cesse répétées de remblais et de tranchées, dont, au reste, le cube ne 8*élève guère au-dessus de 50,000 mètres.

Quant aux pentes, elles ne dépassent pas 3 millimètres.

Après Saint-Chamas, on remarque une courbe, dite de Versailles, de 000 mètres de rayon; une autre de 1,000 mètres lui succède, et c'est dans celle-ci que se trouve compris le viaduc de Snint-Cliamas. Ce viaduc est jeté sur un ravin de 385 mètres de largeur et d'une profondeur maxima de 22 mètres.

Il est formé de quarante-neuf arches en ogive de 6 mètres d'ouverture chacune, ou plutôt de vingt-quatre arches et demie en p*ein cintre de 12 mètres, entrelacées de telle sorte qu*unc pile de l'une se trouve dans Taxe de l'autre et que la clef de la seconde forme la partie supérieure d'un évidement dans le tympan de la pre» mièrc.

Ce ^'cnre de construction tout à fait nouveau ne manque ni de solidité, ni d'élégance, ni d'originalité.

Alors se continue, sur les bords de l'étang de Berre, la succession des remblais et déblais à travers ravins et rochers, sur une longueur de 6 kilomètres, et, à la suite de courbes successives de 1,000 mètres et au delà, elle se poursuit jusqu'à 5 kilomètres de Saini-Chamas. Puis le chemin redevient rectiligne et se tient presque au niveau du sol, sur une longueur de 7 kilomètres, jusqu'au delà de la station de Berre. Vers ce point, à Branî, ou trouve une courbe de 870 mètres de rayon, de 1,316 mètres de développement; puis une autre à Itognac, d'une longueur de 2,472 mètres, mais de 1 ,000 mètres de rayon.

On se dirige ensuite en ligne droite sur le Baoû, où se trouve un viaduc de 75 mètres de longueur et de 9 mètres de hauteur seule-

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ment, composé de sept arches inégales dont la plus grande a 12 mètres d'ouverture.

Ici reparaissent les courbes de i ,000 mètres environ ; Timportance des terrassements augmente, et une rampe de 5 millimètres sur 8 kilomètres conduit au viaduc de la Cudière, qui, d*une longueur totale de 65 mètres seulement, est formé de sept arches on ogive de 7 mètres d'ouverture chacune, construites dans le même système que celles du viaduc de Saint-Chamas.

De là enfin, par une rampe de 2 millimètres par mètre sur 1,000 mètres, on arrive à la tète nord du souterrain de la Nerthe.

La longueur de ce souterrain est de 4,620 mètres, sa hauteur sous cler est de 8 mètres. 11 se trouve en rampe de 2 millimètres sur la moitié de sa longueur, en pente de i millimètre sur l'autre moitié. Il a été déblayé, à l'aide de vingt-quatre puits espacés moyennement de 200 mètres, et dont le plus grand a 180 mètres de profondeur.

Les difficultés de ce percement et son prix de revient par mètre ont été à peu près les mêmes que pour le souterrain de Blaizy sur la ligne de Paris à Lyon ; nous renvoyons donc pour plus de détails à la description de ce dernier chemin.

A la sortie de la Nerthe le tracé présente, en plan, plusieurs courbes consécutives de 1 ,000 mètres de rayon et une de 850, et, sur le profil, une suite de ravins, dont le plus grand a 17 mètres de profondeur, et que Ton franchit au moyen : 1® de deux viaducs, l'un de cinq arches ogivales ordinaires de 8 mètres, l'autre de sept arches en plein cintre aussi de 8 mètres d'ouverture; 2° d'un remblai avec mur de soutènement de 90 mètres de long, indépendamment des remblais ordinaires.

On arrive ainsi à la station de l'Estaque, d'où l'on sort par une courbe de 1,000 mètres, puis, dans le cours d'un alignement droit de 5 kilomètres, on passe à Séon, où Ton trouve un petit souterrain de 460 mètres seulement, et l'on continue jusqu'à SaintrJoscph. On parvient ensuite à Saint-Barthélémy par une courbe de 2,000 mètres de rayon, et enfin à Marseille par une dernière de 1 ,000 mètres.

Dans ce trajet de 11 kilomètres entre la Nerthe et Marseille, mais surtout jusqu'au petit souterrain dont nous avons parlé, le remblai succède continuellement au déblai, et vice vei'sa^ donnant lieu ainsi à des terrassements plus multipliés et irn^uUers que considérables.

Quant aux pentes et rampes, elles y sont toutes de 1 millimèire, à Texception de celle d'arrivée à Marseille, qui est de 2 millimètres 1,/2.

En résumé, le chemin d'Avignon à Marseille a cela de particulier que, sur un parcours total de 120 kilomètres, dont près de la moitié à travers un pays de montagnes, il ne présente aucune pente supérieure à 3 millimètres, et n'a nécessité que fort peu de courbos de moins de 1 ,000 mèti-es de rayon.

ciieMiH de fer de Maihovae. — Le chemin de Mulfaouse, soudé au chemin de Strasbourg à Noisy-le-Sec (9 kilomètres de Paris), traverse la Marne à une grande hauteur tout près de No|;ent; il monte ensuite sur les plateaux do la Brie, qu'il traverse sur 50 kilomètres de longueur, en desservant la ville de Nangis, se oonfonl à Flamboin avec le chemin de Montereau à Troyes. De Troyes à Chaumont, il suit la vallée de la Barse, traverse le faite scparatir des vallées de la Seine et de TAube, en passant par Vandœuvre. et arrive à Chaumont. où se trouve un tronc C4)mmun aux àeai lignes de Mulhouse et de Blcsmes à Gray. La première ligne quitte la seconde à Chalindrey, à 11 kilomètres de Langres, franchit les vallées de la Marne et de la Saône, dessert Vesoul, traverse le faite séparatif des vallées de la Saône et de TOgnon, dessert Lure et Belfort, franchit au delà de ce point le grand faite séparatif des cours d'eau du bassin de la Méditerranée et de celui de l'Océan; puis enfin aboutit à Mulhouse, après avoir suivi les vallées de la Savoureuse et de l'IU.

La pente maxima du chemin de Mulhouse ne dépasse pas 6 millièm(!s, et le rayon des courbes, si ce n'est dans les stations, ne descend pas au-dessous de 800 mètres.

Les travaux ont une grande importance. Le cube des terrassements est de 14 millions de mètres cubes, soit 58,000 mètres cubes par kilomètre.

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