‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 2)Chapitre 61 sur 239 · CHEMIN 1)E SAINT-ÉTIENNE A ROANNE · texte numérisé non relu

CHEMIN 1)E SAINT-ÉTIENNE A ROANNE

impossible de réduire la pente à une limite avantageuse pour le service des locomotives sans faire des circuits non moins préjudiciables à la viabilité.

Disons donc, avec le célèbre ingénieur Stephenson, que le tracé du chemin de Saint-Êtienne est une œuvre qui bit honneur à MM. Brisson et Marc Séguin : il n'appartenait qu'à des hommes de ^énie de concevoir un travail aussi hardi.

Le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon n*est cependant pas à Tabri de la critique comme ouvrage d'art. Sans expérience alors sur les conditions de solidité que doivent remplir ces nouvelles voies de communication, on Ta construit trop légèrement. Il est à regretter aussi que l'on n'ait pas donné aux grands souterrains une largeur suffisante pour loger deux voies. Mais la Compagnie du Grand-Central, substituée aux anciennes Compagnies des chemins de Saint- Êtîenne à Lyon et de Saint-Étienne à Roanne, vient d'entreprendre ,des travaux qui auront pour résultat de les placer dans les conditions ordinaires de largeur de voie et de solidité des ouvrages.

Le chemin de fer de Saint-Étienne étant à deux voies sur la plus grande partie de son parcours, placé sur un terrain que Ton a payé fort cher (20,000 fr. l'hectare en moyenne), et comptant environ 4,000 mètres de souterrains sur une longueur totale de 57,(100 mètres, a coûté 450,000 fr. environ le kilomètre.

Chemin de Skiint-Étieiine * Roaimc. — Le chemin de Saint- Étienne à Roanne ne nous présente plus les pentes uniformes du chemin de Lyon à Saînt-Élicnne. A une longue portion presque entièrement de niveau succèdent plusieurs plans inclinés d'environ 5 centièmes de pente. IjC service se fait avec des machines locomotives sur la partie de niveau, et avec des machines fixes sur les plans inclinés.

Devait-on, pour éviter les plans inclinés, exécuter de longs et coûteux souterrains? C*est ce dont il est permis de douter, quand on sait combien était faible le chiffre de la circulation sur ce chemin quelques années même après l'ouverture.

Les chemins de Saint-Étienne à Lyon, Saint-Etienne à Andrezieux et Roanne sont aujourd'hui (1857) reconstruits dans leur entier

sur le modèle des lignes les plus nouvelles, sous la direction de M . rîngénieur en chef Michel.

chciniii d'Aiais * Bcavcaire. — On a souvcnt décrit les chemins de Roanne h Saint-Étienne et de Saint-Étienne à Lyon : aussi sontils généralement connus. Il n*en est pas de même du chemin d' Alais h Beaucaire, qui, placé dans des circonstances analogues, ne présente peut-être pas moins d'intérêt.

Nous allons en étudier le trac4;; nous le ferons précéder de celui du chemin des mines de la Grand'Combe à Alais, et nous y joindrons le tracé du chemin de Nîmes à Montpellier. Nous ne Terons, au reste, pour ainsi dire, que mentionner ce dernier, dont les détails ne nous offriraient rien do hien instructif.

Le chemin des mines de la Grand'Combe à Alais quitte les mines par un plan incliné en ligne droite, de 686 mètres de longueur, rachetant une hauteur de 06*, 05 au moyen d'une pente graduée de haut en bas de la manière suivante :

Longueur,

100 met. Pente.

Hauteur rachetée»

Longueur totale 686 met. Pente moyenne 0,083 Hauteur totale rachetée 50,65

Puis, après un palier sur un viaduc de 40 mètres et une pente de 0,006 sur 178 mètres de longueur en courbe de 500 mètres de rayon, on arrive à un second plan incliné de 400 mètres ainsi gradué :

Longueur, 80 met. Pente, 0,0525 Hauteur nudietée, 4,20

Longueur totale 400 met. Pente moyenne 0,0475 Hauteur totale rachetée 19,00 Après quoi, le chemin passe des plans inclinés à l'allure ordi-

CHEMIN DALAIS A BEAUCAIRE. 239

naire pat quelques pentes fortes, mais assez courtes, qui sont les suivantes :

0,015 sur 384 mètres.

Cette dernière est en partie dans un souterrain de 177 mètres de longueur.

Puis, jusqu'à Alais, le chemin continue à descendre, mais par une pente qui ne varie qu'entre 2 et 4 millimètres.

Quant aux courbes, elles sont sans cesse de faible rayon. On en compte :

1 de 1 7^ mètres de rayon et de 80 mètres de longueur.

— 450 mètres de longueur environ.

^- 400 mètres de longueur en movenne.

Une seule enfin de 066 mètres sur 145 de développement.

Les alignements sont rares et peu étendus ; ils ont ordinairement 200 mètres environ, si ce n'est en approchant d'Alais, où l'on en trouve un de 716 mètres et un autre de 400 mètres.

Le chemin d'Alais à Beaucaire présente au début quelques courbes comparables aux précédentes, savoir :

1 courbe de 400 mètres de rayon sur 218 mètres de développement. i — 514 — 852 —

Puis elles deviennent de 1,000, 1,400 et 1,500 mètres, et sont entremêlées de quelques alignements jusqu'un peu avant le souterrain de Ners, où il s'en trouve une de 700 mètres de rayon et de

oOO mètres de développement, et une de 546 mètres de rayon sur 654 mètres de développement. Jusque-là les pentes se sont maintenues entre i et 4 millimètres, et on n*a rencontré qu^un seul palier de 560 mètres.

Le souterrain de Ners, de 1 ,300 mètres de longueur, fait partie d'une pente de 2"''", 5. Elle est suivie d'un palier de 600 mètres à l'extrémité duquel se trouve le pont du Gardon. Ce pont a 222 mètres de longueur et 8 de hauteur au-dessus de Tétiage. Il est formé de 8 arches de 22 mètres d'ouverture. Après quoi la pente se reproduit toujours à peu près dans les mêmes limites jusques et au delà du village de Boncoiran, sous lequel le chemin passe par un petit tunnel. Puis vient une rampe de Z'^'^.o sur 3,600 mètres dfe longueur, à laquelle succède un palier de 2,500 mètres. Enfin, i rentrée d une rampe de 6 millimètres sur 8,200 mètres de longueur, on arrive au viaduc de la Braune, de 200 mètres de long, de 14 mètres de haut^ et composé de 16 arches de 10 mètres d'ouverture environ.

Quant aux courbes, elles se sont, depuis Ners, maintenues gêné* ralement au-dessus de 1,000 mètres, à l'exception de trois, dont une après Boncoiran, de 700 mètres de rayon sur 242 de dévdoppement, et deux auprès du viaduc de la Braune, de 750 mètres derayon sur 576 mètres de développement:

Au sommet de la rampe de 6 millimètres au mas de Ponge se trouve un palier de 200 mètres, puis on redescend sur Nimes avec une rampe de 12 millimètres sur 8,100 mètres de longueur.

On passe dans le cours de cette rampe sur le viaduc de la Tour- Magnc, de 18 mètres de hauteur; sous la Tour-Magne, au moyen d'un petit tunnel, sur le viaduc du Blas-du-Diable, et l'on arrive à un palier de 1,400 mètres sur lequel se fait le raccordement avec le chemin de Nimes à Montpellier.

De Nîmes à Beaucaire le tracé se trouve en plan dans les conditions les plus communes ; il présente, à la vérité, une suite presque continuelle de courbes, mais celles-ci n'ont jamais plus de 1 ,000 mètres de rayon.

Quant au profd, il offre d'abord, sur une longueur totale d'environ 10 kilomètres, quelques pentes de 3"",5, puis des rampes de

CHEMIN DE VISlflfE A TRIESTE. 941

même inclinaison, le tout enlremèlé de paliers de 809 à 1 ,000 mètres. A rissue de la dernière rampe on se trouve en palier sur 5,210 mètiies, puis on redescend sur Beaucaire par une pente continue de 7 millimètres sur 7,690 mèlres de longueur. On rencontre dans le cours de cette pente, en fait de travaux d*art, 1"* le viaduc du Mas-du-Pauvre-Ménage, de 125 mètres de long, de 12 mètres de haut, et de 9 arches de 9 mètres d'ouverture chacune.

2* Le souterrain de Beaucaire, de 300 mètres de longueur.

3* Enfin, le viaduc de Beaucaire, qui a 300 mèlres de longueur, il m^res de hauteur, et qui est composé de 28 arches de 10 mètres d'ouverture chacune.

CSe chemin a été établi à simple voie sur toute sa longueur, qui

est de 92 kilomètres. 11 se lient le plus souvent au niveau du sol ;

ausai, quoique traversant un pays fort accidenté, n'a-t-il donné lieu

qu*à de faibles terrassements et à des travaux d*art peu considéra-

» blés, si ce n'est le viaduc de Beaucaire.

Le chemin de Nimes à Montpellier s'embranche, à une petite distance de Nimes, sur celui d'Alais à Beaucaire au mofen d'une courbe de 1,01)0 mètres. Son tracé est des plus simples : il décrit un assez grand nombre de courbes, mais leurs rayons sont tous entre 1 ,500 et 1 ,000 mètres, et plutôt de 1 ,500 que de 1 ,000. On descend, à partir de Nimes, jusqu'à 7 kilomètres de Montpellier, avec une pente presque continue, variant de 1 à o millimètres, puis on arrive à Montpellier par une rampe de O'",002. Là, le chemin se raccorde avec celui de Montpellier à Cette, au moyen de trois courbes et contre-courbes successives de UOO mètres de rayon et de 500 à 700 mètres de développement. Ce sont les seules courbes de rayon au-dessous de 1,000 mètres que l'on puisse citer.

Quant aux travaux d'art, il n'y en a point de remarquables, à moins qu'on ne veuille considérer comme tel le viaduc de la Gailargues, composé de 28 arches, long de 200 métros et haut seulement de 7.

L'embarcadère de Nimes a cela de particulier, que le chemin y «st établi sur les arcades à une hauteur de 10 mèlres environ, et que les bureaux et salles d'attente sont situés au-dessous.

ciieaaB ém wiewM a Tricrtc. — La grande ligne de Vienne à I. 16

Trieste, d'une longueur totale de 629^,60, dont 75^,53 empruntés au chemin de VieAne à Gloggnitz, rencontre, au cœur des Alpes noriques, de sérieuses dillicultés. lie chemin de Gloggniti, prolongé sur le Schotwien, arrive au pied du Sœmmering, le sommet le moins élevé des Alpes styriennes, celui que franchit la grande route de Vienne à Trieste en un point élevé de 1,014'^,15 au-dessus du niveau de la mer, et de G4i)",68 au-dessus de la vallée de la Mur}'. Il traverse cette chaîne de montagnes en la gravissant au moyen do pentes qui atteignent 35 millimètres et descend jusqu'à Gratz, capitale de la Styrie.

La discussion du projet pour la traversée du Sœmmering^ a présenté les mêmes phases qu'en Bavière pour le passage du Fichtelgebirge, et elle a abouti au même résultat : la locomotive est restée maîtresse du terrain; on a pu d'ailleurs se renfermer dans les mêmes limites pour Tinclinaison, mais à condition de répartir les rampes par des inflexions plus brusques et plus multipliées encore. " Le rayon de courbure descend jusqu'à 190 mètres; mais, sur rampe de 25 millimètres, il ne s'abaisse pas au-dessous de ^'io mètres, et la longueur maxima de l'arc est de 385 mètres. Le chemin franchit la ligne de faite à 883 mètres au-dessus du niveau de l'Adriatique, à 462 mètres au-dessus de la station de Gloggnitz, distante de 28^,8, et à 217 mètres au-dessus de la station de Murzzuschlag, éloignée de 12 kilomètres. Sur le versant nord, la hauteur rachetée* par les 8 premiers kilomètres à peu près, c'est-à-dire de Gloggnitz à Payerkacli, est seulement de G!r,0; la pente moyenne, a partir de ce point jusqu'au sommet, est de 19 millièmes; elle est de 18 millièmes sur le versant méridional; la répartition des inclinaisons varie de 10 à 25 millièmes.

(i'est seulement sur le versant nord que In limite de 25 millimètres est atteinte, et sur une longueur totale de 4.676 mètres. La plus longue de ces rampes, de 25 millimètres, précédée seulement par nu court palier de 650 mètres, a un développement de 3,1 70 mètres. Le tracé du Sœmmering est donc, sous ce rapport, plus simple que celui du Fichtelgcbirge, qui présente une rampe continue de

* Rslrail des Annotes des mines, article de M. Couche

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