‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 3)Chapitre 12 sur 184 · CHEMINS EN FRANGE · texte numérisé non relu

CHEMINS EN FRANGE

feu l*ingéniear Cordier , ancien député du Jura , et Adolphe Biaise, Thabile rédacteur du Journal de» Chemim de fer.

Si Ton jette un coup d'œil sur la carte des chemins exploités ou en construction, on est tout d'abord frappé de la haute im-» portance des deux grandes voies ferrées qui partagent la Franee en deux parties : la première, dans sa longueur, du Havre à Marseille, en passant par Rouen , Paris et Lyon ; la seconde, dans sa largeur, de Brest à Strasbourg , par Rennes , Paris ei Nancy , aussi utiles Tune et Tautre au point de vue de la civi» lisation et de la stratégie que sous le rapport commercial.

A Paris viennent aussi converger le chemin du Nord qui, en se soudant à la grande voie méridienne du Havre à Marseille, forme le lien entre la mer du Nord et la Méditerranée ; le chemin de Paris à Nantes par Orléans qui, en se reliant au chemin de Brest à Strasbourg , occupe une première place parmi nos voies de communication de l'est avec l'ouest ; enfin celui de Paris à Bayonne également par Orléans.

Nous aurons encore, d'ici à peu d'années, le chemin de Paris à Toulouse qui partagera, avec celui de Paris à Marseille, le trafic du nord avec le midi, le chemin transversal de Bordeaux à Marseille par Toulouse et Nîmes et les chemins de Bordeaux à Oenève par Lyon, de Paris à Mulhouse, de Dijon à Mulhouse et de Blesme à Gray.

Ainsi, dans ce système, tous nos ports de mer du premier ordre , toutes nos grandes villes , Dunkerque , Boulogne , le Havre , Brest, Nantes , Bordeaux , Cette, Marseille , Lyon , Rouen, Orléans, Strasbourg, seront desservis par des chemins de fer aboutissant à la capitale. Nos contrées les plus fertiles seront réunies aux marchés qu'elles approvisionnent, nos manufactures aux lieux de consommation de leurs produits. Nos relations internationales aussi seront garanties; il n'est pas un pays voisin dont nos locomotives n'iront toucher la firontière.

On remarquera enfin que l'exploitation de nos bassins houil- 1ers les plus riches , ceux de Saint-Étienne , Alais , Anxin ,

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Épinac, est déjà assurée par la construction de voies de fer qui

bientôt se réuniront aux grandes lignes. .

En 1834» il n'existait en France que 266 kilomètres de che- l

mins de fer et encore ces chemins étaient-ils plutôt consacrés au service des marchandises qu'à celui des voyageurs. En 1840 , ce nombre s'était élevé à 440 kilomètres. Aujourd'hui, en 1854» la longueur développée des chemins de fer construits dépasse 4000 kilomètres et ime égale longueur est en constniction. Les chemins de fer construits représentent , d'après un relevé financier fait par l'administration, un capital de plus de deux milliards, et ceux en construction d'environ un milliard. Ce capital calculé sur le taux d'émission des actions s'est déjà considérablement accru et chaque jour sa valeur tend à augmenter. Quelle source de richesse pour le pays ! En Angleterre les chemins de fer ont aidé à développer un mouvement commercial déjà très-actif. En France ils ont, dans plusieurs directions, créé ce mouvement à peine existant. D'après les calculs des statisticiens les plus habiles les produits annuels du chemin de Strasbourg ne devaient pas dépasser 16 millions. Ces produits, dès la première année d'exploitation ( 1853 ), ont été de 24 millions ; la seconde année ils ont dépassé 30 millions , et la troisième ils seront très-probablement de 35 à 36 millions. Les actions du chemin d'Orléans ont quadruplé leur valeur d'émission, celles du Nord et de Rouen l'ont plus que doublée.

La plupart de nos grandes industries ont éprouvé la bienfaisante influence de la création des chemins de fer. L'industrie minière est devenue tellement florissante qu'elle est arrêtée dans ses développements par le défaut de bras ; l'industrie métallurgique est aujourd'hui incapable de fournir aux besoins des grandes Compagnies ; les manufactures ont généralement profité de la réduction considérable que les chemins de fer ont opérée dans le prix des transports ; l'agriculture a pu, grâce aux chemins de fer, écouler ses produits sur des marchés qu'elle n'avait pu aborder jusqu'alors, et elle a réalisé de grandes améliorations eh iaisant usage d'engrais tels que le plâtre , le

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