Voir Tonvrage de M. Telssereno
DES DEVIS ESTIMATIFS. 207
calculer par approximation le nombre de machines nécessaires à l'exploitation d*un chemin de fer sur lequel on aura déterminé par hypothèse le nombre des trains de voyageurs et de marchandises nécessaires pour un certain trafic.
Le matériel du service ordinaire ainsi fixé, si certains jours de Tannée , comme au chemin de Versailles , par exemple , on est obligé de transporter des masses extraordinaires de voyageurs , il faut , outre le matériel du service ordinaire , un matériel supplémentaire pour les jours de fêtes , dont la dépense augmente considérablement les frais de premier établissement , comme on a pu le voir dans le tableau n® 2. Pour apprécier rimportance de ce matériel , il faut déterminer le nombre des machines qui doivent être mises en feu ces jours-là, et supposer qu'une partie plus ou moins considérable, le quart, par exemple, ne pourra être mis en état de marcher pour ces solennités , ou qu'il devra rester en réserve.
Quelques ingénieurs, pour déterminer le nombre de locomotives nécessaires à un chemin de fer, ont suivi une autre marche que celle que nous venons d'indiquer. Ainsi ils ont admis que l'exploitation d'une ligne considérable par son trafic exige l'emploi de trois machines locomotives par myriamètre ; cependant ce nombre a été dépassé aux chemins du Nord et de Strasbourg. Le premier possède (courant de 1854 ) 287 machines (dont 48 en construction) pour 710 kilomètres exploités, ou 4 machines par myriamètre, et le second aura incessamment 248 machines pour 682 kilomètres, soit 3 machines 6/10 par myriamètre. Sur des chemins d'une importance moindre, ce nombre de machines par myriamètre est descendu à 2 et même au-dessous. Au chemin de Troyes à Montereau, par exemple, il n'y a que 16 machines pour 100 kilomètres , soit une machine 6/10 par myriamètre.
Le nombre des machines s'obtient d'une manière beaucoup plus précise en divisant le nombre total des kilomètres parcourus pendant l'année par les nombres que nous avons indiqués.
Si maintenant nous passons à la détermination du nombre
£98 FRAIS DE CONSThUGTlON.
de wagons de toute espèce nécessaires pour le transport des voyageurs ou pour celui des marchandises en service ordinaire, nous devons commencer par chercher, oomme nous Tavons fait pour les machines :
1* Le parcours kilométrique annuel de l'ensemble des wagons ; et pour cela il suffit évidemment de multiplier le parcours total déjà connu des convois simples par le nombre moyen de wagons entrant dans la composition de chaque convoi ;
3^ Le parcours moyen annuel d'un wagon, que Ton déduira, comme pour les machines, de l'exemple des chemins établis.
Ces deux quantités étant connues, on aura, en les divisant Tune par l'autre , le nombre de wagons nécessaires à l'exploitation.
Mais le service des wagons ne peut malheureusement pas se régler aussi facilement que celui des locomotives , ce qui rend la solution du problème beaucoup plus difficile pour les wagons que pour les locomotives.
Les exigences du commerce , qui varient beaucoup sur les différentes lignes , nécessitent le stationnement plus ou moins long des wagons de marchandises dans les gares, ce qui diminue leur parcours. La longueur du trajet que font ces wagons en moyenne chaque jour, et qui n'est pas à peu près constant, comme pour les locomotives, exerce également une grande influence sur le temps perdu au chargement ou au déchargement et par suite sur le parcours journalier.
Nous allons toutefois indiquer le parcours moyen des voitures et wagons à marchandises sur les chemins du Nord, d'Orléans et de l'Est. Si l'on ne peut pas en tirer des conséquences absolues, on pourra, du moins, se faire une idée des limites entre lesquelles varie la longueur du parcours des wagons sur les grandes lignes en France.
Le tableau suivant résume ces parcours.
DES DETIS ESTIMATIFSt
r^acouBi xoTiçir pis ytacui^* pb pjwriMjanf» siràcBs*
NATURE DBS VEHICULES.
sa
fit
Voitnret de oérénaooia.
Salont
1'* classe
Mixtes
2* olaftse
3* classe
Foumlit à équipages.
Trncks à éqnipages.. .
éouriet
Wagons à lait
Wagons-poste
Parcoars moyen. . .
Wagons bergeries. . . . ,
à bois ,
à pierre. ...
à bestiaux. • . , à oonlissea. . . , plats longs. . . , tombereaux. . ,
à sable ,
à bouille. . . . , a ooxe. ■ ^ ■ • < plats dÎTers. • .
de secours. . . .
à plaques tournantes. . . . .
mariogottes. . , à farinée, • . , , à frein
Parcours moyen.
Koan.
ÏST.
orléaus.
ROVBVr.
LTON.
On voit, en étudiant ce tableau :
l*' Que le parcours moyen de tous les véhicules employés dans les trains de voyageurs sur les trois grandes lignes portées dans ce tableau , n'a pas été de moins de 29 000 kilomètres par an et de plus de 39 000 kilomètres ;
2° Que le parcours moyen minimum des wagons à marchan-
dises a été de 14 791 kilomëtres (chemin du Nord), et le parcours moyen maximum de 27 539 kilomètres (sur le chemin d^Orléans).
Ces parcours ont été d* autant plus grands , que les distances moyennes pour le transport des marchandises à petite vitesse ont été plus grandes, puisque ces distances ont été, pour une tonne de marchandises , de 161 kilomëtres sur le chemin du Nord , de 169 sur celui de l'Est et de 199 sur le réseau d'Orléans.
3® Que le parcours des fourgons à bagages, qui entrent dans la composition de tous les trains , a été plus grand que celui d'aucun autre véhicule, puisqu'il a atteint près de 52000 kilomètres sur le chemin du Nord et 60 000 sur le réseau d'Orléans.
4^ Que le parcours des voitures de 1'* classe, qui entrent exclusivement dans la composition des convois à grande vitesse, est sensiblement plus grand que celui des voitures de 2* et de 3* classe.
5° Que les wagons de terrassement et les trucks à équipages, qui ne marchent qu'accidentellement, sont de tous les véhicules ceux qui font le moins de parcours.
6*" Que le parcours moyen des wagons à marchandises est, comme on devait s'y attendre, très-variable.
Le nombre moyen de kilomètres parcourus par les véhicules de différentes espèces connu , il faut aussi se rendre compte de la composition moyenne d'un convoi. C'est ce qu'indique le tableau suivant pour différents chemins.
DES DEVIS ESTIMATIFS.
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