NOUVEAU SYSTÈME DE VOIE
champignon s'écrase / ou an moins s'use plus rapidement que dans les circonstances ordinaires. L'une des causes de cet effet réside dans la pression exercée contre les tringles par le ballast, lorsque le tassement des plateaux s'opère ; les tringles se courbent, et comme leur point d'attache est dans la joue du cous* sinet, elles font subir, en se courbant, un mouvement de bascule aux plateaux.
Les plateaux , du moins en leur supposant les dimensions qu'on leur a données jusqu'à ce jour, se brisent plus fecilement que les coussinets , et la rupture d'un plateau est plus sujette à provoquer un accident que celle d'un coussinet dont les fragments sont retenus à la traverse par les chevilles. Les plateaux nécessitent enfin l'emploi d'un ballast fin qu'il est souvent difficile de se procurer.
M. Lemoine, ancien ingénieurau chemin de Strasbourg, etaujourd'hui ingénieur en chef des chemins de Rouen et du Havre, pense que l'on pourrait remédier à la plupart des inconvénients des plateaux-coussinets en augmentant leur poids , et en remplaçant les tringles rondes par une tringle méplate posée de champ. Ce système serait coûteux et n'aurait peut-être pas tout le succès que M. Lemoine en attend.
En Angleterre , oii la fonte et le fer sont à très-bas prix , on a établi , dans ces dernières années , des supports du même genre , mais beaucoup plus lourds et plus rigides.
La figure 104 représente le mode de construction du chemin
d'Alexandrie au Caire établi dans ce système; les plateaux sont remplacés par des cloches reliées par une forte tringle en fer ^'8- ***** méplat boulonné
sur une oreille venue de fonte sur chaque cloche. En Belgique , on a mis à l'essai plusieurs systèmes de tra-
verses à plateaux reliés , tantôt par des tringles , tantôt par des bouts de rails hors de service. Les ruptures fréquentes de ces plateaux ont rendu l'entretien fort dispendieux. On a également employé sur les chemins belges quelques traverses en fer laminé de sections diverses. On a remarqué que les coussinets fixés sur ces traverses étaient très-sujets à se rompre.
Nous citerons également une traverse en tôle pliée en forme de gouttière trapézoïdale qui figurait à l'exposition de Londres. Plusieurs ingénieurs anglais ont proposé récemment un système de supports qui se rapproche manifestement de celui des longuerines. Ainsi , M. Samuel, du chemin de Eastem* Counties, a établi un bout de voie dans lequel les rails sont pris entre deux pièces de bois évidéea de manière à embrasser ces rails jusque près du champignon (fig. 105). Ces pièces de
bois sont logées dans une sorte de goût- 1 tière en fonte de 1 mètre de long, mu* nie à sa partie supérieure de nervures qui portent sa largeur totale à 0",40 environ. Les supports de deux files de rails sont reliés par une tringle en fer fixée au milieu dans
des logements venus de fonte sous les nervures du support. Pour chaque rail de 4",50 il y a trois gouttières semblables; les joints sont consolidés au moyen de platines (voir page 393). La figure 106 représente une gouttière analogue inventée par Hoby. Elle diffère de la précédente en ce que le rail y est directement fixé au moyen de trois paires de coins et en ce que la tringle d'écartement est méplate et posée de champ > fixée dans une
Fig. 105.
Fig. 106.