CHEMINS AUX ËTATS-UNIS
compagnies se formèrent, et on ouvrit des chemins dans toutes les directions.
C'est surtout pendant les dernières années que les chemins de fer ont acquis un développement considérable.
Au commencement de 1852, la longueur totale des chemins en exploitation était de 17 410 kilomètres, et celle des chemins en construction de 17 549 kilomètres; à la fin de la même année , la longueur des chemins exploités était de 21 348 kilomètres, et celle des chemins en construction ou projetés de 20407 kilomètres, à la fin de 1853, la longueur des chemins exploités avait atteint 28513 kilomètres, et à la fin de 1854, 31 842, ce qui est énorme eu égard à la population qui n*est encore que de 24 millions d'habitants.
On peut dire que les chemins de fer contribuent puissamment au défrichement des forêts et à la colonisation. Toute la masse des émigrants qui arrivent en Amérique se porte en ce moment vers les États de l'ouest, dans le voisinage des différentes lignes de fer qui viennent d'être terminées ou qui s'y construisent ; aussi les terrains y acquièrent-ils promptement de la valeur.
Au chemin de fer de l'Illinois central, traversant le territoire de l'Illinois dans toute sa longueur, l'Etat a abandonné à la Compagnie tous les terrains que ce chemin traverse, sur une zone de 9^",50 de chaque côté; la Compagnie réalisera des bénéfices considérables sur la vente de ces terrains que l'Etat concède ordinairement aux particuliers à raison de 12 francs l'hectare. Le voyageur est surpris de voir avec quelle rapidité des villages et des villes se forment sur le parcours de ces nouvelles lignes ; l'accroissement de la population est aux Etats- Unis , tel que , d'après les calculs et selon les prévisions , le nombre d'habitants ne serait pas moindre de cent millions avant la fin du xrx' siècle. Le chiffre des émigrations dépasse aujourd'hui 400 000 par an.
Pour donner en passant une idée de la formation rapide de ces villes américaines , il faut citer Cincinnati , située au bord de rOhio, ville qui ne date que de soixante années, et dont la
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population actuelle est de 100 000 habitants. Dix-sept lignes de chemins de fer la traversent en tous sens.
Le prix d'établissement des chemins de fer a varié dans ce pays entre 150000 francs et 70000 francs le kilomètre. Le prix moyen de tous les chemins construits en 1852 était, matériel compris, de 108500 francs. Ceux construits depuis n'ont coûté en moyenne que 78 500 franci environ le kilomètre; c'est que ces derniers, généralement à simple voie, ont presque tous été exécutés dans des terrains très-faciles; plusieurs d'entre eux, dans l'Illinois, ont été établis sur le sol naturel sans qu'on ait eu besoin de faire autre chose (jue des fossés d'assainissement de cha<iue côté sans employer de ballast.
Dans le Missouri, on a commencé un grand railvay qui devra être continué jusqu'à l'Océan Pacifique, et mettre ainsi rOrégon et la Californie en communication immédiate avec New- York. Une portion de ce chemin, à partir de Saint-Louis, est déjà livrée à la circulation; pour sa continuation dans le territoire des Ipdiens , on se propose de poser d'abord un chemin en bois destiné au transport des matériaux et des ouvriers.
La proportion des cheniins à double voie aux chemins à simple voie n'est aux États-Unis que de 7 pour 100.
Nous ne terminerons pas cet article , sur les chemins de fer aux Etats-Unis, sans dire aussi un mot des plaiik-roads , système de chemins en bois formés de madriers posés à plat sur des longrines, et qui présente aux États-Unis où le bois abonde, de tels avantages qu'il ne tardera peut-être pas à remplacer la plus grande partie des voies de communication rurales faites en empierrement.
C'est dans le haut Canada, en 1835, que le plank-^road fut employé la première fois à titre d'expérience ; on se contenta de poser des planches de 4 mètres sur des traverses, sans aucun principe de construction; l'expérience ayant donné des résultats plus satisfaisants que l'on ne s'y attendait , tant sous le rapport de la facilité de transport que sous celui du faible prix d'entretien, on construisit, en 1837. la route do Salina à Cen-