II PRÉFACE
de fer; mais une grande partie des frais généraux, tels que frais d'administration , perception , entretien qui ne varient pas proportionnellement à la circulation^ pouvant être supportés par les voyageurs et les marchandises précieuses ou les objets manufacturés, ce qui n'arrive pas généralement avec les canaux, les chemins de fer pourront souvent, en abaissant leur tarif, lutter avec les canaux , même pour le transport des marchandises lourdes. )»
Nos prédictions se sont réalisées. Le succès a dé* passé nos espérances. Les chemins de fer sillonnent déjà, dans tous les sens, la plus grande partie de TEn* rope et T Amérique septentrionale. L'Amérique centrale et méridionale, l'Asie, TAfrique, l'Australie ont leurs chemins de fer; et bientôt, ceux-ci, traversant des contrées presque inhabitées, iront propager la civilisation jusque dans les régions les plus éloignées.
I^s convois de marchandises ne sont pas moins nombreux que ceux de voyageurs, et les chemins de fer ont enfanté le télégraphe électrique, instrument non moins merveilleux peut-être que le chemin de fer lui-même.
Déjà, de 1840 à 1842, nous avons publié avee M. Polonceau un ouvrage sur les chemins de fer intitulé : Portefeuille de Vinginieurf qui* ne s'adressait qu'aux hommes pratiques. Celui que nous livrons aujourd'hui à l'impression est moins spécial et pourra être lu, du moins en grande partie, par un public plus nombreux tout en fournissant des indications utiles aux hommes de l'art.
PRÉFACt:. m
Tracer en peu de mots Thistoire des chemins de fer, esquisser Tart de les construire, tel est le but que nous nous sommes proposé dans cet ouvrage.
Les procédés suivis pour les établir sont si variés, les progrès qu'ils font chaque jour sont si rapides, que nous aurions reculé devant celte tâche difficile, si par notre position nous n'avions pu nous assurer facilement le concours des ingénieurs de toutes nos grandes lignes, et plus particulièrement celui des ingénieurs des chemins de fer de l'Est. C'est donc en quelque sorte leur ouvrage collectif que nous offrons aujourd'hui au public plus que le nôtre. Il serait trop long de les citer, mais nous devons des remercîments spéciaux à M. Gustave Bridel, ancien inspecteur du matériel au chemin de fer de VEst^ et ingénieur en second au palais de Tlodustrie. Telle a été sa coopération à ce travail qu'il aurait pu, s'il n'était aussi modeste que capable, revendiquer le droit de placer son nom avec le nôtre en tète de ce livre.
PLAN DE rOUVRAGE.
Nous adopterons pour la rédaction de cet ouvrage le plan qui suit :
Après avoir établi la supériorité des chemins de fer sur les autres voies de communication artificielles, en avoir esquissé lliistoire dans les différents pays, et donné quelques notions générales sur leur mode de construction ainsi que sur les moteurs qui les desservent, nous suivrons méthodiquement, dans ses opérations i l'ingénieur appelé à construire un chemin de fer.
Ainsiy traitant d*abord du tracé, nous passerons eu revue les considérations qui doivent guider dans le choix de la meilleure ligne, et nous indiquerons les règles qui conduisent à la détermination de cette ligne sur le terrain. Nous verrons ensuite comment les préceptes que nous aurons po^és ont été appliqués sur les principaux chemins construits en France ou à l'étranger, et nous traiterons dans un chapitre spécial, intitulé Des frais de construction , de la rédaction des devis.
Nous jetterons un coup d'œil rapide sur les méthodes les plus usitées dans les travaux de terrassements que nécessite rétablissement des chemins de fer, sur les conditions que doivent remplir les travaux d'art, et sur le