‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 4)Chapitre 58 sur 284 · GRAND CHEMIN CENTRAL DU PACIFIQUE · texte numérisé non relu

GRAND CHEMIN CENTRAL DU PACIFIQUE

les courbes de 90 mètres, la surélévation réelle avait clé portée à 0",23; pour une vitesse de 12 à 13 kilomètres elle était de O'",!?. En outre, pour diminuer le frottement on maintenait une éponge imprégnée d'huile en contact constant avec les bourrelets des roues d'avant, et lubrifiait ainsi non-seulement ces bourrelets, mais encore les faces latérales du champignon du rail.

On a, par ces expédients, diminué non-seulement la résistance à la traction, mais encore l'usure des rails.

La Compagnie du Virginia-Railroad a établi des plans inclinés au passage de la montagne sur une longueur de 2 1 kilomètres, un pian incliné à 160 kilomètres vers Touest. L'inclinaison de ce plan incliné varie de 0,045 à 0,056 et le rayon minimum des courbes est de 120 mètres. On a adopté ce rayon de 120 mètres en partie parce que le terrain n'obligeait pas à le réduire, et en partie aGii de permettre le passage des machines qui font le service ordinaire de la ligne, machines qui ne circuleraient que difficilement dans des courbes de moindre rayon. Les machines qui desservent ce plan incliné sont des machines américaines à huit roues avec avant-truin mobile, et les quatre roues de derrière seulement accouplées. La partie du poids de ces machines utilisée pour l'adhérence n'est que 16,000 kilogrammes. Elles remorquent une charge de 36 tonnes à la vitesse de 8 kilomètres par heure.

Le trafic ne permettant pas de faire de grands frais pour améliorer les conditions de la traction, il est probable que ce dernier plan incliné sera conservé pendant longtemps encore.

finuid cheMia central dn PadS^ne. — Le chemin Grand-

Central-Pacifique, qui doit aboutir à San Francisco, rencontre au pasi^age d'une chaîne de montagnes désignée sous le nom de Sierra Nevada de grandes difficultés d'exécution. Ce qui constitue ces difficultés, ce n'est pas seulement la grande hauteur des faites ù traverser, mais encore la roideur et le peu d'uniformité des pentes sur le versant occidental. Ce versant est sillonné par un grand nombre de rivières coulant dans des gorges d'une grande profon-^ deuravec des bords très-escarpés que le chemin de fer doit éviter. On est parvenu cependant à déterminer un tracé avec pentes un peu inférieures à celles des fortes rampes des chemins de Balli-

more à l'Ohio et de Valparaiso à Santiago. La descente sur le Banc oriental s'effectue plus facilement et atteint le pied delà montagne après UR parcours de 18 kilomètres et demi.

CheiBtai de fer de ValparaiM» * SanUago. — Le chemin de fer de Valparaiso à Santiago (Chili) est un des chemins qui a présenlï le plus de difficultés d'exécution et sur lesquels on trouve les pb fortes rampes.

Il réunit le principal port du Chili à la capitale.

Au sortir de Valparaiso le chemin suit au milieu des rochers, sur 5 kilomètres environ, les bords de Tocéan Pacifique, au moyen de tranchées profondes, de ponts et de murs de soutènement. Le^ murs de soutènement souvent fort élevés n'ont pas moins de o kilomètres 1/2 d'étendue. Quittant la côte, le chemin remonte le coun> de la rivière de Margamaga pendant plusieurs kilomètres, s'élevant ou suivant un ravin profond et sinueux jusqu'au plateau de Quilpue, avec une inclinaison de 2 centimètres sur une longueur de 2 kilomètres 4. Dans cette partie du chemin se trouvent quatre viaducs dont la longueur totale est de 550 mètres, chacun d'eus ayant 21 mètres de hauteur maxima. Au delà de ce passage, (lé>igné sous le nom de Paso-hondo (passage profond), les travaui sur 15 kilomètres de longueur n'offrent rien de bien particulier; puis l'on trouve une tranchée ayant 12 mètres de profondeur maxima, traversant un premier faîte à 155 mètres au-dessus de U mer. De ce faite, le chemin descend avec une pente de 0'°,Ulô dans la vallée delà Limache, passe la rivière, puis monte de nouveau et traverse une nouvelle chaîne en tunnel de 480 mètres di longueur, pénètre dans la vallée de Quilota, l'une des plus fertiles! du Chili. La ligne suit celte vallée sur un parcours de 40 kilomètres , s'élevant le long de la rivière Aconcagua , torrent des Andes, dont la chute vers la mer est de 8 millimètres. Ouiltant la vallée de l'Aconcagua, elle remonte la vallée où coule une rivière tributaire, le Tabon. C'est dans cette vallée que se trouvent accumules les plus grands obstacles que Ion ait eu à surmonter.

Le chemin, devant passer du bassin de l'Aconcagua dans ceuî du Maipu et du Mapocho, est forcé de franchir un col a 750 mctreâ

CNhJIIN DE VALPARAISO A SANTIAGO.

au-dessus du niveau de la mer, et il ne peut atteindre cette hauteur qu'au moyeii d une rampe de iO kilomètres de longueur, ayant O'^fOSS d'inclinaison. Sur cette rampe on rencontre trois souterrains, plusieurs remblais de 50 mètres de hauteur, un viaduc de 180 mètres de longueur et 59 mètres de hauteur maxiraa, plu* sieurs tranchées profondes dans le roc et d'autres travaux. Sur 10 kilomètres environ, le chemin court le long du flanc de montagnes tellement escarpées qu'en un point la ligne est sur moitié de sa largeur en remblai de 75 mètres de hauteur, et sur l'autre moitié en tranchée de 21 mètres de profondeur, et <{ue sur d'au- 1res il a fallu en plusieurs endroits construire des murs de soutènement. Enfin on voit sur une partie de la ligne s'élever une masse de porphyre à 500 mètres de hauteur.

Une tranchée de 2 kilomètres de longueur et de 12 mètres de profondeur maxima traverse le faite du Tabon, puis le chemin descend le long de la rivière Lampa dans la vallée du Mapocho. Quelques ditBcultés d'une certaine importance se sont encore rencontrées dans cette partie du trajet avant d'arriver aux villages Tiliil et Lampa. Enfin le chemin descend assez rapidement sur une courte distance, entre dans la vallée de Santiago, traverse un petit lac sur un demi-kilomètre de longueur, se trouve à peu près (!n plaine sur 52 kilomètres de longueur et se termine à 520 mètres au-dessus du niveau de la mfer.

Le tableau suivant permet de comparer les fortes rampes et courbés de rayon du chemin de Yalparaiso aux éléments similaires de plusieurs autres lignes.

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