‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 4)Chapitre 60 sur 284 · THACKS DANS LES PAYS !)B HAUTES MONTAGNES · texte numérisé non relu

THACKS DANS LES PAYS !)B HAUTES MONTAGNES

Tracés dans les pays de hautes montagnes.

Nous Tenons de décrire les tracés de chemins passant dans des pays plus ou moins accidentés, que toutefois Ton ne saurait classer parmi ceux qui renrennent de hautes montagnes. Nous allons maintenant jeter un coup d'œil rapide sur les études entreprises pour traverser, à l'aide de voies ferrées, des chaînes très-élevées.

Ces études ont eu pour objet principal la traversée des Alpes de France, de Suisse, ou d'Allemagne en Italie, et la traversée des Alleghanys aux États-Unis.

La seule ligne qui ait été étudiée sérieusement pour le passage (le France en Italie est celle du mont Cenis. On ne pouvait songer à s'établir à la surface en suivant le tracé de la route ordinaire ou en adoptant un tracé voisin. On n avait pas en vue dans la construction de ce chemin le service des voyageurs ou des marchandises seulement. On voulait encore se ménager un moyen de transporter rapidement en tout t^mps une armée en Italie, et une voie qui aurait été placée sur la montagne n*eût pas été praticable ou ne Teùt été que difficilement une partie de l'hiver. Ëh outre, elle eût nécesâté des pentes ou des courbes trop roides pour une circulation rapide. Or, il fallait à tout prix que la voie ferrée fût praticable en toute saison, en tout temps, qu'elle fût directe et pût être parcourue rapidement par les locomotives avec une charge raisonnable. On fut ainsi conduit à passer en tunnel sous le mont Cenis ou phitôt sous une montagne voisine, le mont Fréjus. Ce tunnel avons-nous dit, ne pouvait être attaqué au moyen de puits comme les tunnels ordinaires, et avait une très -grande longueur (12,700 mètres). Des Compagnies 6nancières eussent reculé arec raison devant un pareil travail, mais les gouvernements de nations riches et puissantes comme les nations française et ita^ tienne, ne devaient pas s'arrêter devant un pareil obstacle. La dépense devait être énorme, cent millions probablement ou même davantage; mais qu'est-ce que cent millions dans le budget de ces deux peuples mis en balance avec les avantages politiques im-^ menses qu ils devaient retirer de l'exécution de cette magnifique

i8U APPENDICE.

entreprise. Le percement exigerait vingt ans; mais si ce laps de temps est considérable dans la vie d'un homme, il est sans importance dan^ la vie d'un peuple. Nos pères n*ont-ils pas mis des siècles à constniin' des cathédrales, monuments magniGques de leur foi profonde?

Nous sommes loin, certainement, de contester Futilité de ces monuments delà foi de nos aïeux, mais les chemins de fer ont bieo aussi leur utilité. Le souterrain du mont Cenis devrait-il donc coûter le double de ce qu'on suppose, soit deux cents millions en argent et quarante années de travail, nous ne craignons pas de dire que l'on a bien fait de l'entreprendre.

Le mont Cenis percé, c'est l'alliance entre la France et Tltalie^ bien mieux assurée que par les traités. Il n'y a plus de Pyrénées, disait Louis XIV, qui venait de placer son petit-fils sur le Irône d'Espagne. Ce serait avec bien plus de raison que nous dirons : le mont Cenis percé, les Alpes ont cessé d'exister. La paix entre deox grands peuples est bien mieux cimentée par.la perfection des voies de communication que par les alliances de famille.

La pente dans le souterrain du mont Cenis est relativement faible (20 à 23 millimètres); mais aux abords elle est plus forte, sans pour cela cejlendant offrir un obstacle sérieux au service en cas de guerre. Ainsi, elle atteint 35 millimètres du côté de la France et 30 du côté de l'Italie.

De Suisse en Italie on a étudié un grand nombre de passages. L'attention des ingénieurs s'est fixée plus particulièrement sur trois de ces passages, celui du Simplon, celui du Saint-Gothard et celui du Lûckmanier. Si l'on se place devant une carte, on reconnaîtra : 1" que le passage du Simplon desservirait dans les meilleures conditions plusieurs cantons de l'Est, les cantons du Valais, de Vaud, de Genève, deNeufchâtel et même de Fribourg, ainsi qu'une grande partie des départements du centre et de l'ouest de la France; 2"" que le passage par le Saint-Gothard serait le plus direct pour les cantons de Berne, Soleure, Bâle, Zurich, Lucerne, etc., une partie des départements de l'est de la France et pour quelques provinces de l'Allemagne; S"" enfin que la traversée du Lûckmanier serait avantageuse surtout pour les cantons de l'ouest de la Suisse et une partie importante de TAUemagne.

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