‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 5)Chapitre 114 sur 146 · LOCOMOTION SUR LES ROUTES · texte numérisé non relu

LOCOMOTION SUR LES ROUTES

de grandes vitesses; mais cela ne suffisait pas, il fallait encore qu'elles pussent marcher avec économie et la dépense a toujours été excessive.

Ce résultat était du reste facile à prévoir. En effet, une machine roulant sur une route ordinaire pourra à plus forte raison rouler sur une voie ferrée. Or, elle traînera Fur la voie ferrée en plaine une charge huit ou dix fois plus considérable que sur la route. Le poids mort sur la route ordinaire, comparée au chemin de fer, sera donc excessif. Ce rapport sera encore bien plus défavorable sur des pentes de cinq centièmes, comme on en rencontre sur la plupart des routes en France. La charge traînée même par des machines puissantes sera très-faible.

Une seconde objection faite à l'emploi des locomotives sur les routes ordinaires est puisée dans les variations de l'adhérence. Dans toutes les parties de la route sèches et en bon état il y aura excès d'adhérence ; mais cette adhérence diminuera beaucoup sur les parties boueuses et dans celles qui auront été récemment rechargées.

Enfin les firais d'entretien des locomotives sur les routes seraient énormes. Us sont déjà très-élevés sur un chemin de fer qui est parfaitement uni ; que deviendraient-ils sur une route dont le sol présente toujours des inégalités plus ou moins sensibles, plus ou moins nombreuses?

n faudrait donc, pour qu'on pût se servir avec quelque avantage des locomotives sur les routes ordinaires , 1® que le tracé en remplît à peu près les mêmes conditions que celui des chemins de fer, ce qui en rendrait l'établissement excessivement coûteux; 2® qu'on les maintînt dans un état d'entretien tel que la surface en restât presque aussi unie que celle d'un chemin de fer, ce qui serait aussi fort dispendieux, si ce n'était absolument impossible.

Aussi Ort^n définiiivement , en Angleterre comme en France, abandonné les essais tentés dans le but d'employer les locomotives sur les routes ordinaires.

500 DES IfOUYEAUX STSTfiHES.

Les personnes qui toutefois dénreraient conniâtre les tîons adoptées par Gomey et par d'antres qui se sont occnpés de la construction des locomotives sur les routes ordinaires, trouveront les renseignements les plus complets à ce sujet dans un intéressant Mémoire publié en 1833, par M. Mary, inspecteur général des ponts et chaussées.

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