‹ Traité élémentaire des chemins de fer (volume 5)Chapitre 47 sur 146 · PLANS INGUNÉS A MACHINES FIXES · texte numérisé non relu

PLANS INGUNÉS A MACHINES FIXES

sur laquelle le conducteur l'arrêtait au moyen d'un frein. De cette manière, le wagon ou les wagons placés en tête du convoi à Londres, portant les voyageurs pour Blackwall , arrivaient après avoir laissé en route les wagons postérieurs portant les voyageurs des stations intermédiaires.

Le service se faisait de la même manière en sens contraire de Blackwall à Londres sur l'autre voie.

Les convois partaient de cinq minutes en cinq minutes , comme partaient les omnibus avant l'établissement du chemin de fer. Ce service était très-dispendieux, puisqu'il nécessitait un wagon pour les voyageurs de chaque station , n'y en eûtil qu'un seul, et un conducteur pour chaque wagon - aussi a-t-il été abandonné depuis quelques années pour faire place à un service par locomotives.

Nous avons déjà parlé du tracé des plans inclinés de Liège ' .

Nous avons dit qu'ils sont au nombre de deux , rachetant chacun la même hauteur (55 mètres) au moyen de la même longueur (1980 mètres) et des mêmes pentes convenablement et diversement graduées sur chacun d'eux , le maximum étant de 0°»,30, le minimum de 0",14.

Ils sont séparés par un palier de 330 mètres , dont 32 dans l'alignement du plan supérieur, 182 en courbe de 350 mètres de rayon et 66 dans l'alignement du plan inférieur. Ces deux alignements forment un angle de 32^. Ils se prolongent également selon deux paliers, l'un au sommet du premier plan, l'autre au pied du second.

Les plans inclinés de Liège sont établis sur toute leur longueur à deux voies, l'une pour la descente, l'autre pour la remonte.

Il y a en outre , au pied de chaque plan , une gare d'évitement pour recevoir les convois qui descendraient avec une trop grande vitesse.

Il existe une gare semblable au sommet du premier, et l'on

1. Voir la description de ces plans, ÀnnaUt du pofifi €t dunuêéêt^ année 1843, p. 129.

y loge les voitures abandonnées sur le plateau supérieur , de peur qu'elles ne soient lancées à la descente sans conducteur.

Ces gares communiquent avec la voie principale par une aiguille mise enjeu à l'aide d*un contrepoids que le garde-excentrique soulève au moment du passage du convoi. En outre» comme mesure de précaution et pour s'opposer aux déraillements, la voie descendante est munie intérieurement de contrerails en bois.

La circulation des convois s'effectue toujours sur la voie de droite dans le sens du mouvement. La gravité suffit à la descente. On pousse les convois à l'aide d'une locomotive sur la pente, et on les abandonne à leur propre poids, dont toutefois on modère l'action à l'aide de freins convenablement disposés.

A la remonte , le mouvement est déterminé par des machines à vapeur fixes , qui font agir un câble auquel on attache les convois.

Ces machines sont placées sur le palier horizontal. Le bâtiment qui les renferme se trouve au sommet de l'angle des deux alignements ; il est rectangulaire , et son grand axe divise cet angle en deux parties égales. Les machines sont à basse pression et construites sur le modèle de celles des bateaux , c'està-dire que le balancier, placé sur le sol au niveau de la base des cylindres , reçoit son mouvement de bielles fixées à la tête de la tige du piston et le transmet par une autre bielle à un axe coudé. Elles sont alimentées par six chaudières, de la forme de celles dites à tombeau, et qui présentent dans leur intérieur deux conduits longitudinaux dans lesquels passe la fumée avant de se rendre dans la cheminée. Le bâtiment qui renferme ces chaudières est placé vis-à-vis celui des machines dans la concavité de la courbe de raccordement.

Les machines sont au nombre de quatre ; leur force nominale est de 80 chevaux. Elles sont placées d'une manière symétrique autour des deux axes du bâtiment et groupées deux à deux de manière à ne former réellement que deux machines doubles comme celles à deux cylindres des bateaux à vapeur.

PLANS INCLINÉS A MACHINES FIXES. i^%

Chacune de ces machines doubles agit au moyen de deux manivelles à angle droit sur un arbre moteur horizontal perpendiculaire au grand axe du bâtiment , et , par suite » parallèle à la voie du milieu du palier.

A chaque extrémité des deux grands arbres sont placées les poulies motrices sur lesquelles s'enroulent les câbles de traction. Ces poulies ont 4™,80 de diamètre de centre en centre des gorges. Elles portent chacune cinq goi^es et une jante cylindrique destinée à recevoir l'action d'un frein. Elles sont réunies en deux couples , de même que les cylindres à vapeur, mais inversement i ceux-ci ; de sorte que deux poulies d'un même couple sont placées sur deux arbres différents et se trouvent du même côté du grand axe du bâtiment sur une même parallèle à cet axe.

L'un de ces couples sert à la traction sur le plan incliné supérieur, l'autre sur le plan inférieur. A cet effet , un câble sans fin en fil de fer, de 0",05 de diamètre sur 4800 mètres environ de longueur, se trouve placé selon l'axe ^es voies montante et descendante de chacun des plans inclinés, soutenu de 10 en 10 mètres par des poulies de O'^^SS de diamètre.

Pour le plan inférieur, par exemple (fig. 303), le câble» arrivé au sommet de la montée , s'infléchit comme la voie, et la suit horizontalf ment jusqu'à l'origine de la courbede raccordement ; là il pénètre sous le sol, et par un conduit souterrain arrive sur , une poulie de renvoi P de 4™, 80 de diamètre placée horizontalement devant le bâtiment des machines, vis-à-vis des poulies motrices et à la hauteur de la partie inférieure de leur circonférence ; il vient alors s'enrouler par-dessous sur la première gorge de la deuxième poulie motrice qu'il embrasse pendant une demi-circonférence , puis il passe dans la première gorge de la première poulie, d'où il s'échappe aussi , après un contact d'une demi-circonférence , pour se diriger sur la deuxième gorge de la seconde poulie, et ainsi de suite. Au sortir de la cinquième gorge de la première poulie , il se trouve à la partie inférieure, et va s'enrouler en dehors et en arrière du bâtiment

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des machines sur une poulie de renvoi horizontale R de 7 mètres de diamètre, portée sur un chariot mobile dont nous indiquerons bientôt Tusage. Après quoi il revient parallèlement à sa précédente direction , mais en sens inverse, passé sur une nouvelle poulie de renvoi horizontale F de 3'^,50 de diamètre à axe fixe placée à côté de la première ; le câble est ainsi ramené sur Taxe de la voie descendante qu'il parcourt dans toute son étendue comme il a fait déjà de la voie ascendante ; enfin il s'enfonce de nouveau sous le sol à 15 mètres environ du plan incliné , et , s'enroulant sur une dernière poulie de renvoi horizontale dont le diamètre mesure l'écartement des voies d'axe en axe , il se retrouve, selon l'axe de la voie montante, au même point où nous avons commencé

à le suivre.

— -v^ Le câble ^^^"^ du plan su-

^^^ périeur reçoit de la même manière le mouvement du second couple de poulies.

/ Toutefois, dans ce cas, la machine , au

lieu d'agir en tirant de bas en haut le câble de la voie ascendante, tire au contraire de haut en bas celui de la voie descendante qui réagit sur le premier au moyen de la poulie horizontale du sommet.

Le chariot mobile que nous avons mentionné tout à l'heure est destiné à conserver au câble une tension constante : il est porté sur quatre roues montées sur deux essieux , dont le premier porte en outre deux petites poulies de sup-

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port destinées à soutenir le câble à la hauteur de la gorge de la poulie de renvoi. Il peut rouler sur un chemin de fer légèrement incliné, et dont la pente tend à l'éloigner constamment des machines ; il y est en outre sollicité par un poids de 7000 kilogrammes, qui peut se mouvoir verticalement dans un puits de 30 mètres de profondeur, et auquel il est lié par une forte ch^e en fer.

Il est indispensable, pour éviter un glissement nuisible du câble sur les deux poulies motrices d'un même couple, que celles-ci se meuvent exactement avec la même vitesse. C'est ce qu'on ne saurait obtenir si les deux arbres donnaient à la fois le mouvement. Il importe donc de poavoir rendre les poulies indépendantes des arbres moteurs. C'est pourquoi chacune d'elles est montée sur un manchon à coulisse muni d'un collier, qui, formant l'écrou de deux vis à extrémités fixes , prend uu mouvement de translation quand celles-ci en reçoivent un de rotation, au moyen d'une vis sans fin dont la manivelle est à la disposition du mécanicien.

Quand les deux machines doubles sont en bon état, chacune d'elles est affectée au service particulier d'un plan incliné. Dans ce cas , la poulie droite du premier arbre est embrayée ainsi que la poulie gauche du second. Mais si l'une des machines était en réparation, l'autre suffirait au service : il n'y aurait en effet qu'à débrayer complètement les deux poulies du premier arbre et à embrayer successivement celles du second. On pourrait même laisser celles-ci constamment embrayées, ce qui n'aurait d'autre inconvénient que de faire nciarcher un câble sans charge.

Si Ton se rappelle les circonstances des passages successifs du câble de la seconde à la première poulie d'un même couple, on comprendra que, pour qu'une telle alternance puisse se produire sans obliquité du câble, il faut que les parties supé* rieures des gorges de même rang se correspondent dans les deux poulies, et qu'au contraire les parties inférieures soient en avance d'un rang dans la seconde. Chaque poulie doit donc

tO) DES MOTEURS.

avoir, par rapport à la verticale , une inclinaison moitié de leur inclinaison mutuelle, c'est-à-dire mesurée par le rapport de la demi-distance des gorges (0™ ,05) au diamètre des poulies (4*° ,80) . Telle est par suite Tinclinaison de diaque arbre, de chaque machine double par rapport à l'horizontale. Cette disposition ne présente d'autre inconvénient que la difficulté de la pose. Chaque machine est munie d'un régulateur à force centrifuge pour arriver, autant que possible, à l'uniformité du mouvement , si importante dans la manœuvre des plans inclinés, tant pour diminuer la fatigue et l'usure de la corde que pour épar^ gner aux voyageurs le désagrément d'un mouvement saccadé*

Chaque arbre moteur porte également une vis sans fin qui, à l'aide d'une roue dentée , communique le mouvement à un axe horizontal qui lui-même le transmet par l'intermédiaire d'engrenages à l'aiguille d'un cadran horizontal , au moyen duquel on connaît à chaque instant la position du convoi sur le plan incliné.

Les freins des poulies motrices se composent d'une forte pièce de bois demi-circulaire de 0",16 de largeur sur 0'",12 d'épaisseur, fixée à un collier en fer : il embrasse à peu près la demi-circonférence de la poulie. Les deux freins d'un même couple de poulies motrices sont liés à un seul levier placé entre ces deux poulies et correspondant à une manivelle à la portée du mécanicien.

On extrait l'eau d'alimentation des chaudières d'un puits de 80 mètres de profondeur au moyen d'une petite machine spéciale de huit chevaux ; mais pour économiser, autant que possible , la force consacrée à cet usage ,• on recueille l'eau des condenseurs dans de grands bassins, d'où elle retourne ensuite aux chaudières.

Il est ui^ent de pouvoir donner rapidement des signaux d'une extrémité à l'autre des plans inclinés. L'appareil que l'on emploie pour y parvenir se compose d'une cloche verticale en tôle suspendue par une courroie à un axe horizontal autour duquel s'enroule en sens contraire une autre courroie qui supporte un

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