‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 103 sur 210 · CUEMIN DE TURIN A GÈNES. 29Ô · texte numérisé non relu

CUEMIN DE TURIN A GÈNES. 29Ô

«lendiguement destinés à contenir et redresser le cours du torrent.

Sur le \ersant méridional des Apennins, on a ouvert deux tunnels ayant des longueurs de 08G et 197 mètres, et couvert la voie en quatre endroits différents sur les longueurs de 66, 106, 56 et 100 mètres. Le chemin de fer traverse le torrent Zecca sur un pont <le 60 mètres d'ouverture en cinq arches, et le Ricco sur quatre ponts de 46 à 22 mètres d'ouverture. Les intersections de la route royale et de petits cours d'eau ont nécessité la construction d'un grand nombre de viaducs et aqueducs.

Le tunnel de Giovi, percé dans le massif dos Apennins, traverse sur presque tout son parcours une roche décomposée qui exerce une grande pression, et a exigé, sur toute sa longueur de 5,255 mètres, un solide revêtement en maçonnerie qui a absorbé au delà de 1 rente millions de briques.

Sur le versant septentrional et à 5 kilomètres au delà du tunnel de Giovi, commence, dans la vallée de la Scrivia, une série de tunnels, de ponts, viaducs et murs de soutènement, qui transforment la construction du chemin de fer en un ouvrage d'art continu d une /•tendue d'environ 12 kilomètres.

Les tunnels, au nombre de quatre, ont les longueurs de 860, 470 et 695 mètres. Des huit ponts jetés sur la Scrivia, quatre sont composés d'une arche; de 40 mètres d'ouverture avec 10 de flèche et 25 mètres de hauteur; deux ont 60 mètres d'ouverture en trois arches de M à 25 mètres de hauteur; deux ont 60 mètres en cinq arches de 12 mètres d'ouverture et de 9 à 15 mètres de hauteur. On rencontre un viaduc de 520 mètres de longueur et d'une élévation de 27 à 50 mètres.

Sorti des gorges de la vallée, le chemin de fer franchit, sur des remblais élevés de 21 et 20 mètres, un affluent et une partie du lit de la Scrivia ; puis il traverse le village de Serravalle au milieu d'une large rue obtenue en démolissant un grand nombre de maisons, dont le prix d'acquisition était cependant inférieur à la dépense d'un mur de soutènement, qui, fondé dans le lit du torrent, aurait atteint une hauteur considérable. Au delà de Serravalle, le chemin de fer est établi sur une chaussée élevée, à laquelle succède une longue tranchée, passe près de Novi, où il atteint la plaine, tra-

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verse la Bormida *ur un pont de neuf arches, long de 155 mètre*, vl touche Alexandrie, où il traverse le Tanaro sur un pont de quinze arches, long de 150 mètres.

Dans la vallée du Tanaro, que le chemin de fer remonte, le torrent décrit une série de sinuosités qui donne à son cours l'aspect d'un immense serpent dont les replis atteignent en deux endroit*, à Felizzano et à Annone, le pied des collines qui dominent la vallée, et, barrant le passage au chemin de fer, obligeaient ou à construire quatre ponts, ou à ouvrir deux nouveaux lits sur les longueurs de 750 et 850 mètres; Von s'est arrêté à ce dernier parti, plus économique, malgré une dépense considérable en terrassements et ouvrages de défense contre les érosions.

Après avoir quitté la vallée du Tanaro, le chemin de fer remonte des vallées secondaires, creusées dans un terrain composé à peu près exclusivement d'argile de la variété désignée sous le nom vulgaire de glaise, qui formait presque les seuls déblais que l'oii extrayait des tranchées, et dont on pouvait disposer pour exécuter de* remblais considérables, que l'on n'a réussi à faire tenir qu'en élargissant considérablement leur base, qui va jusqu'à quatre ou cinq fois la hauteur des remblais.

Outre les viaducs pour conserver les communications et les aqueducs, les ouvrages d'art que le chemin de fer a exigés entre ce point de partage et Turin comprennent le pont sur le Pô, à Montcalier, d'une longueur de 112 mèlres en sept arches, et un pont de 50 mc- (res en trois arches sur le torrent Saagone.

Le chemin de fer de Gênes à Turin peut être comparé aux chemins de Manchester à Leeds et de Liège à Aix-la-Chapelle, pour le nombre, mais non pour l'importance des difficultés rencontrées, qui sont beaucoup plus grandes sur la ligne de Gênes à Turin.

Le prix par kilomètre est d'environ 650,000 francs.

Pour s'élever du niveau de la mer au sommet des Apennins sur la courte distance de 20 kilomètres, le profil du chemin de fer a dû admettre la plus forte inclinaison, 55 millimètres, que Ton ait encore adoptée sur les lignes de grande communication, et qui dépasse notablement la rampe de 25 millimètres du passage du Sœmmering

CHEMIN DK TURIN A «ÈSES.

Jusqu'à présent les convois ont été remorqués sur les rampes de ">.*) millimètres par des locomotives à quatre roues du poids d'environ 22 tonneaux et disposées pour être réunies par la plate-forme du mécanicien, qui peut ainsi manœuvrer les deux locomotives nécessaires pour remorquer un convoi ordinaire.

Le mouvement à la remonte étant considérable, les frais de traction sont trcs-élevés1.

Nous ne devons pas terminer cet article sur le chemin de Turin à Gènes sans faire mention de l'habile ingénieur qui l'a construit, M. Mauss, inspecteur des ponts et chaussées en Belgique, son pays, et auteur des plans inclinés de Liège.

1 Voir, pag& 136 et suivantes, les renseignements donné? sur les fiai* de traction.

208 FRAIS DK C0NSTRU THON DES CHEMINS ÊTAHLiS.

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