‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 11 sur 210 · CANAUX ET CHEMINS DE FER · texte numérisé non relu

CANAUX ET CHEMINS DE FER

mines de la Grand -Combe s'est élevée de 50,000 tonnes par an à 500,000 lom les.

Canaux et chemins de fer sur »ol médiocrement accidenté. - —

Quand le sol est moins accidenté, le canal devient possible aussi bien que le chemin de fer, et c'est alors seulement qu'il peut y avoir rivalité entre ces deux voies de communication.

Personne, avons-nous dit, ne met en doute la supériorité des chemins de fer pour le transport des voyageurs; les marchandises de roulage même avaient semblé jusqu'à ce jour devoir leur appartenir exclusivement.

Toutefois on a installé, depuis quelques années, sur les canaux du Nord et de Bourgogne, des bateaux à vapeur qui portent les marchandises de cette nature en marchant à une certaine vitesse. Ces bateaux ont pris le nom de bateaux porteurs. Sur les rivières ils obtiennent quelque succès. Ils font môme quelque concurrence au chemin du Nord, le trajet s'opérant en parlic sur rivières et en partie sur voies navigables artificielles. De Reims au Havre, marchant pour la plus grande partie du voyage sur 1 Oise et sur la Seine, ils enlèvent une quantité considérable de marchandises de roulage aux chemins de fer; si la plus grande partie du parcours devait au contraire s'effectuer sur des canaux, ils perdraient tous leurs avantages, celui de la vitesse d'abord parce qu'ils emploient beaucoup de temps à passer les écluses comme les autres bateaux, celui do l'économie également parce qu'ils éprouvent, eu égard à leur section, qui est de 1/4 à 1/5 de celle du canal, une grande résistance de la part du liquide et fatiguent les berges du canal en agitant l'eau. Sur les rivières les bateaux porteurs ne marchent pas toujours à l'aide de leur machine ; sur la Seine, à la remonte, on est obligé quelquefois de les louer *.

* K«*is d'entretien. — Le* frais d'enlrelien des chemins de fer, el surtout ceux de» canaux, dans l'origine, sont considérables, parce qu'il Tout subir les tassements sur le chemin de fer, el obvier aux filtra lions sur le canal. Rejelant ces dépenses dans le» fuis de construction proprement dits, nous n'entendons parler ici que des frais d'entretien réguliers d'un chemin de fer ou d'un canal après un certain nombre d'années de mise en exploitation. Les fruis d'entretien delà voie navigable, si l'on défalque le produit de la pêche et des plantations, paraissent assez faibles pour un canal avec un petit nombre d'écluses; ils augmentent avec le nombre des écluses. Sur le canal du Languedoc, où l'on rencontre cent écluses sur une longueur de 2U kilomètres, les

8 COMPARAISON DKS VOIES DE COMMU NICATION.

A de petites vitesses, ce nouveau mode de transport sur les voiede navigation artificielles est moins économique que l'ancien. Si donc nous voulons comparer les frais de transport, sur l'une et

frais d'entretien, d'administration et de perception étaient, il y a une vingtaine d '.innées, de "2,700 fr. par kilomètre, les frais d'entretien seuls d'environ 2,100 fr. Sur le canal de Briare, dont la pente est rachetée par quarante écluses distribuées sur nue longueur de 56 kilomètres, les frais d'entretien sont d'environ 1,800 fr. pat kilomètre; sur le canal du Centre, ils ont été de 1,400 fr., mais ce canal était alors mal entretenu; sur le canal de Bruxelles i Boom, qui ne compte que cinq écluse* sur une tanguent de 28 kilomètres, ils n'atteignent pas 1,000 fr. par kilomètre. Les frais d'entretien et police sur des portions du réseau de l'Est, livrées depuis < inq ans à l'exploitation, sont de 3,000 fr. par kilomètre. Sur un chemin moins fréquenté et où l'on marcherait à de moins grandes vitesses, ils ne dépasseraient sans doute pas 1.500 fr.

Frais ne transport. — Nous comprenons dans les frais de transport ou véhicule proprement dit, sur les canaux et les chemins de fer. les frais de traction, conduite, intérêt du capital, moius-valuc cl entretien des bateaux ou mai hincs et chariots et les frais de chargement et déchargement. Nous n'y bisons pas entrer le» droits de parcours, qui doivent représenter les intérêts du capital de la voie el le bénéfice de l'entrepreneur de cette voie. Les frais de véhicule sur les canaux varient entre des limites ssse* étendues : ils sont plus ou moins grands, suivant que le canal esl plus on moins large, plus ou moins rempli d'eau; que le nombre des écluses est plus ou moins considérable; que la concurrence entre les bateliers est plus ou moins active; Sue les retours sont plus ou moins assurés; que le taux des salaires est plus ou moins él<

Nous avons recueilli des renseignements tris-précis sur les fiais de transport par la Seine, l'Oise, l'Aisne canalisées, et les canaux entre Paris et Reims,

Le bateau portant 180 tonneaux, les frais de transport, droit* non compris, de Paris

à Bcims, sont de 1,205 fr. 50 c, soit de 2 pai tonne et U 1 1 être, se subdivisant

de la manière suivante :

Frais de conduite ou halage proprement dit. . . . 0e, 70

Mariniers 0',35

Usure des cordages 0',30

Assurance 0«,70

Intérêt et amortissement du capital du bateau. . . 0«,30

Total 2* ,35

Les frais d'embarquement ou de débarquement, indépendants de la distance parcourue, sont de 360 fr. par bateau.

Le prix de l'assurance est élevé; il pourrait être réduit à 0\15 ou 0*,20; la dépense pour usure des cordages pourrait descendre aussi à 0*,20.

Le prix total descendrait alors à f ' ,75.

Le retour ayant lieu à vide, il faudrait augmenter ce prix de revient dans une certaine proportion. Le retour ayant lieu avec une certaine charge, mais celte charge étant plus grande ou plus petite que celle à l'aller, il faudrait prendre la moyenne à l'aller et au retour, et, si elle était supérieure ou inférieure à 180 tonneaux, il faudrait diminuer ou augmenter le prix de revient ci-dessus, en raison de la différence.

Les droits de pont s'élèvent, sur les rivières, à 19 fr., et ceux de la navigation, sur les canaux, à 191 fr. 55 c. (50 centimes par tonne pour la dislance totale sur le canal Saint-Denis, 5 centimes 1/2 par tonne et par kilomètre sur les autres canaux, et I fr. 80 c. pnr tonne cl par écluse sur l'Oise canalisée).

De Taris à Strasbourg, le transport par eau s'effet tuant en partie sur la Marne ou

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