‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 13 sur 210 · CANAUX KT CHEMINS HE FKK · texte numérisé non relu

CANAUX KT CHEMINS HE FKK

Les frais de transport, sur un canal placé dans les conditions du canal de la Sarre, peuvent être évalués, au minimum, à ^centimes par kilomètre ; ceux du chemin de fer, en admettant que les convois marchent avec charge complète et reviennent à vide, ne seront pas plus élevés.

L'intérêt du capital est sensiblement le même des deux côtés.

Les frais d'entretien par kilomètre seront peu différents. Mais le parcours par le canal sera plus long (pie par la voie de fer.

Le chemin de fer, en effet, lors même qu'on admet dans son tracé des courbes de petit rayon, ne fait jamais des circuits aussi prononcés que le canal. Ce n'est le plus souvent qu'au moyen de détours multipliés, en se soutenant sur la pente des coteaux, que le canal traverse les pays accidentés. Les souterrains et les remblais, souvent employés dans le tracé des chemins de fer pour abréger la distance, sont, au contraire, rejetés toutes les fois que cela peut se faire dans le tracé des canaux, parce qu'ils exposent à des chances de (iltration qu'il est bien difficile d'apprécier d'avance.

Le transport sera donc plus économique par le chemin de fer que par le canal 1.

Ce qui prouve assez la justesse de cette conclusion, c'est la proposition faite au Corps législatif par la Compagnie du chemin de fer de l'Est d'assurer au commerce, en construisant le chemin de fer, un prix de transport inférieur à celui du canal, à cette condition seule que l'État lui accorderait la subvention qu'il offrait pour la construction du canal.

La dépense fut-elle la même dans l'un et l'autre cas, le chemin de fer n'en conserve pas moins l'avantage sur le canal, par cette raison-là seulement qu'il permet une plus grande régularité et une plus grande rapidité dans le service. Régularité et rapidité qui, moins précieuses sans doute pour le transport de la marchandise que pour celui des voyageurs, ne sont cependant pas sans valeur, même pour le transport de la marchandise. Les chemins de fer ne sont exposés, ni à la suspension du service provenant de la sécheresse, ni à celle occasionnée par la gelée, par le nettoyage du

* Voir, plu» loin, le paragraphe relatif au canal île Shuykill en Amérique. Ce canal se trouve «'tabli dans les mêmes conditions que le canal de. la Sarre.

canal ou par toute autre cause. La marche, même avec les machines le% plus massives, y est toujours plus rapide que sur les canaux, et l'on peut expédier la marchandise par petites quantités à la fois plus facilement que par les canaux. Le consommateur évite ainsi de faire des approvisionnements qui lui occasionnent toujours une perte d'intérêts plus ou moins grande, et il n'a à craindre dans aucune saison ces retards si longs et souvent si fâcheux qui sont inhérents pour ainsi dire aux transports par les voies navigables.

Voici du reste comment s'exprime le rapporteur du projet du canal de la Sarre :

a Depuis quinze années le pays et les organes légaux ont marqué leur préférence pour les chemins de fer comparés aux voies fluviales artificielles, et Ton ne peut s'empêcher de reconnaître que, si ces dernières offrent à l'industrie des avantages considérables par la modicilé de leur prix de transport, les lignes ferrées ont dti . paraître aux populations éminemment supérieures, en ce qu'elles transportent les hommes en même temps que les choses ; que leurs nombreuses stations et les embranchements qui viennent s'y souder de toutes parts prennent et déversent leurs chargements sur tous les points de leur parcours, multipliant ainsi les rapports et les échanges entre des contrées éloignées ; qu'enfin leur service, d une régularité mathématique, n'est point, comme celui des canaux, sujet à des retards, à des intermittences fréquentes, et , exposé, dans les régions où les hivers rigoureux convertissent l'eau du canal en une glace compacte, à des interruptions et à des chômages prolongés. »

Le cas que nous venons d'examiner d'un canal ou d'un chemin de fer ne transportant que des marchandises se présente bien rarement. Il arrive ordinairement que, là où le mouvement des marchandises de faible valeur est assez actif pour motiver la construction d'un canal ou d'un chemin de fer, là aussi celui des voyageurs et des marchandises de roulage est considérable.

Les frais de construction du chemin de fer convenant à ce double service, à grande et à petite vitesse, sont sans doute plus élevés que si le chemin ne devait transporter que des marchandises de

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