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WAGONS DE TERRASSEMENT

Dans la tranchée de Chamarande, près Chaumont, sur le chemin de Blesmes à Gray, la fouille ayant lieu dans un roc très-dur entièrement abattu à la poudre, on a recouru, pour l'extraction à une certaine profondeur de déblais que Ton se proposait de retrousser, à l'emploi de plans inclinés sur lesquels le transport s'opérait au moyen do machines fixes.

Les machines ont été également employées en Angleterre au chemin de Bristol, pour monter les terres sur la crête d'un remblai.

La principale difficulté à vaincre dans les travaux de terrassement au wagon consiste à établir l'harmonie entre la fouille des terres, leur chargement et leur déchargement, de telle manière que les ouvriers perdent le moins de temps possible. Un des meilleurs moyens d'y parvenir est d'employer simultanément le mode d'exécution par compensation et celui par voie de dépôt et d'emprunt.

Les travaux par voie de dépôt et d'emprunt, dont on peut diminuer ou augmenter l'activité sans inconvénient, servent à fournir de l'occupation aux ouvriers lorsqu'ils ne peuvent être employés au percement de la tranchée, au chargement ou au déchargement des wagons.

Wagon» de terraNMciuent* — La figure 15 représente un wagon de terrassement. La caisse se renverse comme celle d'un tombereau, tantôt sur le devant entre les roues, tantôt sur le côté pardessus les roues.

Fig. 15.

Les principales conditions à remplir dans la construction des wagons de terrassement peuvent se résumer de la manière suivante ;

1° Éviter que le bord supérieur de la caisse se trouve à plus de tu,G0 au-dessus des rails, afin que les ouvriers puissent le charger à la pelle sans trop d'efforts ;

2° Faire en sorte que les caisses versent sous un angle assez grand pour que les terres glaises humides puissent couler facilement sur le fond lorsque la caisse est renversée ;

3° Répartir autant que possible le poids également sur les quatre roues ;

4° Répartir le poids de la caisse chargée, à droite et à gauche de l'axe de bascule, de manière qu'il soit un peu moins considérable du côté de la porte que de l'autre ;

5° Conserver aux roues un diamètre assez grand pour qu elles puissent passer facilement par-dessus les pierrailles et les autres obstacles qui souvent obstruent la voie, et qu'il ne soit pas trop difficile de les mettre en mouvement;

6° Faire en sorte que la terre soit lancée, au moment du renversement de la caisse, à une certaine distance du wagon.

C'est afin de remplir cet ensemble de conditions que l'on a imaginé le wagon représenté figure 16, dans lequel l'angle de chute

ng. ic.

est augmenté par une espèce d'ornière artificielle dans laquelle tombent les roues d'avant du wagon a décharger.

Emploi de» hronci.es en Angleterre. — Lorsque 1rs terres des

massifs latéraux à la cunette sont transportées dans les wagons au moyen de brouettes, il est très-important d'employer les brouettes

KMI'LOl DES BROUETTES EÎN ANGLETERRE.

Viy. 17. — Brouette*.

tes généralement en usage en Angleterre et représentées figure 17. Elles se déchargent beaucoup plus facilement dans les wagons que les brouettes françaises.

On se sert aussi de brouettes pour charrier les terres déposées sur les bords des tranchées. Les Anglais emploient en pareil cas un mécanisme fort ingénieux afin de diminuer la fatigue de l'ouvrier qui est obligé de monter la charge sur la rampe souvent très- inclinée des talus.

Ce mécanisme est représenté ligure 18.

L'ensemble d'un appareil se compose de deux planchers, à la partie supérieure desquels sont fixés deux poteaux. Chacun de ces poteaux est muni de deux poulies : l'une au sommet, perpendiculaire à Taxe du chemin; l'autre dans le bas, parallèle à cet axe. C'est la même corde qui, après avoir passé par les poulies des po (eaux, s'attache, d'une part, à une brouette pleine, cl, de l'autre, à une brouette vide. Cette corde, fixée à la brouette pleine, passe d'abord sur l'une des poulies placées dans le haut du poteau correspondant, descend verticalement le long de ce poteau, puis est renvoyée horizontalement par la poulie inférieure ; de là elle se dirige parallèlement à la crête de la tranchée, monte, après avoir passé sur une troisième poulie, le long du second poteau, et enfin, après avoir passé sur la poulie supérieure de ce second poteau, se développe sur un second plancher incliné, et va s'attacher à une brouette vide. Des chevaux, marchant d'un poteau vers l'autre en tirant la corde horizontalement tantôt de droite à gauche, tantôt de gauche adroite, font monter la brouette pleine successivement sur l'un ou l'autre des deux planchers voisins. Un homme sert à la conduire de l'atelier jusqu'au bas du plancher, à la guider sur le plancher, à la vider lorsqu'elle est arrivée au sommet, et à la ramener. Lorsqu'il gravit le plancher, il est traîné avec la brouette par les chevaux ; lorsqu'au contraire il descend a>ce la brouette vide, il aide les chevaux de son poids et de l'action qu'il peut exercer sur celle ». 2<i*

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