TRANCHÉE DE CLAMART
Les calculs de M. Brabant ont été faits dans la supposition de wagons portant 2 mètres cubes, et du prix de 12 fr. pour tombereau attelé de deux chevaux ; le temps perdu à la charge et à la décharge étant de quinze minutes, et les deux chevaux pouvant traîner 0,6606... en parcourant 30,000 mètres par jour.
Nous donnons aux documents les formules de M. Brabant, accompagnées de renseignements fort intéressants sur l'usure des rails employés pour les terrassements.
Les limites indiquées plus haut n'ont rien de bien absolu, parce que les circonstances, et notamment les frais d'établissement résultant de l'adoption d'un mode de transport quelconque, obligent à ne faire, sous ce rapport, que le moins de changements possible.
C'est ainsi que, lorsqu'on veut faire usage des locomotives pour des transports à grande distance, on commence souvent à s'en servir à de très-faibles distances, auxquelles leur emploi est onéreux, parce qu'il serait encore plus onéreux de monter un service de chevaux qu'il faudrait faire disparaître très-peu de temps après.
En général, pour obtenir un minimum dans les dépenses, il faut, quand les modes de transport offrent de l'incertitude sous le rapport des dépenses, ne les entreprendre qu'après s'être éclairé au moyen d'estimations différentes, toutes suivant les modes de transport jugés les plus économiques.
Les plus grandes tranchées connues sont : la tranchée de Tring sur le chemin de Birmingham, cubant 1,100,000 mètres; celle de Gadelbach sur le chemin d'Ulm à Augsbourg, cubant 1 ,000,000 de mètres ; celle de Tahatsofen, qui a fourni 860,000 mètres cubes de déblai ; la tranchée de Cowran, sur le chemin de Carliste, dont on a extrait 700,000 mètres cubes; celle de Blisworth, sur le chemin de Birmingham, cubant 620,000 mètres; celle de Poincy, au chemin de Strasbourg, cubant 500,000 mètres, celle de Pont-sur-Yonne, au chemin de Lyon, cubant 470,000 mètres ; et la tranchée de Clamart, sur le chemin de Versailles (rive gauche), dont le cube était de 400,000 mètres environ.
Tranchée de ciamart. — La figure 20 représente une coupe des travaux de la tranchée de Clamart. Après avoir percé le goulet A en retroussant les terres, on a enlevé les t?rres en B et C sur une
certaine longueur, puis on a ouvert le goulet D et enlevé les terres en F et en E. Le remblai a été fait en deux assises; on a descendu les terres de À, B et C au niveau supérieur du remblai au moyen d'un plan automoteur établi dans la tranchée, et du niveau supérieur du remblai à celui de la tranchée au moyen d'un second plan automoteur placé sur le remblai. On est parvenu à enlever, par une seule extrémité de cette tranchée, à transporter à près d'une demi-lieue de distance et à décharger en remblai, près de 1,100 mètres cubes pendant les grands jours d'été.
Il est très-rare que l'on extraie un pareil cube par une seule extrémité, et l'on n'a atteint ce chiffre à la tranchée de Clamart qu'en employant des moyens excessivement coûteux; on trouvera dans les documents du Portefeuille le cube moyen fait dans les tranchées du chemin de Mulhouse, avec le nombre de points de décharge.
En général, on ne dépasse guère la moyenne de 800 mètres cubes par jour, en sorte qu'une tranchée cubant 400,000 mètres et pouvant être atlaquée en même temps aux deux extrémités n'exigerait pas plus d une campagne pour son complet achèvement , même sans effectuer de dépôts, tandis que les travaux pour ouvrir la seconde et la troisième des tranchées dont nous venons de parler ont duré plusieurs années.
Tranchée de Pont-sur- Yonne. — La figure 21 représente le