‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 165 sur 210 · TRANCHÉE SUR LE CHEMIN DE COILOMMIERS · texte numérisé non relu

TRANCHÉE SUR LE CHEMIN DE COILOMMIERS

supérieure, supportant les madriers, et de deux montants légèrement inclinés, de manière que la galerie présente plus de largeur dans le bas que dans le haut, pour la circulation des ouvriers et des chevaux le long de la voie. Une voie de fer, disposée comme à l'ordinaire, est placée dans la galerie pour la circulation des wagons.

« Lorsque la galerie a vingt mètres de longueur, on creuse dans Taxe de la tranchée un puits qui va du sol naturél au milieu de la galerie, dont on enlève le ciel à cette place. Lorsque le puits est creusé, on l'élargit par le haut en lui donnant la forme d'un entonnoir. Les terres tombent au fond du puits et sont reçues dans les wagons disposés à cet effet au-dessous. Le déblai s'opère en élargissant graduellement l'entonnoir, qui finit par être un cône renversé dont les côtés ont une inclinaison à peu près égale à 45 degrés.

« Les puits sont placés à environ vingt mètres l'un de l'autre; leur position varie d'ailleurs suivant la profondeur de la tranchée, de manière qu'il n'y ait pas de lacune entre deux puits.

« La galerie est toujours en avance sur les entonnoirs en cours d'exécution, et les wagons dans lesquels sont chargées les terres provenant de la galerie sont accrochés h ceux qui reçoivent les terres des entonnoirs; tous ces wagons sont réunis en rames pour le transport et remplacés par d'autres.

« Le déblai, dans les entonnoirs, est opéré par dégradation des talus, et non par piochage; il n'est pas employé de pelles pour charger; la dégradation des talus s'opère à la pelle dans les terrains très-meubles, comme le sable, et avec la pioche dans les autres terrains.

« Les ouvriers sont placés à plusieurs étages dans l'entonnoir sur les talus; il résulte de cette opération un mélange intime et souvent avantageux des diverses couches de terrains, et aussi la réduction des déblais en petites parties ténues, au lieu des grosses mottes que présente le mode ordinaire de déblai par la pioche.

« Le forage de la galerie et des puits coûte plus cher que le déblai ordinaire; mais, lorsqu'il s'agit d'une tranchée importante et surtout profonde, la dépense qui en résulte s'applique à un volume qui n'est qu'une fraction très-petite du volume total. La plus grande

partie du déblai de la tranchée est extraite par la seule opération de la dégradation des talus, qui est évidemment moins coûteuse que la fouille avec la pioche ou le pic, la charge à la pelle et le roulage en brouette des terres que l'on ne peut charger directement.

« Ce procédé n'est évidemment applicable qu'aux tranchées qui présentent à la fois beaucoup de volume et de profondeur et une trèsfaible proportion de roches à extraire à la mine. »

laciinnUon des taiu*. — Les talus des tranchées se soutiennent sous des angles qui varient suivant la nature dn terrain 1 . On en diminue l'inclinaison soit en les recouvrant de couches gazonnées ou de murs en pierres sèches (perrés), soit en les soutenant par des murs en maçonnerie. Les murs en maçonnerie ne sont guère employés qu'à la traversée des villes, où le terrain est très-coûteux.

Revêtement». — Les revêtements en terre végétale ne tiennent généralement pas, lorsque l'inclinaison des talus est de 45 degrés ou au delà. Si le terrain vierge mis ainsi à découvert est susceptible par lui-même de recevoir un semis ou des plantations d'acacias, il faut le défendre contre les intempéries par ce moyen. S'il n'est pas susceptible d'alimenter la végétation et que les intempéries provoquent des éboulements, il faut le recouper à une inclinaison de T> 4 ou de 4/5, suivant sa nature, le recouvrir d'un revêtement en terre végétale et l'ensemencer. Si le terrain vierge est un peu humide, sans cependant présenter des masses glaiseuses susceptibles d'éboulements graves et ne motive par conséquent pas un système de consolidation au moyen de drainages, il faut, après avoir réglé le talus, le recouvrir d'abord d'une couche perméable de sable, puis d'un revêtement en terre végétale.

Mais ce mode de revêtement ne peut réussir, comme nous l avons dit, que sur un talus d une inclinaison de 5/4 au moins. C'est le talus le plus roide sous lequel les parcelles meubles reposant à sa surface ne glissent pas sous l'action de la pesanteur.

Si les emprises ne permettent pas d'adoucir suffisamment le talus et s'il est trop coûteux de les étendre par une acquisition supplé-

1 Les angles pour les différentes natures de terrains sont indiqués dans l'ouvrage de M. Minard, intitulé : Sur les ouvrages qui établissent la navigation des rivières et des

CUJIUIIX.

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