‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 166 sur 210 · INCLINAISON DES TALUS · texte numérisé non relu

INCLINAISON DES TALUS

et s'il est trop coûteux de les étendre par une acquisition supplémentaire, il faut, si ce talus trop incliné vient à s'ébouler, recouper le terrain vierge par gradins, puis reformer le talus en avant par couches horizontales bien pilonnées, composées de honne terre végétale, légère et suftisamment perméable. Il faut, en outre, intercaler entre celte terre végétale et le terrain vierge une couche de gravier formant un filtre général. Il faut que toutes les eaux de ce lillre soient recueillies à la base par un drain convenablement établi et versant ses eaux sur un point apparent facile à surveiller.

Ce mode de consolidation ne doit du reste s'appliquer que lorsqu'il s'agit de petits éboulements très-peu importants et donnant lieu à de faibles mouvements de terres. Dès que les éboulements prennent un peu d'importance, il faut appliquer un des systèmes de drainage que nous ferons connaître plus loin.

Dans quelques terrains ébouleux, les talus ne se soutiennent sous aucun angle, et, si on ne prend certaines précautions, ils s'éboulent inopinément et recouvrent les voies. Cet accident est un des plus graves que présente la construction des chemins de fer. Il est à redouter surtout dans les terrains qui renferment des couches glaiseuses intercalées dans des couches perméables. Dans ces circonstances, l'eau qui traverse les terrains perméables forme une nappe au-dessus de la glaise imperméable, et la surface mouillée devient lisse et savonneuse. Si celte surface est fortement inclinée, les terres du talus d'amont glissent. Le mouvement, une fois commencé, s'étend à de très-grandes distances, et l'on est souvent obligé d'abandonner le tracé et de changer la direction du chemin : c'est ce qui est arrivé au chemin d'Orléans pour la tranchée d'Ablon, et au chemin de Strasbourg pour celles de Voussy et de Giiampigneulle.

Le banc de glaise lui-même, comme nous le verrons plus loin, s'éboule souvent sans qu'il y ait eu glissement du banc supérieur.

AMalnia*»ment de la »urface. — Nous traiterons des différents procédés emplovés pour s'opposer aux éboulements dans les terrains glaiseux. Mais, avant de dire par quels moyens on détourne les eaux souterraines, causes habituelles de ces éboulements, il

ilii TR.WAI \ 1>K TKtWtASSKMENT KT THAYAU h AKT.

convient d'indiquer comment on assure le libre écoulement des eaux de surface, qui dégradent aussi le talus.

Les drains souterrains, très-utiles pour assurer l'écoulement des eaux souterraines, ne peuvent servir à détourner les eaux de surface. On doit au contraire empêcher avec le plus grand soin les eaux de surface île pénétrer dans les drains.

Les eaux qui affluent vers la crête des talus des tranchées doivent être recueillies dans des fossés à ciel ouvert couronnant la crête des talus des tranchées et dépeçant leurs eaux, soit aux extrémités des tranchées, soit au moyen de caniveaux perreyés qui déversent les eaux dans le fossé de la tranchée. Mais ce dernier mode, qui a pour effet d'augmenter les eaux du fossé inférieur, ne doit être appliqué que lorsqu'on ne peut pas faire autrement et lorsque le fossé inférieur a été disposé pour les recevoir.

M. Ledru, ingénieur en chef de l'entretien au chemin de fer de l'Est, s'exprime dans les termes suivants sur l'utilité des perrés comme moyen de conservation des talus : « Les revêtements superficiels ou perrés, qui coûtent fort cher, n'ont généralement qu'une utilité fort restreinte, et même, lorsqu'ils reposent tout simplement sur le terrain naturel, sans aucun moven d'assèchement inlérieur, ils sont plus dangereux qu'utiles, parce qu'ils retiennent les eaux dans les joints, et que ces eaux vont détremper le terrain sur lequel ils reposent. Ces revêtements en perrés sont presque toujours avantageusement remplacés par des revêtements en bonne terre végétale (jalonnée , avec rigoles superficielles convenablement disposées pour l'écoulement des eaux. Si toutefois on emploie de* perrés, ils doivent reposer sur un lit de pierrailles assis sur un talus bien dressé, et dont les eaux ont un moyen d'écoulement assuré» Le revêtement des fossés en perré au fond des grandes tranchées ne doit être regarde que comme un moyen de faciliter l'entretien de ces fossés; mois ils n'ont réellement qu'une action insignifiante comme consolidation. »

Les fossés établis le long de la crête des talus d'amont pour intercepter les eaux qui affluent du colcati, s'ils n'étaient parfaitement entretenus et si ou ne donnait écoulement aux eaux par le chemin le plus court, ces eaux, en effet, s'ccoulanl par la moindre

Page 1