‹ Traité élémentaire des chemins de ferChapitre 167 sur 210 · FILTRE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

FILTRE GÉNÉRAL

fissure dans le sol sur le talus, en provoqueraient l'éboulement. Cet effet se produirait surtout si, par une cause quelconque, le fossé se trouvait obstrué.

Nous avons parlé plus haut des dimensions à donner aux fossés et aux banquettes qui se trouvent dans le bas des talus, et critiqué l'ancien usage d'établir des banquettes à différentes hauteurs sur le talus.

Ces banquettes sont coûteuses d'établissement, coûteuses d'entretien, et souvent elles s'éboulent. Quelques ingénieurs toutefois continuent à en faire usage. Nous verrons plus loin que 31. Bruère en recommande l'emploi dans certains cas.

Assèchement des tranchée*. — Nous allons maintenant exposer les différents procédés employés pour combattre les effets des eaux souterraines ou des intempéries de l'air sur les grands talus.

Bevetcmcnts en pierres sèches. — Le mur en pierres sèches (fig. 24) soutient le talus tout en laissant filtrer les eaux qui des-

Fif. 44.

cendent vers le fossé. Il s'appuie sur la banquette fr, et de distance en distance le pied du talus est consolidé par de petites voûtes Y. Ce procédé a été appliqué à une tranchée du chemin de Versailles (rive gauche).

FHire général. — Dans d'autres tranchées du même chemin, après avoir construit en pierres sèches la cuvette du fossé de la voie et réglé le talus suivant une inclinaison de lm,50 de base sur 1 mètre de hauteur, on enleva une tranche de 2 mètres d'épaisseur dans le sol du talus, on étendit sur toute la hauteur des glaises

une couche de pierres de 0m,20 d'épaisseur en moyenne, aboutissant aux perrés du fossé; puis enfin on recouvrit cette couche de pierres d'un corroi en glaise pilonné de 0ID,40 d époisseur et d'une dernière couche de terre de bonne qualité pilonée. Les eaux filtrant au travers de la couche de pierres concassées délayèrent le corroi en glaise, et le talus s'éboula.

Au chemin de Mulhouse on a employé le même procédé avec succès en donnant une plus grande épaisseur à la couche de pierres concassées.

Hun de soutènement. — Au chemin de Strasbourg, dans une

partie de la tranchée de Gagny, on a soutenu des talus glaiseux de la manière suivante : le mur en pierres sèches M (fig. 25), renforcé par des contre-forts également en pierres sèches, soutient le

MÉTHODE SAZILLY. 419

pied du talus et laisse filtrer les eaux. Toute la partie du talus qui se compose de glaise a une inclinaison très-faible (5 de base sur 1 de hauteur) ; il est en outre protégé par une couche de terre gazonnée avec soin.

Sur d'autres lignes on a construit le mur de soutènement en pierres reliées par du mortier, mais en plaçant derrière ce mur un autre mur en pierres sèches faisant fonction de pierrées se dégorgeant dans les fossés du chemin par des conduits également remplis de pierres sèches traversant le mur maçonné.

Éperon» en pierre» séehea. — Sur le même chemin, dans des terrains contenant une grande quantité d'eau, on a ouver^dans le talus ébouleux, suivant la ligne de plus grande pente, des fossés plus ou moins profonds et plus ou moins éloignés les uns des autres, et on les a remplis de pierres sèches formant des éperons qui s'appuient sur un mur également en pierres sèches bordant le fossé de la voie.

Cette disposition est la même que celle employée avec succès au chemin de Londres à Birmingham pour reconstruire des talus éboulés.

Si le talus n'est imprégné d'eau que sur une partie de sa hauteur, les éperons sont réunis par des voûtes soutenant le terrain supérieur.

Au chemin de Blesmes à Gray on a adopté une disposition analogue en maçonnant les éperons et les voûtes, non dans le but de dessécher le terrain assaini par des drains, mais pour soutenir une route placée au sommet du talus, et qui s'opposait à ce qu'on en diminuât l'inclinaison.

Les massifs entre les éperons doivent toujours être préservés des influences atmosphériques au moyen de revêtements en gazon ou en terre pilonée.

Nous examinerons plus loin jusqu'à quel point les procédés que nous venons d'exposer sont avantageux.

Méthode Saziiiy. — En examinant attentivement ces éboulemenls, et en remarquant que souvent ils avaient lieu sur le talus d'aval de la tranchée, M. de Sazilly, ingénieur des ponts et chaussées, fut conduit à les attribuer, dans le plus grand nombre de cas,

m TRAVAUX DE TERRASSEMENT ET TRAVAUX D'ART.

à d'autres causes qu'à de simples glissements. En conséquence, il proposa et appliqua sur les chemins du Centre et de Strasbourg une nouvelle méthode de consolidation des talus. Nous allons indiquer en quelques mots les procédés que cet ingénieur a décrits avec beaucoup de détails dans un Mémoire inséré dans les Annales des ponts et chaussées y année 1851.

Les couches de glaise mises à nu par l'ouverture de la tranchée sont soumises aux influences atmosphériques ; elles changent incessamment de volume en se gonflant et se contractant suivant que l'atmosphère est humide ou sèche. 11 en résulte, dans la masse, des gerçures pins ou moins profondes qui donnent accès aux eaux de pluie et d'infiltration; la couche glaiseuse se pénètre complètement et finit par se ramollir au point de perdre toute sa cohésion.

Cette altération du terrain est encore favorisée par les gelées, qui, en bouchant les issues des eaux d'infiltration, forcent ces eaux à pénétrer les glaises suivant leurs fissures et plans de clivage. La forme * s (fig. 26) qu'affectent les èboulements confirme en tous

points les hypothèses de M. de Saiilly. — En effet, ce ne sont pas seulement les terrains supérieurs à la glaise qui se déplacent, mais aussi la glaise elle-même, ce qui n'aurait pas lieu s'il y avait un simple glissement. Partant des bases que nous venons d'indiquer, M. de Sazilly a recouvert les talus glaiseux des tranchées d'une chemise assez épaisse pour les soustraire aux influences atmosphériques; il a également détourné les nappes souterraines en leur as-

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surant vers les fossés un écoulement prompt et constamment libre, quelle que soit la température extérieure.

A cet effet, soit R n' (fig. 27) une nappe d'eau (banc de suinte-

V'ig. 27.

ment) qui se fait jour dans le talus A B ; on ouvre dans ce talus et dans le sens longitudinal de la tranchée une petite rigole abcd qui pénètre jusque dans la masse glaiseuse. On donne au fond de cette rigole une pente d'environ 0m, 01 par mètre, en suivant, autant que possible, les indexions du banc de suintement, et l'on y établit un radier en briques et mortier hydraulique; puis on la remplit de cailloux bien lavés, et on la recouvre avec des gazons ou avec des pierres plates.

A chaque point bas de la rigole longitudinale, on donne écoulement aux eaux qui s'y accumulent au moyen d'une rigole transversale K y (fig. 28), qui aboutit dans un cuvette rampante en maçonnerie établie sur le talus, ou au moyen d une pierre établie sur la pente même du talus et débouchant dans le fossé. S'il existe plusieurs bancs de suintement, on établit une pierrée pour chacun d'eux (lîg. 29 ).

Le fossé et le pied du talus sont revêtus en moellons; au-dessus, ce talus est taillé en redans, et recouvert d'une couche de terre bien damée et protégée par un semis. Le fond des redans doit cire réglé avec pentes longitudinales, et leurs points bas, qui ordinairement correspondent à ceux des pierrées, sont mis en communication avec le fossé.

Au chemin de Mulhouse, M. Masson, ingénieur ordinaire, a remplacé, dans la tranchée de Beaulieu et de Chifflard, près de Rosoy et

Faye-Billot, les briques formant le radier des rigoles ou caniveaux

de M. de Sazilly par des tuiles creuses ifig. 30 et 51) ; quelquefois par des tuyaux de drainage (fig. 52). Les tuiles creuses, suivant M. Masson, diminuent le nombre des joints ainsi que la consommation de mortier, et sont plus faciles à placer.

Mais, le rayon des tuiles creuses étant généralement trop grand, les eaux passent par-dessus le bord extérieur. Les tuyaux de drainage de dimensions convenables nous semblent préférables; et, si

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