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DRAIN EN AMONT

prolongent pas jusqu'à la crête du talus, de s'obstruer par l'infiltration des eaux boueuses provenant de la surface qui leur est supérieure.

Pierrée en amont. — Le procédé employé par M. de Regel à la tranchée de Soulz, et par M. Daigremont à celle de Petite-Croix, n'a pas répondu aux espérances qu'on en avait conçues. Il ne peut que s'opposer à l'action des eaux intérieures; mais il ne remédie pas, comme le procédé Sazilly, à l'effet des gelées, de la pluie et de la sécheresse sur les talus. S'oppose-t-il même complètement à l'action des eaux inférieures, cela est fort douteux, après les accidents survenus aux talus de la tranchée de Soulz, accidents dont nous parlerons plus loin, et à ceux de plusieurs tranchées du chemin de Mulhouse assainies par cette méthode.

Les terres pilonées avec lesquelles on comble la grande tranchée d'assainissement en amont au-dessus des pierrées sont souvent traversées par les courants d'eau, et le massif compris entre la tranchée d'assainissement et la tranchée du chemin de fer, n'étant qu'imparfaitement asséché, se détache. Quant à la dépense, elle peut être modérée, quand le fossé d'assainissement en amont n'est pas d'une grande profondeur, comme à la tranchée de Petite-Croix; mais elle augmente rapidement avec la profondeur. Peut-être préviendrait-on les fillrations, et par suite l'éboulcment du massif, en révélant les parois du fossé d'assainissement du côté du massif avec un corroi en glaise d'épaisseur convenable. Reste à savoir s'il serait facile d'empêcher qu'il ne se forme dans ces corrois des fissures par lesquelles l'eau filtrerait.

Drain en amont* — Au chemin du Nord, les eaux de surface pénétrant dans le terrain à une certaine distance de la crête du talus d'amont et parvenant soulerrainement jusqu'à la surface de ce talus, on a placé avec avantage des drains longitudinaux parallèles au chemin à de petites profondeurs, en les mettant en communication avec les fossés latéraux à la voie par des drains inclinés comme ceux qui servent de décharge au grand fossé de drainage de la tranchée de Petite-Croix (lïg. 56).

Le drainage de la plate-forme, tel que l'a décrit M. Daigremont, a donné partout de bons résultats.

A»»ainU»cnieniN Honterrain. — Les assainissements souterrains (dalot-fillre), dont nous avons parlé page 438, ont bien réussi; mais il faut en établir autant qu'il y a de couches perméables, ou leur donner une grande hauteur si les couches sont voisines, ce qui, dans certains cas, devient très-coûteux.

Méthode des collecteur** — 11 nous reste à parler du procédé d'assainissement par voies de collecteurs.

Ce procédé est fondé sur le même principe que le procédé Sazilly. Jl n'en diffère essentiellement que par la réunion des eaux de toute la tranchée dans un seul collecteur et par la substitution des tuyaux de drainage aux pierrées.

La recommandation que fait M. du Sazilly d'établir les pierrées^ suivant la direction des couches aquifères ne peut s'appliquer que sur les points où le talus présente réellement des alternances un peu apparentes de couches diversement perméables. Mais dans les puissantes formations marneuses, telles que celles que l'on trouve sur le chemin de Blesmes à Gray, ces alternances ne sont plus rcconnaissables : toute la masse parait également détrempée, ou bien les points où les suintements sont le plus abondants se fondent sans transition sensible avec le reste du talus. C'est ce qui a conduit à dessécher par les collecteurs toute la surface du talus en rapprochant seulement davantage les drains dans les parties les plus humides.

L'emploi du collecteur central, fait observer M. Ledru, a ce grand avantage d'absorber immédiatement toutes les eaux qui séjournent ordinairement dans les tranchées argileuses; les drains qui débouchent souterrainement dans ce collecteur sont immédiatement à l'abri de toute obstruction et de toute avarie. L'assèchement des talus est immédiat et complet, et les sablons sont peu détrempés par les eaux, ce qui est très-important pour la confection des remblais. Le collecteur assèche le fond de la tranchée et assure au ballast une assiette ferme et sèche là où autrement on aurait eu à le répandre sur une aire de boue.

Enfin, lorsque les eaux suintent à la surface du talus par une multitude de petites ouvertures, la gelée peut facilement obstruer ces issues, l'eau s'accumule derrière, et, au dégel, il peut en résul-

PROCÉDÉ LALAWE. 453

ter des éboulements dans les talus. Lorsque toutes les eaux de la tranchée débouchent souterrainement dans un collecteur unique, elles forment généralement une source qui coule d'une manière continue avec assez d'abondance pour être à l'abri de toute obstruction produite par l'action de la gelée. D'ailleurs, le débouché unique du collecteur est placé à lm,50 au moins en contre-bas du niveau de la plate-forme des terrassements et au delà de l'extrémité de la tranchée; il est facile d'en prévenir l'engorgement, et, cet engorgement eût- il lieu, il ne pourrait avoir aucune suite fâcheuse, puisque le collecteur débouche dans un fossé spécial ouvert à la surface du terrain naturel.

Quant à l'engorgement souterrain du collecteur, il n'est pas à craindre lorsque ce collecteur, fait avec des drains de 85 millimètres de diamètre, est recouvert d'une couche de pierres sèches suffisante pour assurer l'écoulement de l'eau par les interstices dans le cas même de l'obstruction du drain lui-même.

M. Ledru prétend que, même dans les terrains où l'eau ne se présente que sous forme de sources plus ou moins abondantes, le procédé des collecteurs doit être préféré au procédé Sazilly. Les pierrées, dans le système Sazilly, dit-il, suivant les inflexions des couches pour aboutir à une pierrée placée suivant la ligne de plus grande pente du talus, s'engorgent plus facilement que les collecteurs, tous établis aujourd'hui suivant cette ligne de plus grande pente, et il appuie son opinion sur les obstructions de pierrées suivies d'éboulement qui ont eu lieu récemment à la tranchée de Dampmart (chemin de Strasbourg), assainie par le procédé Sazilly. Nous pourrions toutefois citer un grand nombre d'autres tranchées desséchées par le même procédé, et où le même effet ne s'est pas produit. Nous devons ajouter aussi qu'à la tranchée de Dampmart le procédé Sazilly a été appliqué à des terrains déjà en mouvement.

Procédé Laianne. — Le mode de drainage de M. Lalanne a réussi sur tous les points du chemin de Blesmes à Gray ou du chemin de l'Ouest (Suisse) où il a été employé.

Il a l'avantage d'assécher le talus plus profondément que les drainages ordinaires; il n'exige aucun transport de matériaux que celui des drains eux-mêmes; il est partout d'une exécution facile etnegéne

en rien les travaux du chantier. On peut proportionner l'espacement des trous, et, par conséquent, la dépense, à l'effet produit par chacun d'eux, et au plus ou moins d'humidité de chaque partie du talus. On peut toujours facilement intercaler de nouveaux tuyaux là où apparaissent des suintements non constatés primitivement.

Ce procédé toutefois nous inspirerait moins de confiance que le procédé Sazilly ou celui des collecteurs pour des terrains renfermant des sources abondantes ou imprégnés d'eau dans toute leur étendue. 11 ne peut être appliqué qu'à un terrain vierge ne présentant aucunes traces de glissement, car le moindre mouvement interromprait immédiatement la continuité des drains. Enfin, il faut que les drains, pour être efficaces, soient très-rapprochés, et que chaque drain corresponde à un caniveau gazonné sur le talus, ce qui est coûteux et rend les obstructions par la gelée ou par toute autre cause d'autant plus redoutables que les débouchés sont plus multipliés.

Hrnumé — En résumé, tous les travaux de consolidation des terrassements se rapportent à trois systèmes différents.

Dans le premier, on cherche à contrehuter la poussée des terres qui tendent à qlisser, par l'établissement de masses résistantes suffisantes pour rétablir l'équilibre rompu. {Méthode fig. 25. i

Dans le deuxième , on cherche à intercepter les eaux qui détrempent les terres des talus, et à les détourner parallèlement à la tranchée pour les faire écouler par ses extrémités ou par des canivaux transversaux (Méthode lig. 50.)

Dans le troisième, on s'applique à aspirer en quelque sorte les eaux intérieures, et à faciliter leur écoulement par la voie la plus directe. (Méthodes Sazilly, Ledru, du filtre général et des éperons.)

En application, ces différents systèmes sont souvent combinés ensemble, et donnent lieu à beaucoup de systèmes mixtes qui peuvent presque tous réussir quand ils sont appliqués avec intelligence; mais qui peuvent également tous échouer quand ils sont mal appliqués; de là vient la divergence des opinions au sujet des travaux de consolidation des terrassements.

Quel que soit le système adopté, on doit toujours, pour réussir, en baser l'application sur les deux principes suivants :

\° Les eaux ne tendent pas à produire d'éboulement en passant

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